‹ Cultures latine et teutonne [microforme]Chapitre 3 sur 4 · LORS RS · texte numérisé non relu

LORS RS

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de Berlin ou de Leipzig. Cette mode apparaît aujourd’hui monstrueusement surannée, Aucun homme digne du nom d'homme ne fait plus cas de la kultur allemande: on sait trop ce qu’en vaut l’aune. De la discipline, mais pas un atôme de génie, même pas un atôme d’humanité. En vain, Berlin a battu la grosse caisse. La France n’aura qu’à sourire et le monde entier sera à ses pieds.

“Rappelez-vous les inventions les plus notoires de ces dernières années: poudre sans fumée, automobile, bicyclette, sousmarin, aéroplane, toutes sont essentiellement françaises. L'Allemagne n’a qu’une vocation: l’espionnage. Il est vrai que le reste du monde mettait une complaisance démesurée à favoriser cette vocation.

Depuis 1871, l’Allemagne a envahi le monde, parce que le monde était aveuglé.

Aujourd’hui, le monde voit clair. Et nous voici.”

M. H. Collin, directeur du Lorrain, raconte que, peu de temps avant la guerre,

causant un jour avec un Allemand, homme de savoir, d’une certaine distinction, et, par exception, d’un bon naturel, sur la valeur du peuple allemand, auquel il ne refusait pas quelques qualités, celui-ci lui dit, avec autant de calme que de tristesse et de conviction : ‘“‘Non, vous ne connaissez pas mes compatriotes. Ils sont fourbes, durs et capables de tout. “Puis, ajoute M. Collin, il me fit un tableau tel de la suffisance allemande et de l’inconscience dans laquelle l’orgueil impérial les avait enfoncés, que j'en suis resté très frappé ; et plusieurs amis à qui je l’ai raconté, doivent s’en souvenir comme moi.

“La guerre, disait le président Wilson dans un discours prononcé le 14 juin dernier, au monument Washington,a commencé du fait des maîtres militaires de l'Allemagne, qui se trouvaient aussi à être les maîtres de l’Autriche. Ces hommes n’ont jamais regardé les nations comme composées d'hommes, de femmes et d'enfants ayant le même sang et la même organisation

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qu’eux-mêmes, pour qui existaient des gouvernements et en qui ces gouvernements prenaient leur vie Ils les ont regardés simplement comme des organisations avantegeuses qu’ils pouvaient faire servir à leurs propres desseins en les courbant par la force ou en les corrompant par l'intrigue. Ils ont considéré les petits Etats, en particulier, et les peuples qu’ils pouvaient conquérir, comme les agents et les instruments naturels de leur domination. Ce dessein a été avoué depuis longtemps.”

Dans ce même discours, Wilson avertit ses concitoyens que la réalisation des buts de guerre de l'Allemagne signifierait éventuellement la ruine du monde entier.

“Le monde entier est en guerre, dit-il, parce que le monde entier est dans les serres de cette puissance sinistre, et engage la grande bataille qui déterminera s'il va lui être soumis ou bien se libérer . ... Siles Allemands réussissent dans leurs desseins, les Etats-Unis devront rester armés avec

le reste du monde, pour se préparer à la prochaine agression. S'ils échouent, le monde pourra s'unir pour la paix, et l'Allemagne elle-même pourra être de cette union.... Les Etats-Unis n’ont qu’un choix à faire, aider à libérer le monde ou le laisser longtemps sous la domination des armes et du despotisme de la nation qui peut maintenir les plus grandes armées et les armements les plus irrésistibles. . . .”?

“C’est un étrange phénomène psychologique qe celui de lamentalité allemande, dit M. G. L'esjardins dans son irtéressant volume : L'Anoleterre, le Canada et la Grande Guerre. Il ne me surprendrait pas chez des peuplades vivant encore dans les ténèbres de la sauvagerie. Mais qu'il se manifeste avec autant de vigueur chez une nation qui se targue de la supériorité de sa culture, et à laquelle il serait puéril

de nier des dons intellectuels de premier ordre, c’est ce qui est vraiment incompréhensib'e.

“Comment le peuple allemand en est-il arrivé à cette négation du droit et de la justice par laquelle il justifie tous les crimes, les massacres, les actes de vandalisme? Les classes les plus élevées sont également sous l'empire d’une passion qui détruit totalement leur sens moral, et les entraîne à croire que tout leur est permis Pour assouvir leur rage de domination.”

D'abord, cette intense culture matérielle, indépendante des principes de morale, de droit, de justice, de bonté, de pitié pour autrui, n’a pas peu contribué à former cette mentalité et à en faire un instrument de force brutale, Mais il n’en est pas moins vrai que cette mentalité a encore été accentuée depuis un siècle par une philosophie malsaine, foncièrement

immorale. jusqu’à faire non seulement

l'apologie, mais à affirmer la doctrine que le droit ne contient avcun élément de

morale; que l'Etat constitue le seul droit du monde, et que plus un Etat est fort, plus il a de droit en comparaison des Etats plus faibles; que les volontés d’un Etat sont au-dessus de toute considération “‘humunité, de tout traité, parce qu’il est le maître, et il a raison par le fait même qu’il est la force. Il s'ensuit qu’il est parfaitement moral pour le plus fort de détruire tout ce qui s’oppose à lui. Telles sont les idées qui ont été enseignées et propagées par Kant, Hégel, Nietsche avec sa théorie du surhomme, Treitschke, Haeckel, Eucken et autres penseurs allemands. Tous se sont efforcés d’inculquer à la mentalité allemande cette conception monstrueuse des devoirs et des droits d’un Etat fort qui, pour ainsi dire, possède le peuple allemand aujourd’hui.

On connaît la fameuse maxime de Bismarck, et la pauvre, mais glorieuse Belgique en particulier en a eu une affreuse expérience, que les “traités n’avaient de valeur qu’autant que la force pouvait les

aPpuÿer. ‘Et cette autre du même homme d'Etat : « Là où la Puissance de l’Allemagne est en question, je ne connais pas de loi.’

Au début des hostilités, Max Harden, qui n’est pas le dernier parmi les Teutons, écrivait: “De quel côté est le droit? Du côté où se trouve la force Un principe seul compte, un seul qui résume et qui contient tous les autres: la force. Réclamez-vous d’elle, et nargue aux billevesées. La force, voilà qui sonne haut et clair, voilà qui a du style et de l'allure. La force: un poing, c’est tout”. Frédéric le Grand lui-même, surnommé aussi le “brigand”’, n’avait-il pas dit: “Je commence Par prendre; je trouverai ensuite des savants pour démontrer mon bon droit.

S’il y a à &agner à être honnête homme, nous le serons, et s’il faut duper, soyons des fourbes.”’

Cette doctrine, qui est absolument antichrétienne, inutile de le faire remarquer, a fait école, au point que tout ce que nous

qualifions de criminel et de barbarie, les Allemands le revendiquent comme étant des qualités indéniables de leur race.

Et cette pensée n’est pas seulement celle de l’empereur et du militarisme prussien, mais c’est l’âme, entière de l'Allemagne qui semble en être saturée. “Combien pouvez-vous trouver d’Allemands qui ne soient pas impérialistes, se demande M. le docteur Hill, ancien ambassadeur américain auprès de Berlin? Je n’en ai jamais rencontré. Tous supportent comme un seul homme le gouvernement impérial.” Le peuple allemand n’a pas été entraîné à la guerre malgré lui; tous y participent parce que tous sont mus par le même esprit: l’esprit ‘du germanisme.

Les atrocités commises en Belgique, dans les départements du Nord de la France, en Serbie ou sur les côtes anglaises, les crimes des zeppelins et la piraterie, la dévastation du sol, le martyre infligé à la population civile, les crimes commis contre l’honneur, la liberté et la vie des

personnes, les déportations d’un pays à un autre, puis les internements en Allemagne, séparant la mère de la fille, l'époux de l’épouse, le fils du père, renouvelant en les aggravant les iniquités de la barbarie antique, la cuisson des cadavres, qui le croirait ? pour en extraire la graisse et l’huile, qui vont ensuite comme produits dans le commerce, d’après le principe que “rien ne doit être perdu”, un mépris enfin si profond des règles les plus élémentaires de la conscience publique, tout cela, qui est monstrueux, n’a soulevé dans toute la Germanie aucune objection. Elle s’étonne même, et voilà l'incroyable, tellement l’orgueil aveugle, que les autres peuples puissent être assez dégénérés pour ne Pas reconnaître toute la magnificence de l’hégémonie teutonne, qui ne rêve l’asservissement du monde que pour le bienêtre du genre humain.

Eh ! oui, les Allemands de Guillaume II, hallucinés par leur rêve, ne voulaient rien moins que régénérer le monde—le profes-

seur Oswald, en 1914, disait ‘‘organiser”— après l'avoir conquis. “Nous sommes intellectuellement et moralement supérieurs aux autres peuples sans comparaison aucune... Il en est de même de nos organisations et de nos institutions, qui ne peuvent se comparer Aux institutions équivalentes des autres Fays -.. Notre armée est pour ainsi dire une image réduite de l'intelligence et de la moralité du peuple allemand.... Nous n'avons à nous exeuser de rien, nous faisons du bien à tous....” Voilà ce que pensait et écrivait, il y a deux ans, un Allemand cultivé, M. Adolf Lasson, conseiller privé, professeur célèbre de l'Université de Berlin. Et si les Belges, les Français, les Anglais, les Russes, les Américains pensent autrement, voilà ce qui le confond, lui, et tous ses compatriotes bienfaisants.

Il faut voir le mépris que les officiers, les professeurs et les fonctionnaires allemands témoignaient à ces pauvres Alsaciens-Lorrains, pékins qui ne pouvaient

ressentir l’honneur et l'orgueil d’être allemands.

“Ils n’ont commis qu’une erreur, écrivait dans Le Temps, en mars 1916, M.

Edmond Perrier: c’est de ne pas tenir compte des qualités des autres, ou plutôt de leur nature ; d'imaginer que des Français, des Anglais, des Russes, des Italiens, obéiraient à leurs hobereaux avec la même docilité qu'ils le font euxmêmes, et de s’admirer à ce point de croire qu’ils inspireraient, partout où ils ne règneraient pas par la terreur, une vénération sans bornes pour leur supériorité. Naïvement, ils se sont pris pour des demi-dieux ; et il faut bien reconnaître qu’ils ont trouvé effectivement des neutres Pour se prosterner devant eux.”

Avouons encore que notre ci-devant €ngouement pour les méthodes et tout ce que nous prenions pour l’originalité merveilleuse du génie allemand, sans le vouloir et saus le savoir, n’a pas peu contribué à la

consécration de cet orgueil, qui est devenu le malheur du monde.

Quoi qu’il en soit, où en sont-ils aujourd'hui avec leurs espérances et leur jactance des premiers jours de la guerre ?

Ils avaient calculé que quelques mois leur suffraient pour réduire leurs ennemis ; ils n’était pas possible qu’une armée telle que la leur, si forte, si bien outillée, si admirablement ravitaillée, fût vaincue. Et cependant les revers qu’ils ont éprouvés ne les ont pas rendus plus civilisés, déclarait M. l'abbé de Poncheville lors de sa dernière visite en notre pays. Leurs brutalités sont aussi révoltantes à l’heure actuelle qu’il y a deux ans. Et, après avoir cité plusieurs faits à l'appui, il ajoutait : “c’est le retour à la barbarie”, la violation impudente, atroce, implacable, dironsnous, de tous les droits des nations et des individus.

Voici,telle que rapportée par M. André Beaunier dans L'Echo de Paris, la réponse même que faisait un officier teuton à

M. Noel, sénateur et maire de Noyon, qui se plaignait des atrocités commises par les Allemands lorsqu'ils occupaient cette ville:

“Ce n’est pas seulement à l’armée franaise que nous faisons la guerre, mais aux civils, à la France tout entière, aux femmes, aux enfants comme aux hommes.

Rien de ce qui pourra être fait dans le but de vous appauvrir, de vous ruiner, si c’est possible, ne pourra être reproché à notre armée.”

“Toutes les guerres, écrivait à ce propos un de nos journaux, le 28 juin 1915, ont vu des cas isolés ou particuliers de crimes et d’horreurs, où la bête humaine, excitée par le feu et le sang—le feu et le sang de la guerre, le feu et le sang de sa mauvaise nature—s’abandonnait, en passant, à ses monstrueux instincts. Mais, quoi qu’en puissent dire ceux qui se donnent, même chez nous, le rôle d’excuser l’Allemagne, en voulant faire croire que d’autres nations, de celles pour lesquelles nous combattons actuellement, l'ont égalée en

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barbarie, il est certain--et la preuve en est suffisamment faite—que jamais, depuis les grandes invasions des barbares, aucune guerre n’a été délibérément, systématiquement aussi sauvage, aussi violatrice de toutes les lois de la civilisation, de tous les droits humains, que celle où s’est ruée l'Allemagne, au mois d'août 1914.

“Dans les autres guerres, des crimes étaient commis, ils n'étaient pas COM mandés par l’autorité supérieure et même souveraine; ils n’entraient pas comme Partie intégrante dans la stratégie de toute une armée, dans la politique de tout un peuple; on rougissait, lorsqu'ils avaient été commis, on nes’en glorifiait pas, On n'avait pas une philosophie toute prête pour les justifier.

“Ce qu'il y a de nouveau et de monstrueux dans la présente guerre, c'est que tous les crimes commis par l’armée ellemême, ont été voulus, préparés, froidement décidés; ils sont les atroces çonclusions pratiques d’une morale publique que

les générations de l’Allemagne contemporaine ont apprise de leurs philosophes et de leurs professeurs.”

À noter que les Allemands avaient s0lennellement adhéré à la convention internationale du 18 octobre 1907, à la Haye, aux règles que devait respecter, dans l’éventualité d’une guerre, l’autorité militaire occupant le territoire d’un Etat envahi, et cela dans les intérêts de l’humanité et les exigences croissantes de la civilisation.

L’assassinat de l’archiduc François- Ferdinand n’a pas été la cause de la guerre. Ce malheureux et regrettable attentat et les demandes inacceptables de l’Autriche-Hongrie, qui, dans toute cette guerre, a joué le rôle de dupe en attendant d’être la victime de l'Allemagne, n’ont eté, en réalité, que le prétexte dont celle-ci s’est servie pour arriver à ses fins. La vraie

‘Cause du conflit actuel a étél’antagonisme profond qui ‘existe entre l'idéal latin et F das :

l'idéal germanique, entre la civilisation latine et la culture teutonne destinée à la remplacer, et un des motifs déterminants a assurément été la jalousie que l’Allemagne ressentait de voir le rayonnement intellectuel que la France ne cessait d’exercer sur le monde, et qui, au moment même de la guère, semblait briller d'un plus vif éclat. C’est aussi pourquoi, par jalousie, par haine sauvage des trésors artistiques qui embellissaient le territoire français, que les Allemands, dans les villes et les villages évacués, partout, ont tout pillé, saccagé et détruit, églises, maisons, fermes, monuments et souvenirs historiques. Le bombardement de la cathédrale de Rheims n’a pas été un événement isolé de la culture des boches. Bien d’autrès monuments ont été détruits et brûlés.

Ils ont dépensé plus de cent mille marks pour détruire le vieux château de Ham, et cela pour le seul plaisir d’abolir les vestiges de l’art architectural. Ce château n’avait aucune valeur militaire, mais était

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peut-être la plus grande merveille archéologique du moyen-âge: Cette ruine historique, ainsi que cet autre château féodal de Coucy, également détruit, étaient uniques au monde, et dépassaient en beauté et en grandeur les plus célèbres burgs des rives du Rhin.

“La raison pour laquelle l'Angleterre, la France et le Canada se battent, disait M.

Jules Bois dans une de ses conférences ici l'hiver dernier, est une raison supérieure:

la défense d’un idéal qui fait le fond même de ia culture latine et que les résultats de la culture allemande ont mis d'autant plus en relief. C’est, en résumé, la lutte de deux esprits, celle aussi du droit opprimé contre la force brutale.”

“On a connu dans le passé des pays vaincus, disait M. Viviani, dans son discours prononcé au parlement canadien, à Ottawa, le 19 de mai; mais, à cette époque, c'étaient des armées en présence, tout se liquidait dans un traité de paix; ce n’était pas deux idées, ce n’était pas deux âmes,

ce n’était pas deux consciences différentes qui s’affrontaient. A l'heure actuelle, je vous l'ai dit déjà, l’enjeu de la bataille, ce n’est pas une corquête matérielle, ce n’est pas une conquête territoriale; c’est plus que cela, l’enjeu de la bataille, c’est la liberté du monde.”

“Nous sommes en guer:, avait également déclaré M. Balfour ‘ans son grand discours prononcé à Edimbourg, nous sommes en guerre pour venger la sainteté des obligations consenties par traité et de ce qu’on appelle le droit public en Europe,.

pour protéger les petites nationalités, et pour combattre, dans ce que nous jugeons être l'intérêt, non seulement de notre propre empire, mais encore de toute la civilisation, les prétentions arrogantes d’une puissance isolée qui prétend régir les destinées de l’Europe.”

“Et je combat avec vous, avec des milliers de mes anciens compagnons d’armes de la guerre des Boers, déclarait le général Smuts, du Sud africain, parlant à Lon-

dres, à la célébratjon de l’Empire Day, au mois de mai dernier. Pourquoi ces hommes sont-ils entrés en guerre ?....Je crois que ce n’est pas pour l’Empire britannique. C’est parce qu’ils sentent, comme vous tous, que les forces les pius grandes, les plus précieuses de l'humanité, sont en jeu.

“De deux choses l’une: soit que nous subissions dans l’avenir le militarisme prussien ou que nous restions libres. Ce n’est pas la bataille des Iles Britanniques ou de l'Empire anglais. C’est la bataille de l'humanité. Et lorsque l’heure de la victoire aura sonné, j'espère que nous serons tous h-ureux d'apprendre que nous avons tous combattu pour la paix finale universelle,et que pendant des siècles à venir,on n’entendra plus parler de guerres sur cette terre.”

C’est aussi notre position, à nous, Canadiens. Nous ne tenons pas plus que les autres neuples libres à tomber sous la

botte du militarisme prussien. Voilà l’objectif de nos sacrifices.

L’orgueil fou de cette nation demeu-

rera la plus dangereuse menace pour le

repos du monde, aussi longtemps qu’on ne l’aura pas mise hors d’état de nuire, car si le militarisme allemand n’est pas détruit, tout l’effort des générations futures se portera de nouveau vers les armements, comme le déclarait M. Roditcheff, le gouverneur général de la Finlande, au cours d’une séance extraordinaire de la Douma, le 12 du mois de mars 1917, et que l’écrivait le docteur Walter Rathenau, le 28 juin suivant, dans le Lokal Anzeiger, journal de Berlin! (1)

(1). “Nous avons commencé la guerre un an trop tôt. Quand nous serons assurés d’une paix allemande. nous devrons commencer immédiatement

une réorganisation sur une base plus large et plus s0lide que précédemment. Les établissements qui fabriquent es produits bruts nécessaires à l’armée doivent non seulement or à travailler, mais aussi faire preuve d’une plus de énergie.

“Ils formeront ainsi une Allemagne économique en se préparant économiquement à la nouvelle guerre.

L'ambition incommensurable de cette nation, si elle n’est pas réfrénée de façon à ne plus jamais inspirer de craintes, demeurera, non seulement la plus dange-

Nous devons établir avec soin des calculs basés sur les leçons de cette guerre, en établissant ce qui manque à notre pays en produits bruts ou en matières brutes et constituer d'immenses réserves qui resteront non employées jusqu’à un certain jour dans l'avenir.

“Nous devons organiser une mobilisation industrielle aussi complète que la mobilisation militaire que nous pussédions. Chaque technicien ou demitechnicien, porté ou non sur la liste des mobilisés, doit être muni de l'autorité officielle suffisante pour se charger de diriger un établissement désigné, le deuxième jour qui suivra une nouvelle déclaration eva Chaque établissement fabriquant des produits commerciaux doit être également mobilisé et averti officiellement que le troisième jour après la déclaration de guerre, tous ses services doivent être consacrés entièrement à servir les demandes de l’armée.”

Avant d’avoir terminé cette guerre, les Teutons en préparent une autre! Voilà l'avenir ‘“pacifique” que réserverait au monde une victoire allemande.

l t à une paix prématurée, voici ce qu’en disait Mgr Landrieux, évêque de Dijon, dans sa cathédrale, le 17 juin dernier, sur “ les devoirs de l’heure présente ” :

“La paix que l’on ferait aujourd’hui elle ne serait qu'un répit pour l'Allemagne ; elle ne profiterait qu'aux Allemands ; elle sauverait l'Allemagne.

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