‹ Culture in vitro des cellules cancéreusesChapitre 4 sur 11 · LE MILIEU DE CULTURE · texte numérisé non relu

LE MILIEU DE CULTURE

Sa recherche. — Sa composition. - Technique

des ensemencements.

Il y a deux ans, j’avais cru pouvoir faire un commencement de démonstration, et, dans un article au Progrès médical , j’avais décrit un microorganisme isolé des tumeurs épithéliales se présentant dans les cultures sous des formes complexes dont beaucoup étaient semblables aux cellules de ces néoplasmes. Malheureusement, les milieux employés étaient infidèles, les repiquages se montraient irréguliers, s’arrêtaient contre toute prévision, si bien qu’à divers intervalles et malgré toute l’obligeance qu’il a bien voulu mettre à ces essais, je n’ai pu, à cette époque, prouver à M. Metchnikoff qu’il y avait réellement culture. J’ai dû le laisser sur cette impression qu’en définitive, je transportais de tube en tube les cellules de la tumeur.

Même insuccès avec M. Borrel.

Les examens répétés m’avaient cependant donné la conviction absolue que des cellules de nouvelle formation apparaissaient dans les milieux d’ensemencement. Aussi, laissant de côté les bouillons de composition chimique définie, basés sur les analyses des tumeurs et, en particulier, sur les travaux de Beebe, de Peter Bergell et Th. Dœrpinghaus, je partis à la recherche d’un nouveau milieu. Trouver le milieu, selon moi, toute la question du cancer était là.

Des décoctions de graines de légumineuses furent d’abord essayées non sans succès, puis, avec l’aide de mon préparateur, II. Chaussé, qui depuis douze ans me seconde dans ces recherches avec autant d'intelligence que de dévouement, je me mis à composer, à différents degrés de concentration, des bouillons à base des principaux organes, glandes et tissus animaux, et à ensemencer comparativement dans ces divers milieux.

Je n’entrerai pas dans le détail de ces longs et innombrables essais et me contenterai de dire qu’un assez grand nombre de bouillons tissulaires se prêtent aux ensemencements, pourvu qu'ils soient préparés à un fort degré de concentration , mais le micro-organisme n'y dépasse guère sa phase végétative.

Seul, jusqu’à présent, un milieu permit d'observer les stades de développement qui correspondent aux formes cellulaires présentées par les tumeurs épithéliales et conjonctives ; le bouillon de peau concentré.

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