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II. — Plantes à caoutchouc et à gutta

Malgré le caractère de végétation tropicale, artificiel et chèrement acheté que revêtent certaines parties de la côte Provençale de l'Est, quelques grandes îles de la Méditerranée et toute la côte africaine, les plantes à Caoutchouc et à Gutta, quelle que soit leur origine, n'ont aucun rôle économique à y jouer.

Notre Afrique du Nord, même dans les meilleures localités de son Sud, toutes désertiques, n'offre aucune place favorable à ces végétaux qui pour la plupart, sinon pour la généralité, n'y vivent même pas. En effet, il n'est pas de régions en dehors du littoral où la température ne descende très souvent l'hiver vers — 8° pour monter un très grand nombre de fois à -}- 4^5° pendant l'été, termes météoriques très défavorables pour les espèces suivantes :

Bassia latifolia Roxb. Inde or.

— /on(;i/'o/ta Lin. Malabar.

CasliUoa elasUca, Cerv. Mexique.

Chrysophyllum divers —

Hancomia speciosa Gomez. Brésil.

Hevea g uyanensis Auhi. Amérique-Sud.

Landolpkia divers, côte occidentale d'Afrique.

Manikot Glaziowii MuU. Arg. BrésiL

honandra gulla. Ind. or.

Artocarpus incisa Lin.Moluques.

— integrifolia Lin. —

Toutes ces plantes doivent passer l'hiver en serre chauffée et si quelques Apocynées résistent sur le littoral africain, notamment les Plumiena, ce n'est que dans les localités les plus chaudes, les terres riches et les plus saines où les eaux d hiver ne séjournent pas : il en est de même de certaines Euphorbiacées.

Il est sur le rivage africain de grands arborescents à latex, notamment le genre Ficus, qui présentent un développement remarquable et une véritable rusticité quand ils restent strictement limités au littoral.

En Algérie notamment, quelques-uns de ces arbres âgés de quarante à cinquante ans, y ont acquis des dimensions colossales et atteint depuis longtemps le moment d'une exploitation normale; aussi ne semble-t-il pas téméraire de se prononcer définitivement sur la valeur de leur latex.

Or, pris comme type, le Ficus elastica, de bonne venue sur le littoral, fournit un latex qui recueilli au Jardin d'Essai d'Alger et analysé par feu Aimé Girard, de l'Institut, n'a donné que 17 p. 100 d'un caoutchouc particulier, simple résine sèche et cassante sans aucune valeur industrielle.

En outre, si l'on a trouvé un pourcentage plus élevé, 37 p. 100 de caoutchouc, dans le Ficus macrophylla, espèce voisine de la précédente, mais à développement plus colossal et à latex très abondant, ce produit était de même nature, c'est-à-dire mauvais et inutilisable.

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Les autres analyses faites sur des Ficm très vigoureux à petites feuilles, Ficus lœvigata et nitida, ont confirmé Tabsence du véritable caoutchouc dans leur latex.

On a beaucoup vanté une Euphorbiacée dont on trouve quelques jeunes exemplaires en Provence, Eucomia ulmoides, plante qui produirait une sorte de Gutta dans les pays tempérés ; mais l'expérience n'y est pas encore faite. Les plantes sont encore trop jeunes pour permettre d'apprécier le rendement et la qualité de la gomme, sans grande valeur, au dire de plusieurs expérimentateurs anglais qui se sont prononcés depuis longtemps sur le mérite de cette plante.

Dans tous les cas, les essais tentés en Indo-Chine sont loin d'être favorables ; en Algérie ce végétal a une très faible végétation.

Il semble donc indiqué, d'une manière générale, que les bonnes productions de Caoutchouc et de Gutta ne peuvent être obtenues dans des climats subissant des abaissements de température déterminés, surtout aux environs et au-dessous de zéro : cas communs dans toute notre zone.

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