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III. — Plantes tanniféres

Dans la région méditerranéenne les matières tanniféres proviennent principalement des écorces de plusieurs arbres et arbrisseaux spontanés.

Les forêts de chênes divei^ et de châlaigniers sont les sources de production du tan, mais le Châtaignier, très répahdu en Corse, est mal représenté dans le Nord de l'Afrique.

Chênes. — Les principaux chênes sont :

Chêne afarès. Quercus castanœfolia Meyer, bel arbre des altitudes, principalement exploité dans l'Oranie et fournissant un tan estimé.

Rivière et Lecq. — Cultures du Midi, 10

Chêne kermès. Querciis coccifera Lin., dont la i-acine, garoidlle y contient 22 p. 100 de tanin.

Chéne-liége. Quercus suber Lin., des terrains siliceux, des grès, des roches éruptives désagrégées, etc.

CuÉNE VELAM. QucTcus œçylops Lin., de l'Orient, représenté en Provence par de beaux exemplaires. La cupule ou valonée contient 28-30 p. 100 de tanin.

Un boisement au mcryen de cette essence, opération de longue durée, n'est pas à conseiller à des particuliers, surtout dans le Nord de l'Afrique.

Chêne-vert. Quercus ilex Lin., arbre des mauvais terrains, mais très fructifère : 10 à 13 p. 100 de tanin dans son écorce.

Chêne-zeen. Quercus Mirbeckii Dur., du littoral africain et des terrains frais : 10 p. 100 de tanin dans s-on écorce.

Lentisque. Pistacia leniiscus Lin., Térébenthacée méditerranéenne fournissant des feuilles pour le tannage : la Tunisie en exporte annuellement pour 350000 francs en moyenne.

Sumac des corroyeurs. Rhus coriaria Lin., Térébinthacde méditerranéenne moins commune sur la côte africaine que dans d'autres régions, localisée au climat marin et trop peu abondante pour être exploitée. Des feuilles on retire 25 p. 100 de tanin.

Les repeuplements en Sumac ne sont pas des opérations avantageuses.

Sumac a cinq feuilles. Rhus pentaphyllum Desf., de l'ouest africain, principalement, à écorce tannante et colorante en rouge.

Tamarix ou Takaout. Tamarix articulata Vahl. Tamariscinée des régions voisines du Sahara, portant des loupes ou galles dues à Faction d'un insecte Amblepalpis OUviereUa : ces galles sont employées par les Marocains au tannage.

Ce beau Tamarix, transporté sur le littoral de l'Hérault

PLANTES TANNIFÉRES. ili

y résiste, mais ne produit pas de galles, à cause de l'absence de l'insecte.

La contribution des végétaux exotiques dans la production des matières tannifères n'est pas encore assurée, malgré la bonne végétation de certains arbres et arbrisseaux dans les parties les plus tempérées de la zone. D'ailleurs un principe économique se pose : Peut-on obtenir un rendement rémunérateur d'une plantation qui exige une culture pendant une dizaine d'années au moins et de bonnes terres? car il est bien prouvé que ces essences exotiques ne poussent pas ou sont chétives dans des sols de médiocre qualité ou dans des mauvais climats comme ceux des Hauts-Plateaux de l'Algérie ou des plaines du Sud de la Tunisie.

Les Eucalyptus et les Acacia australiens, absolument limités au climat marin ou mieux littoral des parties les plus chaudes du bassin méditerranéen, ont été théoriquement préconisés comme producteurs de matières tanniques ; mais actuellement l'expérience est déjà assez concluante pour démontrer que ces végétaux n'ont aucune place à prendre dans une exploitation pratique. D'autre part, pour des causes diverses, les écorces à tan dans les forêts européennes subissent depuis quelques années une dépréciation. Dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres, on a à craindre pour l'avenir la concurrence des préparations chimiques et, pour le présent, des importations de matières tanniques très riches provenant de l'exploitation du bois dans nos colonies nouvelles.

Acacia. — Des arbrisseaux australiens du groupe des Mimosées sont, dans la zone de l'oranger, rustiques et d'une croissance assez rapide dans leur jeune âge.

Acacia cyanophylla Benth.

Acacia decunens Willd. considéré comme l'espèce la plus riche en tanin, mais d'une rusticité relative.

Acacia leiophylla Benth., à écorce riche en tanin, environ 30 p. iOO.

Acacia pycnantha Ben th., ne craignant pas les sols médiocres, à écorce peu épaisse, très riche en tanin, 28 à 36 p. 100, mais à tanin noir.

Les Acacia australiens présenteraient des variations dans la teneur tannique de leurs écorces. Feu le D^ Bourlier, à la Réghaïa, près d'Alger, aurait obtenu des écorces titrant 30 et 40 p. 100 de tanin ; il aurait fixé ces variétés (?)

Toutes réserves sont encore à faire sur ces résultats économiques intangibles.

Acacia nilotica Desf. ne dépasse pas la limite nord de la région sahanenne où sa végétation est encore insuffisante.

Dividivi. — Sous ce nom on désigne dans l'industrie, les gousses de diverses Légumineuses-Cassalpiniées, Acacia^ Coulteria, Caesalpinia, Le Coulteria tinctoria du Mexique n'a qu'une aire de végétation très réduite dans les localités chaudes.

Caesalpinia coriaria Willd. Le véj'i table Dividivi exige plus de chaleur que notre zone ne peut lui en fournir.

Rumex hymenosepalus. — La Canaigre est une Polygonée du Mexique et de la Basse-Californie, sorte de grande Oseille dont la souche tuberculeuse contient une forte proportion de matières tanniques.

Dans le bassin méditerranéen, cette plante est de culture hivernale et sa végétation extérieure disparaît dès les premières chaleurs. On avait annoncé en Algérie, toujours avant l'expérience, qu'une récolte serait obtenue tous les deux ans et qu'un hectare donnerait de 7 à 8 tonnes de tubercules séchés valant brut 1300 fr.; or les quelques tentatives de mise en pratique ont démontré que les terres médiocres ni les années sèches ne convenaient à cette plante, de croissance lente dans ces conditions, que l'arrachage était dispendieux et que les racines devaient subir avant expédition un traitement

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