DONNÉES SYMPTOMATIQUES
lés delà IhérapeiUiquc, une condilion parLiciilière qui mérite d'être mieux connue. Entre autres exemples à l'appui de ces assertions, je puis vous citer celui d'une dame américaine qui me fut adressée au mois de novembre 1879 par mon distingué collègue le professeur Wyss (de Zurich). Chez cette dame les lésions tuberculeuses, quoique bilatérales, étaient circonscrites; il n'y avait pas d'amaigrissement consomptif, pas d'accidents laryngés ni intestinaux, pas de fièvre quotidienne, bref, la maladie se présentait avec les caractères d'une simplicité rassurante. Mais combien cette appréciation devenait différente lorsqu'on substituait à la maladie la notion de la malade : fatiguée par des accouchements et des allaitements rapprochés, tourmentée par des chagrins de famille, cette dame était, depuis le début des accidents pulmonaires, en proie à une surexcitation nerveuse qui se traduisait surtout par des insomnies opiniâtres, des palpitations fréquentes, une accélération constante du pouls sans élévation de la température, et une irritabilité gastrique qui allait bien souvent jusqu'à l'intolérance absolue des aliments. Les médications les plus rationnelles avaient été impuissantes à modifier cet état, parfois même il avait été aggravé par les médicaments qui semblaient le mieux appropriés; le lait, que je conseillai d'abord, eut pour effet une diminution notable de l'excitabilité de l'estomac; mais les autres symptômes d'éréthisme persistèrent au même degré, s'opposant à toute tentative de traitement dirigé contre la maladie. Contrairement à mes conseils, celte dame alla passer l'hiver dans l'une des stations de la Riviera ; les phénomènes nerveux y prirent une
nouvelle intensité, l'intolérance devint absolue pour les médicaments et pour la plupart des aliments, sauf le lait, un amaigrissement rapide survint; sur ce terrain dépourvu de résistance, les lésions pulmonaires firent des progrès, la fièvre s'alluma, et lorsqu'au mois de mars suivant j'eus des nouvelles de cette personne, je dus reconnaître qu'elle était à tous égards dans un état beaucoup plus grave que lorsque je l'avais vue à Paris. Cependant l'éréthisme persiste, et les choses iront sans doute ainsi jusqu'à la consomption finale. Voilà donc une malade dont la tuberculose jugée en elle-même ne présentait aucun caractère particulièrement et immédiatement redoutable, chez laquelle l'excitabilité névrovasculaire a produit la totalité de ses effets nuisibles, fièvre, usure constitulionnelle, impossibilité de traitement, et qui a dù à cette modalité de son organisme une aggravation absolue de son état.
La situation créée par l'éréthisme nerveux n'est pas toujours aussi désespérante, je m'empresse de vous le dire, mais il y a là dans tous les cas un élément important d'appréciation au point de vue de la curabilité et du traitement ; il ne doit jamais être négligé.
J'ai précédemment examiné l'influence variable des formations caverneuses sur le processus curateur ; je n'ai rien à ajouter sur ce sujet, je le mentionne ici simplement pour vous rappeler que c'est un des éléments importants du jugement dont nous étudions les bases en ce moment.
Telles sont. Messieurs, dans le domaine des causes, des lésions et des symptômes, les conditions qui sont de nature à influer en bien ou en mal sur la curabilité
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de la phlhisie pulmonaire. Certes, toutes ces données on t leur valeur, et elle est grande, le soin que j'ai mis à vous les faire connaUre vous en est une preuve suffisante; pourtant elles n'occupent à vrai dire que le second rang dans cette appréciation si délicate des chances ou des possibilités de la guérison, absolue ou relative ; car elles sont toutes primées, de la première à la dernière, par deux autres considérations qui sont les éléments fondamentaux de ce problème vital, que chaque phthisiquc présente à la sagacité du médecin. Ces deux éléments dominateurs, ai-je besoin de vous le redire après l'exposé de principes que j'ai formulé devant vous, sont, en première ligne, l'état général du malade, en second lieu, les congestions et les inflammations