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développer les pseudo-fructifications dont je vais parler dans un instant. Gomment se fait cette transformation delà spore en bâtonnet? Elle me
paraît se rapprocher de ce que l’on observe chez les myxobactéries et qu’ont décrit les auteurs sans arriver, d’ailleurs, à se mettre complètement d’accord. Baur et Quehl croient à une transformation directe, à une élongation progressive de la spore avec sa membrane. Thaxter est d’un avis différent. En cellules de Van Ticghen, ce dernier a, en effet, observé qu’un court bâtonnet se forme dans la spore, finit par percer la membrane de celle-ci et par en sortir. Ces
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Fig. 4. — Culture clans le bouillon de peau. Formes en bâtonnets. Par places, les bactéries composent des /onglées ou se mettent en cercle, en peloton, premier stade de la formation des kystes (Leitz, Obj. immersion , ocul. 5).
deux modes de germination
existent peut-être dans mes cultures, mais le second semble y être assez fréquent pour que pendant longtemps j’aie cru à une sortie du corps protoplasmique telle qu elle a lieu chez les
Myxomycètes. La spore sur un point de sa surface paraît donner issue à un corpuscule d’abord granuleux, effilé, rectiligne ou en virgule. A ce moment, avec son prolongement, elle offre l’aspect de ces « variétés vermiformes, pisciformes » nucléées (la spore très chromatique simulant le noyau), décrites dans la cavité des cellules cancéreuses par Sjôbring d’abord, puis par Savtchenko, Soudakewitch , Ruffer, Gallovay, Borrel et d’autres.
Puis, la sortie effectuée, il ne
Fie. 5. — Culture dans le bouillon de peau. Fines /onglées bordées par des bactéries plus développées.
reste plus trace de la paroi de la spore. Cette question demande de nouvelles recherches.
l’étude de cet organisme.
us délicate, la plus ardue de
CARACTERES ET MORPHOLOGIE
Quoi qu’il en soit, les bactéries se ressemblent sur certains points, unies dans du mucus et forment des zoocriées.
Ces zooglées tantôt constituent des massifs extrêmement polymorphes, arrondis, polyédriques (fig. 5), tantôt soûl disposées en traînées; ce sont des chaînes de bactéries sur un ou plusieurs rangs. Malgré leur apparente diversité, ces massifs affectent des dispositions assez symétriques qui reviennent constamment. Ils se groupent en plus ou moins grand nombre, circonscrits par des massifs de forme allongée , irrégulière (fig. 6, 7).
Quelles que soient leurs formes et leurs dimensions, les zooglées, dans le bouillon de peau, s’entourent d’une membrane.
Etudions cette formation en prenant pour base la forme la plus normale, la zooglée arrondie.
C’est, d’abord, dans les cultures au début ou peu développées (fig. 5) des amas granuleux, des colonies
d’individus d’une extrême ténuité qui ne semblent pas renfermer des formes en bâtonnets. On ne tarde pas cependant à voir apparaître à la périphérie, une bordure, un cercle régulier de fines bactéries recourbées faisant relief. Puis, la surface tout entière de la zooglée devient plus lisse et se recouvre d’une couche hyaline très mince qui arrive à former autour de la zooglée une enveloppe continue (fig. 7).
Dans les cultures plus riches, les formes micro-granuleuses qui composent les zooglées sont remplacées par des bactéries courtes, trapues, noduleuses ou allongées, filiformes (fig. 8) qui se recourbent et affectent à la périphérie une disposition régulière. Les bactéries unies dans le mucus se pelotonnent, se fusionnent et entourent la zooglée d’une couche continue dans laquelle se forme la membrane.
Fig. G. — Culture eu surface dans le bouillon de peau. Groupes de zooglées qui formeront des kystes composés.
LA MYXOBACTERIE DANS LES CULTURES
Les figures 8, 9, 10, J I, montrent bien cette gradation.
11 paraît bien s’agir d’une véritable membrane cellulaire et non d’une cellule artificielle due à la condensation d'une matière albuminoïde. Le plissement de cette enveloppe, au moment de la rupture de la vésicule, les différents aspects qu’elle présente à la déhiscence avec son ouverture
Fig. 7. — Culture en surface dans le bouillon de peau. Groupes de zooglées polymorphes se disposant à former des kystes composés. A gauche de la figure, quelques zooglées commencent à s’entourer d’une membrane continue.
nettement circulaire ou à bords roulés, festonnés, frangés, ne semblent laisser aucun doute à cet égard.
Ces vésicules, d’ailleurs, montrent f r é q u e m m e n I u n e t r a me régulière, spongieuse, un réseau d’épaississement, et se présentent même sous forme de sphères symétriquement grillagées, munies d’une maille plus large au sommet (fig. 10, et 11). En l’interprétant dans le sens de noyau déformé par des inclusions, Fabre Domergue, dans la figure 74, pi. IV, de son livre Les cancers épithéliaux , a représenté exactement le squelette d’une de ces vésicules.
Ces conceptacles semblent être, en somme, des sortes de sporanges formés, non par des myxamibes comme chez les myxomycètes, mais par des bactéries. Ils me paraissent, en conséquence, devoir être rapprochés des kystes formés par les myxobactéries, kystes connus et décrits sous le nom de kystes bactériens. Dès à présent, je les désignerai ainsi.
Ces conceptacles sont loin d’avoir le diamètre qu’ils présentent dans la figure 11, leurs dimensions varient dans des limites fort étendues. Tantôt ils ont la taille d’un petit noyau cellulaire, tantôt ils constituent des masses volumineuses occupant une grande partie du champ microscopique. Cette inégalité rend leur compréhension et leur interprétation fort difficiles lorsqu’on est peu familiarisé avec ces cultures.
I’ ig. 8. — Culture dans le bouillon de peau. Zooglées se disposant à former des kystes. Les bactéries noduleuses se recourbent pour décrire une bordure régulière' (Leitz, Obj. immersion , ocul. 3).
Fig. 9. — Culture dans le bouillon de peau. Les bactéries se pelotonnent et se fusionnent (Leitz, Obj. immersion , ocul. 3).
Fig. 10. — Culture dans le bouillon de peau. La structure des kystes apparaît (Leitz, Obj. immersion, ocul. 3).
Fig. 11. — Culture dans le bouillon de peau. Les kystes, plus avancés en organisation, deviennent nettement vésiculeux (Leitz, Obj. immersion , ocul. 3).
Fig. 12. — Culture naine dans le bouillon de peau. Zooglées et petits kystes formés ou en formation. (Leitz, Obj. immersion , ocul. 5).
Fig. 13. — Culture dans le bouillon de peau. Zooglées et petits kystes formés ou en formation.
Fig. 14. — Culture dans le bouillon de peau. Formation des zooglées dont quelques-unes s’entourant d’une membrane.
Fig. 15. — Culture dans le bouillon de peau. Formation des zooglées qui s’entourent en partie d’une membrane.
CARACTÈRES ET MORPHOLOGIE
Leurs formes, comme leur volume, sont extrêmement variables et sous la dépendance des formes mêmes des zooglées formatrices. Tantôt ils constituent des sphérules isolées, de toutes dimensions, ressemblant à des coccus ou à des globules de levure (fig. 12, 18). Tantôt ils forment des sphères, des boules volumineuses (fig. 18, 10, 20, 21) hyalines dont quelques-unes ombiliquées, tantôt ils sont polyédriques (fig. 15, 15, 16, 22,
25, 24), ovoïdes, pyriformes ou dessinent des cubes, des parallélipipèdes rectangles (fig. 25, 26).
Ils peuvent enfin se grouper en masses amorphes d’aspect colloïde, cohérentes, larges plaques crevassées, les crevasses séparant les kystes qui se pressent les uns contre les autres (fig. 27,
28, 29). Sous cette apparence spéciale au bouillon de peau concentré, les kystes, grâce à l'épaisseur de leur enveloppe, ne montrent à ce stade de développement, aucun détail de structure.
On se fait difficilement à l’idée que l’on a sous les yeux un organisme vivant et l’on pense à de simples formations artificielles fabriquées par le milieu même sous l’influence, peut-être des corpuscules microbiens qu’il renferme. C’est l’impression générale. C’était notamment l’impression du Pr Vuillemin qui, avec son habituelle courtoisie, a bien voulu, l’an dernier, examiner une préparation correspondant à cette époque évolutive.
Ce n’est pas ce moment qu'il faut choisir pour porter la conviction dans les esprits. Il faut attendre que les kystes aient accompli leur évolution.
Lorsque cependant l'on a présentes à l’esprit la formation et la configuration des zooglées, cette diversité d’aspect, cette morphologie si
Fig. 16. — Zooglées et petits kystes polyédriques de toutes dimensions. En haut de la figure, touffes de filaments bactériens nues.
J. A MYXOBACTERIE DANS LES CULTURES
variable s’expliquent aisément et l’on se rend compte que l'on est en définitif, en présence de kystes simples, de kystes cohérents, de kystes composés. Indépendamment, en effet, du kyste simple formé par la zooglée arrondie, il est des kystes qui se groupent les uns à côté des
autres, se déforment par compression réciproque et s’entourent d’une membrane commune (fig. (5, 7).
Ils peuvent même constituer ainsi des formations régulières, parfaitement symétriques.
Le type qui revient le plus souvent est la couronne formée de petits kystes en forme de cubes ou de pyramides dont les bases incurvées composent la périphérie et dont les sommets sont dirigées vers le centre, vide ou occupé par un kyste isolé. C’est l’aspect d’une cupule à bord régulièrement arrondi ou festonné.
A mesure que la culture évolue, l’aspect des kystes se
modifie, leur enveloppe finit par disparaître en partie ou en totalité, leur nature se précise.
Tantôt la déhiscence se manifeste sous forme d’une ouverture circulaire (fig. 10, 11, 68, 75), centrale ou périphérique — c’est la déhiscence propre aux kystes simples. I antôt il se produit sur un ou plusieurs points de leur surface une dépression irrégulièrement plissée et parfois remplie d'un pigment mélanique, la membrane se déchire en formant des lambeaux réguliers ou inégaux. Tantôt, enfin, la membrane paraît subir une gélification progressive.
Le contenu apparaît.
Quelles que soient leurs formes et leurs dimensions, qu'ils aient la taille du noyau d’une petite cellule ronde de sarcome ou qu’ils atteignent
Fig. 17. — Culture en surface dans un bouillon de peau. Petits kystes. Trois espaces d’apparence lacunaire bordés par des filaments noduleux. Ce sont des kystes bactériens vésiculcux colloïdes en voie de développement.
Fig. 18. — Culture dans un bouillon de peau. Kystes en forme de sphérules régulières.
Fig. 49. — Culture dans le bouillon de peau. Kystes vésiculeux ou polyédriques.
Fig. 20. — bactériens vésiculeux,
Culture dans le bouillon de peau. Kystes de toutes dimensions, dont quelques-uns d’aspect colloïde.
Fig. 21. — Culture dans le bouillon de peau. Kystes de différents diamètres, kystes vésiculeux.
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Fig. 22. — Culture dans le bouillon de peau. Petits kystes polymorphes simples et composés.
Fig. 25. — Culture dans le bouillon de peau. Petits kystes polymorphes simples et composés.
F»g. 24. — Culture dans le bouillon de peau. Kystes bactériens disséminés ou cohérents.
I'ig. 25. — Culture dans le bouillon de peau. Kystes bactériens revêtus d’une membrane épaisse.
Fig. 26. — Culture dans le bouillon de peau. Kystes simples et composés à membrane épaisse.
Fig. 27. — Culture en surface dans le bouillon de peau. Amas de kystes cohérents, d’aspect colloïde.
Fig. 28. — Culture en surface dans le bouillon de peau. Kystes cohérents formant des plaques crevassées.