C.-V. GAROLA. — Engrais
rappelle que le anciens physiologistes croyaient que les plantes ne contenaient des matières minérales que d'une manière accidentelle. C'est de Saussure qui, en se basant sur la nécessité des substances salines pour les animaux, en tira la conclusion qu'il y a une loi naturelle qui force les animaux à en absorber.
La potasse, Tacide phosphorique, le soufre ou l'acide sulfi^rique qui le fournit, le fer, la chaux,, la magnésie soi^t. nécessaires à la végétation. La silice, si abondante dans le centre des graminées, ne paraît pas indispensable au développement normal des plantes. Néanmoins, tout porte à croire Î[ue la silice favorise la maturité des céréales, la rend uniorme et assure même, dans des coûditions atmos{)hériques défavorables, le complet développement de la graine et sa maturation à une époque convenable. Le rôle qu'on attribuait autrefois à la silice, d'empêcher la verse des céréales, n'existe pas en réalité. M. Gai'ola rappelle qu'Isidore Pierre a montré que dans les blés versés on trouve plus de silice que dans les blés restés droits sur le même terrain. Le chlore et la soude ne paraissent pas des aliments indispensables aux végétaux terrestres.
Cette bonne introduction se termine par le rôle du sol dans la nutrition des plantes ; elle est très nettement exposée.
Les aliments minéraux et azotés des plantes forment dans la terre deux masses distinctes : la masse directement absorbable par les racines ou immédiatement assimilable et la réserve qui se transforme pour régénérer celle-là.
La réserve des substances alimentaires est la condition essentielle de la pérennité de la production, et la portion qui est annuellement amenée à l'étAt assimilable est la mesure même de la fertilité actuelle du terrain.
Il faut, pour ne pas épuiser la fertilité du sol, lui rendre les substances que les planles lui ont enlevées ; c'est la loi de restitution. Mais, il n'est pas nécessaire de. restituer au sol d'une manière absolue tout ce que les récoltes y ont puisé pour y maintenir la production constante. Dans les terrains calcaires, inutile de restituer la chaux; dans les terrains granitiques, la potasse; mais il ne faut pas non plus oublier que la productivité d'une terre riche en azote, potasse, chaux et magnésie peut être annulée par l'absence d'un élément, l'acide phosphoriaue, par exemple.
II faut non seulement restituer, mais aussi faire des avances toutes les fois qu'elles deviennent productives.
Les récoltes, en effet, sont proportionnelles quand les conditions atmosphériques sont convenables, et la quantité disponible de l'aliment que le sol renferme en moindre quantité, c'est la loi dite du minimum qui complète le principe de restitution et le féconde.
Enfin, M. Garola appelle l'attention sur l'importance que présentent au point de vue de la production et de l'utilisation des engrais, les propriétés générales du sol. L'introduction du
JOUZIER. — Économie rurale,
livre de M. Garola est très bonne, c'est l'enseignement meinodiq[ue raisonné de l'emploi des engrais ; ceux qui la liront et ,qui voudront bien s'en pénétrer en tireront un très grand profit.
Dans l'ouvrage proprement dit, M. Garola étudie successi-. vement les amendements calcaires, le fumier, les engrais organiques divers, les engrais de commerce azotés, phosphatés, les engrais potassiques, la réglementation du comnierce des engrais, la fumure des plantes sarclées, des légumineuses, des prairies artificielles, des plantes textiles et oléagineuses, des jardins, des plantes arbustives.
Le livre ne peut manquer d'obtenir un bon succès auprès des cultivateurs éclairés, des professeurs d'agriculture, des élèves de nos écoles d'agriculture. M. Garola était admirablement préparé pour cela, ses longues années d'expériences passées à. la direction du laboratoire agronomique de Chartres, , ses nombreuses analyses de terre et d'engrais, en ont fait un savant, un praticien très apprécié et en mesure d'écrire un nouveau et bon livre qui fait honneur à Y Encyclopédie de l'Institut agronomique.
Ernest Menault.