BOUILLON DE PEAU
Il se prépare de la manière suivante :
Peau de porc (couenne maigre, dégraissée du commerce). . 1 kilogr.
Couper en lanières et passer finement au hachoir mécanique. Ajouter :
Eau . 2 kilogr. 500
Porter le tout lentement à l’ébullition jusqu’à réduction au tiers, verser dans une passoire, puis filtrer à chaud sur deux épaisseurs de papier et recevoir dans un cristallisoir.
Laisser refroidir le liquide, de façon à le débarrasser de la graisse qui apparaît à la surface lorsqu’il se prend en gelée, porter ensuite à l’autoclave à 115° pendant vingt minutes, puis répartir dans des tubes, et mieux dans des flacons d’Erlenmayer ou dans de petits ballons à fond plat.
Stériliser de nouveau comme précédemment. Le bouillon ainsi obtenu est loin de constituer un beau milieu) il est trouble, de teinte foncée, et se prend en gelée à la température du laboratoire. Mais, convenablement filtré, il ne renferme pas d'éléments cellulaires pouvant prêter ci confusion.
Malgré les difficultés que présente cette préparation, division du tissu, lenteur de la filtration, je ne saurais trop recommander de s’en tenir à la technique ci-dessus, le développement des cultures paraissant être en raison directe de la concentration du milieu.
Certes, il serait désirable que I on pût déterminer quelle est, dans le bouillon de peau, la substance favorable au développement du germe et arriver à la formule d’un milieu défini. J’y travaille depuis quelque temps et suis en Irain d'expérimenter quelques produits, kératine, mucines, nucléines, etc . Je ferai connaître, s’il y a lieu, mes résultats.
Ensemencements et cultures. — Voici quelle est la technique suivie pour
les ensemencements.
Les produits cancéreux sont prélevés aussitôt après l’opération. On excise de petits fragments ou de minces lamelles de la tumeur, en se servant de pinces et de bistouris flambés. Si cetle dernière est molle et succulente, on peut se contenter de puiser à l’aide de la pipette une certaine quantité de sérosité dans la profondeur.
Les ensemencements se font comme on les fait généralement. Cependant, le micro-organisme qu’il s’agit de cultiver, se développant mal à l’abri de l’air, il est avantageux d’obtenir autant que possible des cultures en surface. 11 est donc bon de faire en sorte que la semence ne tombe pas au fond du vase où elle ne fait que se développer médiocrement. Pour ce faire, déposer les fragments ou le liquide de ponction à la surface du milieu, quand il est encore à l’état de gelée, puis porter les flacons ou les ballons à l’étuve, à la température de 25° à 50°. La gelée se liquéfie lentement et, si l’on a soin de ne pas remuer le vase, les germes déposés sur le milieu solide continuent à séjourner et à se développer à la surface du liquide, lorsqu’il est préparé avec le degré de concentration voulu.
Dès les premiers jours, le bouillon devient plus trouble et l’on voit apparaître à la surface du liquide de petites pellicules blanchâtres (lig. 1) qui peuvent se réunir pour former une pellicule plus étendue. 11 se forme en meme temps un dépôt blanchâtre au fond du vase, dépôt qui va en augmentant. Le milieu, neutre par lui-même, finit par présenter une réaction alcaline.
Pour les repiquages, on va puiser la culture dans la profondeur avec la pipette ou, au moyen du fil de platine, l’on prélève les lamelles qui surnagent à la surface du milieu. On ensemence comme il est dit plus haut, de façon à obtenir, autant que possible, des cultures en surface.
Lorsque l’on ensemence sur la gelée de peau maintenue solide à la température de 15°, la culture se présente sous forme d’une couche terne, blanc grisâtre, fine-
Fig. 1. — Culture de cancer humain développée en surface sur le bouillon de peau.