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Culture in vitro des cellules cancéreuses

« Ce n’est pas le tissu normal qui dégénère en tissu cancéreux, mais Lien au sein du tissu normal que s’opère une production morbide hétéromorphe parasitaire. ->

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« Le caractère fondamental du cancer comme tissu, est de constituer une véritable substitution d’une matière nouvelle aux tissus normaux au milieu desquels il est disposé.... Ce n’est pas la fibre musculaire ou l’élément glandulaire qui devient cancéreux, c’est la place que ces éléments occupaient qui est envahie par le cancer. »

Lebert, Physiologie pathologique , 1845;

Traité des maladies cancéreuses , 4851.

Les métastases et les inoculations démontrent que la cellule cancéreuse est l’agent même de la maladie du cancer. On est d’accord sur ce fait, mais on l'est beaucoup moins sur la manière de l’interpréter. En admettant, en effet — et c’est l’hypothèse la plus en faveur — que cetie cellule dérive d’une cellule normale de l’organisme, comment se fait-il que ne possédant par elle-même aucun caractère infectieux, elle puisse se transformer en agent d’infection?

Cellule émancipée, cellule en révolte, cellule anarchique, cellule muée — on ne sait comment — en une sorte de parasite animal? Des diverses théories cellulaires émises pour appuyer cette interprétation, théorie des germes embryonnaires, théories hétérotopiques, théorie de la sélection pathologique, etc., aucune ne définit nettement l’irritation qui crée cette cellule etn’explique surtout la persistance illimitée de cette irritation.

i; LA QUESTION DU CANCER.

Cellule parasitée, cellule transformée, indéfiniment proliférée sous l’influence d’un agent virulent ou toxique? Hypothèse séduisante et simple, trop simple, à mon avis, pour expliquer les variétés, les modalités et la mutabilité des types cellulaires observés. S’il y avait, d’ailleurs, 'prolifération des éléments de l’bôte, c’est, assurément dans la zone d’envahissement des tumeurs spontanées ou expérimentales qu’on devrait la rencontrer. Or, il n en est rien. Dans le cancer humain, comme le fait tout récemment encore ressortir Ménétrier dans son livre, Le cancer , les éléments de nos tissus envahis par le processus néoplasique dégénèrent, mais ne manifestent aucun des phénomènes réactionnels actifs qu’ils présentent dans leur détense contre les coips étrangers, contre les microbes. Léo Loeb, Ehrlich ont observé, d autre part, que si I on transplante chez la souris un fragment de carcinome ou de sarcome, c’est bien des cellules inoculées et nullement des cellules appartenant à l’animal, que proviennent les cellules filles, autrement dit que ce fragment se développe comme un organisme étranger dans l'organisme de la souris qui sert passivement de milieu de culture.

J’avoue — au risque d’être accusé de remonter à un demi-siècle en arrière, à la période des premières applications du microscope à l’étude des tumeurs et de revenir aux idées de Lehert, Broca, Follin, Yerneuil — j’avoue avoir toujours été plus frappé des différences qui séparent la cellule épithéliale de la cellule cancéreuse que des analogies qui les réunissent et je pense qu’il faut quelque complaisance pour découvrir une descendance directe entre cette cellule et la cellule cancéreuse dûment caractérisée, de la cellule cancéreuse avec ses formes géantes, son hyperchromatose, son protoplasma lihril laire, rayonné, ses noyaux multiples, hypertrophiques, monstrueux, débordants, si remarquables par leur fragmentation, leurs divisions anormales, leurs étonnantes arborescences, de la cellule cancéreuse avec ses inclusions toujours énigmatiques en dépit des efforts des histologistes, ses granulations, ses vésicules, ses boules hyalines colloïdes, ses lacunes radiées, ses figures en « œil d’oiseau », ses cellules fdles, sa multiplication indéfinie, ses facultés migratrices, ses transformations, son orientation en cordons, en traînées, sa composition chimique différente, sa richesse glycogénique, ses propriétés destructives, sa virulence progressive à la suite des inoculations expérimentales répétées, sa sensibilité élective aux rayons de Rôntgen et aux émanations du radium, sa plus grande résistance dans les liquides cyto-nocifs

A s’en tenir à la morphologie seule, s’il est déjà diflicile de rattacher la cellule cancéreuse à la cellule épithéliale, lorsqu’il s’agit des formes métatypiques pour lesquelles on est obligé de chercher dans les cellules de l’embryon ou dans les processus pathologiques des similitudes, des éléments de gradation, des stades intermédiaires, cette filiation, cependant passée à l’état de dogme scientilique, est, de l’aveu même des anatomo-pathologistes, impossible pour les formes atypiques qui ne

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