‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 14 sur 89 · DONNÉES SYMPTOMATIQUES · texte numérisé non relu

DONNÉES SYMPTOMATIQUES

vraimenl consomptif qui excliU toute idée de curabilitc. En toute condition, le premier indice d'une évolution temporairement ou défmitivemenl favorable est la cessation de l'amaigrissement, et l'augmentation de poids du malade.

L'élément de jugement fourni par le symptôme (ièvre n'est pas moins absolu. Dans les formes lentes la précocité, dans les formes pneumoniques la durée de la fièvre, voilà ce qui domine la situation; tant qu'il y a de la fièvre, pas d'amélioration possible, aussi le médecin n'a-t-il pas d'obligation plus impérieuse que celle de combattre sans relâche ce phénomène, encore bien qu'il soit purement symptomatique. On a souvent critiqué les dénominations antagonistes de phthisie active oufloride et de phthisie passive ou torpide;cescritiques, je dois le dire, ne me semblent pas justifiées, car si l'on entend, comme je le fais moi-même, par phthisie iloride une phthisie ordinairement fébrile chez un malade excitable, et par phthisie torpide une phthisie ordinairement apyrétique chez un malade sans excitabilité anormale, je déclare sans hésitation qu'il n'y a pas dans toute l'histoire clinique de la maladie une division plus légitime, et en même temps plus fructueuse au point de vue du pronostic et du traitement. Je la maintiens donc fermement dans le sens précis que je viens de définir.

Avec une importance moindre que la fièvre, mais pourtant bien réelle, une autre particularité symptomatique, directement issue de l'individualité du malade, doit encore être prise en sérieuse considération au point de vue qui nous occupe, c'est-à-dire dans la détermina-

60 DES CONDITIONS QUI INFLUENT SUR LA CURAniLITÉ.

tien des chances de curabililé, je veux parler de l'élat d'excitabilité névro-vasculaire qui est gcnéralcmenl désigné sous le nom d'érélhismc; souvent cet étal se manifeste presque exclusivement par de l'excitabilité cardiaque, et les palpitations plus ou moins fréquentes qui en sont la conséquence; dans d'autres cas c'est une excitabilité nerveuse générale sans détermination viscérale prépondérante; mais qu'il s'agisse de l'une ou de l'autre variété, peu importe, cette modalité organique individuelle va directement à l'encontre des chances de curabilité, et cela pour des raisons de divers ordres. Tantôt elle provoque ou entretient des phénomènes qui sont graves par eux-mêmes, notamment la fièvre et les hémoptysies ; tantôt elle ajoute, par une dépense sans profit, à l'usure constitutionnelle inhérente à la maladie; tantôt enfin, elle contraint le médecin à renoncer à certains moyens thérapeutiques qui ne peuvent être utilement suppléés, les stations élevées par exemple, et dans l'ordre médicamenteux les préparations hydrocarbonées. Tant que cet état d'éréthisme persiste, le traitement se heurte à des difficultés sans cesse renaissantes, et trop souvent on est obligé d'abandonner les indications fondamentales issues de la maladie, pour s'occuper exclusivement de combattre et de dompter s'il est possible cette excitabilité rebelle qui constitue dans l'espèce une véritable complication. Avec un état général encore satisfaisant, avec des lésions circonscrites et stationnaires,la situation du malade peut prendre de ce fait une gravité incompatible avec la seule idée d'amélioration.

Il y a là, au point de vue du pronostic et des difiicul-

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