‹ Cultures du Midi, de l'Algérie, et de la TunisieChapitre 17 sur 167 · SO · texte numérisé non relu

SO

.Sol

■.'^:-M-«iî^'*>Hf;'=^

Fig 1. — Échelle thermoméirique du sol et de l'air.

iO CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE.

augmente ; elle se comporte de même plus on pénètre dans le sol. 11 est bien entendu qu'il s'agit ici d'un froid par rayonnement et non d'un froid noir, ou refroidissement de la masse atmosphérique.

Le graphique ci-contre (lig. 1) donnera mieux que toute explication la marche d'un de ces phénomènes normaux. L'observation est prise au Jardin d'Essai d'Alger, sur un point abrilé du litloi^l, presque au niveau de la mer, c'est-à-dire dans une localité où ces météores sont les moins exagérés, beaucoup moins qu'en Provence ou que dans l'intérieur de l'Algérie ou de la Tunisie.

Mais la constatation la plus importante à retenir par le cultivateur, c'est que ces froids ne sont pas, comme on le croit généralement, que temporaires, fugaces, instantanés même, et ne se produisant qu'au lever du soleil; bien au contraire ils durent souvent toute la nuit, ou au moins plusieurs heures.

Le graphique (fig. 2) enregistre non seulement un froid vif, puisque le thermomètre descend à près de — 5<* aux environs du sol, mais encore une action actinométrique instantanée, puisque sous refîet des premiers rayons solaires le degré se relève brusquement de — 3*^,5 à -f- 20», provoquant ainsi chez les végétaux congelés toute la nuit un dégel trop rajMde.

Ces froids ne sont pas accidentels : ils se produisent par séries à n'importe quel moment de l'hiter et même -du printemps. Le graphique (fig. 3) à courbe mouvementée décrit la durée et l'acuité de l'abaissement : la température tombe au-dessous de zéro vers six heures du soir jusqu'à huit heures du matin, avec des minima -de — 3° à — 4°,5 pendant plusieurs heures.

11 en est de même pour les maxima thermiques de l'été. Sous leurs abris les instruments ne donnent pas la véritable action subie par les plantes et si le thermomètre solaire marque des maxima il n'indique pas la durée du phénomène ni ses variations ; on verra au gra-

phique fig. 5, siroco, à quelles terribles insolations les plantes sont exposées.

Sur ces phénomènes de rayonnement et de radiation on comprend l'influence des abris, des nuages artificiels et Ton reconnaît la nécessité des couvertures hermétiques poui-

certaines plantes, dans leur jeune âge principalement.

Les observations géothermiques de la figure 1 expliquent les influences favorables du sol ou celles défavorables de sa surface pour la végétation par les temps de rayonnement; on y voit notamment qu'à 10 centimètres au-dessus du sol il y a — 4°, tandis qu'à 25 centimètres dans le sol la température est à -h 9°, 4.

La caractéristique générale du climat, en Provence, comme dans le Nord de l'Afrique, réside dans la division de l'année en deux saisons bien tranchées, l'une pluvieuse, l'autre sèche.

La saison pluvieuse coïncide avec l'abaissement de la température, c'est l'hiver.

L'été, au contraire, est une saison sèche pendant laquelle les orages sont même inconnus dans la plus grande partie du domaine méditerranéen qui nous occupe.

Cette météorologie est donc absolument contraire, dans le Nord africain surtout, à celle des tropiques qui présente des phénomènes- inverses, la saison chaude étant celle des pluies, de là une végétation que l'on ne saurait demander dans nos milieux ; aussi comprend-on dans ces dentiers le rôle de l'irrigation.

En Provence, souffle par périodes, pendant Thiver et au printemps, un vent froid et violent : le mistral.

Dans le Nord de l'Afrique souffle surtout pendant l'été, également par périodes, un vent sec, chaud et brûlant : le siroco.

Dans la saison estivale, l'insolation est parfois très forte, notamment les jours de grande luminosité; mais c'est surtout sur les plateaux algériens et dans les espaces steppiens et désertiques que ces ardeurs solaires sont le plus accusées. Malheureusement, on possède peu de mesures actinométriques.

L'hiver est le plus souvent caractérisé par des temps calmes et lumineux, mais aussi par des refroidissements nocturnes pas assez connus : la grêle et la neige ne sont

ik CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE.

pas rares sur les deux c5tes, mais, dans l'intérieur de TAlgérie et de la Tunisie, même à peu de distance de la mer, la neige séjourne annuellement à plusieurs reprises, notamment sur les plateaux algériens qui constituent la majeure partie du pays.

L'influence de la Méditerranée est grande sur les deux rives, à cause de sa chaleur hivernale (-h 12°, 8 à 360 mètres au fond) ; à Beaulieu elle est en moyenne à midi de -h 170,3, sensiblement la même que celle de Tair. Cette influence s'étend au nord dans la vallée du Rhône, mais au sud elle est bientôt arrêtée par la première ligne de faîtes des montagnes africaines qui est à peu de distance de la mer; ce qui fait que l'Olivier, par exemple, remonte plus au nord en France qu'il ne pénètre à l'intérieur en Algérie.

Sur les littoraux l'influence marine n'est pas la seule à s'exercer pour constituer un climat tempéré, en hiver notamment. Le littoral provençal, surtout la Côte d'Azur, ■est assez protégé des vents du nord par une chaîne de montagnes : les vents froids passent au-dessus, tandis que les brises marines viennent lécher leurs versants; de là, bien des causes d'interruption du rayonnement.

Par contre, le littoral africain est ouvert en plein aux vents froids, violents et dominants du nord et du nordouest; aussi, pendant que sur la Côte d'Azur la végétation arborescente, naturelle ou importée, descend verdoyante et intacte jusqu'aux flots, le rivage algérien est dénudé, dépourvu d'arbres et d'arbrisseaux et ceux qui y résistent sont en grande partie brûlés, rasés ou déformés du côté du courant dominant.

Un autre exemple de l'influence du courant froid suila côte algérienne qui lui est entièrement ouverte se trouve dans l'Oranie. Tandis que d'Alméria.à Gibraltar toute la partie littorale est protégée contre les vents du nord et du nord-ouest qui passent par-dessus la Sierra- Nevada, ce qui y permet une végétation exotique avec Canne à sucre, Papa^-^r et Caféier, par contre, l'ouverture

MÉTÉOROLOGIE. ir>

des plaines oranaises à ces vents qui ont léché ces cimes neigeuses, fait que les plantes précitées périssent par le froid.

De cette esquisse météorologique et orographique et des observations spéciales qui suivent se déduisent des principes généraux de culture : irrigation pendant l'été et les périodes sèches de l'hiver, et abris de toutes sortes et constants contre les courants atmosphériques froids ou chauds, contre la radiation qui brûle et contre le rayonnement nocturne qui gèle.

Le cadre de cet ouvrage ne permet pas un long développement météorologique : seule la caractéristique du climat dans ses rapports avec l'agriculture sera brièvement exposée.

Le climat méditerranéen de la Provence s'étend de la frontière espagnole à celle de l'Italie. Sa partie ouest moins tempérée, mais non sans valeur, n'attire pas autant l'attention que l'est, avec sa Côte d'Azur partant de Toulon jusqu'à la Ligurie italienne.

La douceur de ce climat est due à la température relativement élevée de la mer et à ses brises d'une pari, ensuite et beaucoup plus encore aux montagnes parallèles à la mer dirigées de l'est à l'ouest, murailles gigantesques qui protègent le littoral contre les couranls du nord en hiver et le mettent en grande partie en dehors de l'influence du mistral.

Cette partie orientale, la véritable région de l'Olivier et en partie de l'Oranger, est remarquable par la large hospitalité qu'elle a offerte à la flore exotique et à son exploitation : cette végétation importée en plein et luxuriant développement sur ce rivage, rappelle plutôt certains pays tropicaux. Naudin a dit avec juste raison « que cette partie de la Provence maritime jouissait d'un climat presque comparable pour la douceur à celui de la côte africaine située de l'autre côté de la Méditerranée ».

Pluie, — Les chutes sont hivernales, les orages d'été sont rares : en résumé, la pluie est insuffisante pour cette grande région ensoleillée, à fortes radiations et soumise parfois, dans la généralité de son étendue, à des vents desséchants ; heureusement qu'elle a pour elle, ce que n'a malheureusement pas et ne pourra jamais

Page 1