‹ Culture pratique du caféier: et préparation du caféChapitre 19 sur 31 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Frais d'établissement d'une oafélère Frais de culture et d'entretien.

Pour la culture du cacaoyer, j'ai eu la chance, au cours de mon voyage, de rencontrer des planteurs aimables, tenant admirablement leur comptabilité, qui ont bien voulu me fournir des renseignements précis, pour me permettre de donner une idée très juste des frais qu entraînent rétablissement etTentrelien dune cacaoyère.

Je n'ai malheureusement pas été aussi heureux en ce qui concerne le caféier.

Je pense bien qu'à la Guadeloupe il n'existe pas un cultivateur de caféiers capable de dire au juste ce que lui coûte et ce que lui rapporte sa plantation. Dans notre colocie, la comptabilité agricole est encore peu connue; elle semble inutile à beaucoup d'agriculteurs, on ne peut que le regretter à tous égards.

Au Brésil, les grandes exploitations tiennent généralement bien leurs livres, et on sait, chez les planteurs brésiliens, très exactement les prix de revient du café : malheureusement, je l'ai dit dans le chapitre « Préparation », lorscpe j'ai eu l'occasion de parcourir la région caféière de l'Etat de Sao-Paolo, les planteurs, sous l'impression des articles très optimistes de M. Conty, parus dans la Bévue de cultures coloniales^ étaient convaincus que Madagascar allait bientôt être un pays producteur de café, capable de se dresser comme un concurrent redoutable de leur pays. Ma présence, annoncée officiellement par le Gouvernement de l'Etat, vint donner un semblant de bien fondé à ces craintes, aussi lorsque je demandai aux planteurs de vouloir bien m'ouvrir leurs livres de comptabilité accueillirent-ils ma requête avec une très grande froideur.

Je n*ai pu, en somme, au Brésil, obtenir des comptes de cultures absolument précis.

M. Schmidt, le plus grand planteur de caféiers du monde (il en cultive près de 7.000.000 de pieds), a cependant bien voulu me faire donner des détails précis, avec lesquels il va m*être possible d'établir, pour la région de Kiberao-Preto, un compte de culture d'une exactitude suffisante.

Actuellement la main-d*œuvre pour la culture du caféier dans TEtal de Sao-Paolo est fournie presque complètement par des Italiens.

Ces immigrants, appelés colons, travaillent partout à la tâche.

Ils prennent avec leur famille un certain nombre de pieds de caféiers à soigner et reçoivent pour ce faire un salaire fixé par contrat. Ce salaire est peu variable, il oscille entre 70 et 80.000 reis par i.OOO pieds de caféier entretenus.

Le colon a, de plus, le droit de cultiver entre les caféiers du maïs et des haricots, dont il est propriétaire et qu'il peut vendre.

Une famille composée du père, de la mère et de deux enfants peut entretenir 4 à 4.500 caféiers.

La valeur des produits des cultures intercalaires n*est pas négligeable ; lorsque les caféiers sont jeunes, il n*est pas rare que le colon récolte 18 à 20 hectolitres de maïs sur une surface de terre couverte par 1.000 caféiers.

Plus tard, lorsque les arbustes ont vieilli, on obtient encore 10 hectolitres de maïs.

Le prix de 70.000 reis ne rétribue que les sarclages, la cueillette se paye à part et se fait également à la tâche.

Les prix de tâche, pour la cueillette, sont fort variables suivant que la récolte est plus ou moins abondante. Ils augmentent lorsc[ue importance de la récolte diminue. Dans les années ordinaires, lorsque la récolte atteint ou dépasse la moyenne de rendement, le prix de cueillette est de 500 reis par alqueire de cerises (une alqueire égale cinquante litres). 11 faut environ vingt alqueires de cerises pour donner une arroba de café marchand.

L*arroba équivaut à quinze kilogrammes.

Pape 136.

Usine h décortiquer le café des plantalions Schmidt. Le café arrive par le haut du|V3Ôtimenl.

Vue générale des bâlimenls de la fazcnda Monto-Alègre de M. Schmidt.

FRAIS d'établissement d'uNE CAFÉIÈRE 137

Une famille de quatre personnes arrive à cueillir 12 alqueires de café en cerises par jour.

Quand la récolte est moins importante, le prix de la cueillette augmente, il s'élève, dans les mauvaises années, à un milreis par alqueire de cerises.

Les transports, les manipulations aux séchoirs et dans la machinerie se font à la journée.

Les plantations sont souvent établies en vertu de contrats spéciaux, par des entrepreneurs qui se chargent de défricher la forêt, de semer les caféiers et de les entretenir jusqu'à la fin de la quatrième année ; c'est, en quelque sorte, le contractor système de Trinidad, exposé dans mon étude sur le cacaoyer. (Voir ce travail.)

Les produits des cultures intercalaires, ainsi que les petites récoltes de café de la 3* et de la 4* année, sont la propriété de l'entrepreneur. Les prix à forfait, qui se comptent pour un pied de caféier planté et entretenu, sont peu variables ; ils varient entre 500 et 600 reis. Cependant, à la fazenda San-Martinho, propriété de M. Antonio Prado, les prix atteignent 1.200 reis par caféier amené à Tâge de 4 ans; mais les entrepreneurs ne sont autorisés à faire des cultures intercalaires que pendant les deux premières années qui suivent le défrichement de la forêt.

Le compte de culture suivant a été établi pour une plantation de 1.500.000 pieds de caféiers, d'après les indications obtenues chez M. Schmidt à Riberao Preto.

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