ESPÈCES ET VARIÉTÉS
Habitat naturel. — Le Coffea Arabica^ l'espèce certainement la plus cultivée du genre Coffea, est sauvage en Abyssinie; c'est ce pays que tous les auteurs s'accordent à lui donner comme patrie.
Son nom pourrait donner à croire qu'on le trouve également à l'état sauvage en Arabie; il n'en est rien, parait-il, et il a été importé de l' Abyssinie dans l'Yémen.
De CandoUe « Origine des plantes cultivées » dit que le caféier est sauvage en Abyssinie, dans le Soudan, à Mozambique et à la Guinée ; mais il est porté à croire que le véritable berceau du caféier est l'Abyssinie et qu'il a été naturalisé par la culture dans les autres pays.
Ce fait s'est reproduit ailleurs : le caféier échappé des cultures croît maintenant à l'état subspontané dans plusieurs forêts du Brésil et des Antilles, où on est bien certain qu'il n'a jamais existé à l'état sauvage.
L'emploi du café remonte, en Abyssinie, aux temps les plus reculés ; de là il se serait répandu en Perse, puis en Egypte et enfin en Europe, où il a été connu vers l'année 1640, en Italie.
En France, on commença réellement à en faire usage vers 1670, bien que quelques années avant, on connaissait déjà le breuvage vendu sous le nom de cahoué.
Malgré une foule de conflits et de prohibitions bizarres, l'emploi du café s est de plus en plus répandu dans presque tout Tunivers. La consommation mondiale dépasse actuellement le chiffre fantastique de 800 millions de kilos.
La production du café est de ce fait devenue Tune des branches les plus importantes de Tagriculture tropicale.
L'aire de culture du précieux arbuste, tout d'abord limitée aux pays voisins de son berceau de croissance spontanée, s'est peu à peu étendue et maintenant le café est connu et cultivé dans toute l'immense zone qui s'étend des plaines de l'équateur au 28® parallèle nord et au 30® degré de latitude sud.
Le Coffea arabica peut encore croître k l'air libre en dehors de ces limites : la Sicile en possède bien quelques pieds par 36° de latitude nord, mais la culture ne peut pas y être entreprise économiquement.
De récentes expériences l'ont démontré, pour l'Algérie par exemple.
A l'heure actuelle, sa véritable patrie d'élection est devenue le Nouveau Monde. L'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud approvisionnent en ce moment presque tout le marché mondial. L'Etat de Sao Paolo du Brésil fournit à lui seul une quantité presque suffisante de café pour subvenir à la consommation du monde. La production de cet Etat dépasse actuellement 600 millions de kilos et elle est en voie de progression.
Pour celui qui a visité la splendide région caféière de Sao-Paolo, il n y a pas de doute, c'est bien la patrie du caféier, nulle part ailleurs il pousse avec une telle vigueur et réclame si peu de soin.
Presque toutes les colonies françaises se prêtent, et par leur sol, et par leur climat, à la culture du caféier; quelques-unes d'entre elles ont fourni et fournissent encore des cafés très renommés.
Malgré cela, malgré les sacrifices consentis par la Métropole pour ses colonies, la production du café est à peu près insignifiante dans les possessions françaises.
La France consomme environ 90.000 tonnes de café par an ; c'est à peine si ses colonies lui en fournissent 600 tonnes.
Les exportations de café semblent cependant en voie de progression à la Guadeloupe.
Pape H.
C^ilTca arabica.
ttABlTÀt NATUREL 3
Espèces et variétés. — Le Coifea arabica appartient à la famille des Rubiacées; c'est un joli arbuste, quelquefois un petit arbre, qui peut atteindre 6 à 7 mètres de hauteur.
Il croît généralement en touffes, ses branches, longues et grêles, portent des feuilles opposées d'un beau vert luisant.
Ses feuilles ont 4 et 5 centimètres de long, elles sont pédonculées ; le pédoncule a 1 centimètre et demi environ.
La nervure principale et les nervures secondaires du limbe, au nombre de 9 à 12, sont très apparentes.
Les fleurs sont réimies par petits groupes de 3 à 7 à Taisselle des feuilles.
La floraison est très éphémère; mais elle se reproduit plusieurs fois dans Tannée. Les fleurs des caféiers sont d un très beau blanc, elles ont une odeur suave très pénétrante, rappelant un peu celle des fleurs d'oranger. Leur calice est peu développé, il présente cinq divisions peu accentuées, la corolle est formée d'im tube de 1/2 à 3/4 de centimètre de longueur, terminé par cinq divisions de longueur égale.
Les étamines au nombre de quatre font saillie au-dessus du tube de la corolle, ainsi que le style terminé par deux stigmates.
A la fleur succède une baie divisée en deux loges par une cloison verticale, chaque loge renferme une graine.
A maturité le fruit du caféier est rose vif ou même franchement rouge, quelquefois jaune.
La variété Amarello du Brésil produit des fruits jaunes.
La pulpe qui entoure les graines est sucrée et d'un goût assez agréable.
Ces graines sont convexes du côté externe et planes du côté interne par lequel elles sont accolées; la partie plane présenté un sillon longitudinal formé par le repli de l'albumen corné.
L'albumen, partie consommable, est entouré, lorsqu'il est sec, d'une fine pellicule argentée, adhérente, que la préparation fait disparaître d'une façon plus ou moins complète.
Lorsqu'elle a été dépulpée, la graine reste enfermée dans ime enveloppe cornée, appelée parche, qu'elle ne remplit pas complètement.
Le vide qui reste entre la parche et la graine provient de ce que la graine se contracte davantage que la parche par la dessiccation. Nous verrons, par la suite, les moyens mis en pratique pour débar-
passer la graine des enveloppes, pulpe, parche et pellicule, qui Tentourent et la rendre commerciale.
Dans chaque pays on connaît des formes spéciales de Coffea arabica, qui ont, chacune, des qualités propres, mais qu'il ne semble cependant pas possible d'élever au rang de variétés.
Ainsi, au Brésil, on cultive le café Bourbon et le café nacionalK Le premier est beaucoup plus précoce que le second, mais les deux formes ont assez peu varié, au point de vue morphologique, pour qu'il soit difficile de les reconnaître à première vue, et c'est tout au plus si, à mon sens, elles peuvent être considérées comme des races.
Dans certains cas cependant, les variations ont été beaucoup plus considérables, et on connaît, au Brésil notamment, deux ou trois formes qui diffèrent nettement du type et constituent certainement des variétés. Ce sont le café AmarellOy le café Maragogipe %i le café Murtha dont certains auteurs font une espèce.
A la Réunion, le café Leroy, dont les origines sont assez confuses, produit des grains petits, pointus aux deux extrémités.
Certains auteurs en font, à tort peut-être, une espèce (C. laurina).
Toutes ces variétés sont en somme assez peu connues, et bien des auteurs, qui ont probablement puisé leurs renseignements à la même source, en ont donné des descriptions assez peu exactes et ont émis à propos de leur valeur respective des appréciations erronnées qu il convient de rectifier. Naturellement, il ne saurait être question ici déparier de toutes les formes de Coffea Arabica existantes, je me contenterai de signaler les plus connues parmi celles qui peuvent être considérées comme de vraies variétés.
Le café Amarello ou de Botucatu ne diffère de TArabica ordinaire que par la couleur de ses cerises qui sont jaune clair à maturité.
On lit quelquefois que cette variété donne des grains trop riches en caféine, fournissant par suite un breuvage acre. Peut-être les planteurs brésiliens n'ont-ils pas toujours apprécié le café de Botucatu à sa juste valeur et Tont-ils, à un moment donné, considéré comme une forme médiocre ?
Ils sont, à Theure actuelle, revenus sur cette première apprécia-