VENTS
avoir le Nord de l'Afrique, des grands moyens d'irrigation, toujours en développement grâce aux ressources qu'offrent le Rhône et la Duiance, sans citer des cours d'eau secondaires un peu partout répartis.
La carte des pluies de M. Angot indique pour la côle provençale une moyenne annuelle de 500 à 600 millimètres, mais les parties montagneuses immédiates en reçoivent davantage, ce qui facilite l'arrosement des fonds inférieurs.
Le minimum des jours de pluie se trouve entre Perpignan et Marseille (98 jours), mais souvent ces chutes donnent peu d'eau et la plus grande partie de la journée peut être considérée comme ensoleillée.
Si l'on prend quelques points principaux pour établir les variations pluviométriques de l'ouest à l'est, on y trouve les quantités suivantes d'eau pluviale :
Perpignan 475 millimètres.
Marseille 498 —
Montpellier 710 —
Nice 734 —
Toulon 685 —
Avignon (au sommet du
triangle) 640 —
Vents. — Les courants atmosphériques ont des directions diverses dans la Provence occidentale et orientale et toute la région est soumise à un vent violent et froid de N.-N.-O. : le mistral (Voy. le chapitre spécial).
Cependant toute la côte orientale ne le subit pas entièrement, arrêté ou atténué qu'il est par les relèvements montagneux qui commencent à Toulon, protégeant quelque peu Hyères, puis constituant, grâce au massif de l'Estérel, un obstacle sérieux mais pas absolument insurmontable. De là, bien des expositions, vallées, versants, échancrures, plus ou moins à Tabri de ce vent redoutable pour les plantes exotiques et pour les cultures de primeurs.
Par contre, le vent du sud-est, dit vent d est dans la
région, est chaud et humide, rarement violent ; il vient également se buter en s'atténuant sur le massif de FEstérel. Dans les plaines de Perpignan, un vent d'ouest dit Tramontane, qui s'est refroidi en passant sur les Pyrénées, est redouté des cultivateurs.
Les abris et les brise-vents sont tout indiqués pour combattre la mauvaise influence de ces courants; aussi la Provence multiplie-t-elle de plus en plus ce système de protection.
Chaleur et radiation solaire. — Dans l'été fort long et sans pluie de cette région, il y a des séries de chaleur dont les extrêmes atteignent vers 40°. Sur le littoral, les maxima sont souvent supérieurs à ceux de la côte africaine, sauf en temps de siroco dans cette dernière.
Les principaux maxima sont:
Perpignan -f 38o
Toulon +320
Montpellier + 40° à 42»
Marseille + 33<>,5
Nice +35°
Avignon (au sommet du triangle). . . +40°
La Côte d'Azur, où les minima sont moins accusés qu'à l'ouest, présente une moyenne annuelle de chaleur assez élevée ; Nice avec 17° vient en première ligne, avec Menton, 16°, 6. Cependant Hyères, beaucoup plus à l'ouest, a 16°,7, c'est-à-dire un dixième en plus que Menton, mais cela peut être dû, étant donnée son orographie, à une plus grande insolation qui élève le chifîre diurne.
La moyenne du littoral dit Côle d'Azur paraît être comprise entre 14°, 5 à Saint-Raphaël et 17° à Nice.
Quant à l'intensité lumineuse, à la radiation solaire, on n'a pas d'observations suiviessurcesphénomènes : dans la plaine nue delà Cmu cependant, quehiues données actinométriques se rapprochent de celles des Hauts-Plateaux algériens ; des observations occasionnelles ont fourni 63°, mais il est certain que ce chifTre est parfois dépassé.
FROIDS. i9
Quoi qu'il en soit, l'usage du clayonnage ou d'abris analogues contre l'ardeur du rayon solaire est général, même sur la côte où la radiation est cependant plus atténuée.
Froids, — Des abaissements de température assez considérables ont été observés plusieurs fois sur les bords de la Méditerranée : on dit qu'en 1709, le thermomètre est descendu à — 20°. Les auteurs rapportent qu'en 1789 les orangers ont gelé en Ligurie. (Voy. p. 5.)
Les principaux minima qui y ont été constatés sont :
Perpignan — 12»
Toulon — 40
Montpellier — llo--12o,8
Marseille — 6°
Nice — 8'>— 10°
Avignon (au sommet du triangle) . — 8°
Les derniers hivers particulièrement rigoureux sont ceux de 1891, de 1895 et de 1905 (premiers jours de janvier) : il y a eu en ces années-là de la neige à Cannes et à Nice et aux environs de cette localité on a enregistré — 90 et — 11°; les orangers ont souffert sur quelques points, ainsi que les cultures des environs de Grasse.
Dans d'autres régions les Dattiers et les Phœnix canariensis présentaient de sérieuses traces d'altération ; par contre, les Piitchardia filifera étaient indemnes. Ces intempéries coïncidaient avec celles qui sévissaient sur le littoral africain où l'on constatait de fortes gelées et à Alger et à Tunis de la neige. La période neigeuse de la première semaine de janvier 1905 a présenté les mêmes caractères sur les deux côtes. L'horticulture a bien souffert de Cannes à Nice avec — 10°.
A Hyères on a enregistré plusieurs fois — 7° et — 9°. Les froids extrêmes sont périodiques ainsi que le démontrent la disparition de certaines espèces dans le jardin botanique de Montpellier et les expériences de Talabot au château du Roucas blanc, à Marseille.
La neige, peu rai^e dans l'ouest, beaucoup plus dans l'est
du littoral, est fréquente aux altitudes : la grêle n'est pas inconnue et il faut compter avec elle.
En résumé, pour les cultures spéciales : horticulture d'ornement, florale, production maraîchère de primeurs, le climat hivernal a ses défauts. Pendant Tété Tinsuffisance des pluies à laquelle Tirrigation supplée en grande partie, puis les extrêmes thermiques et solaires qu'il faut combattre par des abris, déterminent des charges d'exploitation. Cependant, dans une même région, quand elle est accidentée ou voisine de la mer, il y a des climats locaux dus à des causes diverses et qui ont une grande influence sur la végétation, notamment sur celle des primeurs.
Le rivage de la Côte d'Azur avec ses ravins, ses expositions diverses, ses petites baies ou ses presqu'îles, comme Beaulieu, offre des conditions d'abri et d'exposition toutes spéciales.
Pendant l'hiver les eaux d'irrigation du Rhône et de la Durance sont chaudes et limoneuses, tandis que celles du Vaucluse, moins fertilisantes, sont froides à -H 12<* seulement.
La précocité des Chasselas de Villeneuve-lès-Maguelonne près Montpellier est due au climat essentiellement marin et à la qualité légère du sol plutôt qu'à la culture qui n'est pas encore venue aider la nature.
Dans le fond de l'étroite vallée du Tèt (Pyrénées orientales), derrière 111e, on trouve des localités encaissées, abritées, bien exposées, où des fructifications sont en avance de vingt et vingt-cinq jours sur les environs. Tous ces faits ne sont pas encore étudiés scientifiquement, mais ils sont affirmés par la méthode empirique et le résultat.
En résumé, cette multiplicité de conditions locales naturellement avantageuses ou améliorées par des procédés de culture peut créer avant peu une concurrence à certains produits de la côte africaine en réduisant leur délai de vente.
L'Algérie, comme tout le nord-ouest de l'Afrique, a une météorologie particulière à cause de sa situation entre une mer et un grand désert. Espace étroit à orographie défectueuse puisqu'il n'y a pas de cours d'eau permanent, le pays présente un brusque et immense relèvement, un plateau mamelonné où partout règne l'altitude; les parties basses du littoral, quand il y en a, et les plaines peu élevées sont rares.
L'influence du climat steppien prime celle du climat marin qui s'étend fort peu dans Tintérieur. La partie la plus favorable à l'agriculture progressive est donc très limitée.
Une caractéristique. Les pluies vont en diminuant très brusquement par zones presque parallèles du rivage au Sahara, tandis que suivant la même marche le froid et la neige augmentent pendant l'hiver. Par contre, la chaleur s'atténue du SeJiara à la Méditerranée pendant l'été.
Pluie. — Les chutes pluviales commencent en octobre et se terminent en avril-mai; elles sont plus abondantes sur le littoral de l'est à l'ouest : 800 et 1000 millimètres (massif kabyle), pour se réduire à 500 millimètres dans les plaines oranaises.
Depuis le rivage, du nord au sud, elles s'affaiblissent successivement par régions, de 600 millimètres à 400 millimètres, puis 200 millimètres et moins à la limite saharienne qui est malheureusement peu éloignée de la mer (Voy. la carte, fig. 4).
La bonne répartition des pluies laisse à désirer, notamment sur les Hauts-Plateaux et dans les plaines de Touest. La grande quantité d'eau tombée n'assure pas toujours une bonne année agricole : exemple l'année 1904 (l 060 millimètres, région d'Alger). Les pluies automnales, mais surtout les printanières, ont sur les résultats agricoles une influence décisive. En 1904, les pluies ont fait défaut à partir du 15 avril et elles ont manqué en mai, de là une récolte en céréales et fourrages très réduite ou nulle par places.
La saison pluvieuse est souvent interrompue par des périodes de sécheresse assez prolongées; aussi, dans beaucoup de cas, l'irrigation hivernale, malheureusement très restieinte et impossible dans la majorité des cas, est nécessaire pour parer à l'insuffisance des pluies, en Oranie principalement.
Vents. — Les courants aériens ont deux régimes : l'un d'été et l'autre d'hiver.
En hiver dominent principalement les vents du nord, du nord-ouest et de l'ouest; ils amènent la pluie, accompagnée de bourrasques froides et de grêle quand ils soufflent de plein nord.
En été régnent principalement les vents du nord-est et de l'est : à leur début, au printemps, ils brûlent parfois les bourgeons sur le littoral et y provoquent quelques omges. Les hivers où ces vents prédominent sont généralement pauvres en pluie.
Les Hauts-Plateaux et surtout leur partie méridionale subissent les vents secs du sud et du sud-est, aussi bien pendant l'hiver que pendant l'été : c'est le siroco qui pénètre parfois dans la Méditerranée. (Voy. Siroco au chapitre spécial . )
Chaleur et radiation solaire, — Les maxima thermiques se constatent naturellement pendant l'été et par les temps de siroco.
Des maxima extrêmes, non rares, varient entre 40 et