INDICATIONS CAUSALES
rile ou réfractaire, voilà le bal, voilà la lâche du traitement prophylactique.
A cette indication causale fondamenlale fournie par l'état général de l'individu, se joint une indication particulière non moins importante, tirée du rapport empiriquement démontré entre l'inertie des poumons et la genèse du tubercule. L'affinité de ce produit pour les organes à fonctionnement incomplet est un fait d'une certitude absolue, et la prédilection qu'il montre pour les sommets des poumons n'a pas d'autre cause que l'insuffisance fonctionnelle relative de ces parties ; cette différence d'activité entre les sommets et les autres régions de l'appareil pulmonaire est constante, elle est normale, elle est physiologique; mais tandis que chez les individus parfaitement sains cette différence ne s'abaisse pas au-dessous du degré compatible avec l'intégrité du tissu, elle dépasse ces limites chez les individus affectés delà débilité constitutionnelle suspecte, car elle en est un élément parallèle. Chez ces sujets en effet les poumons dans leur totalité, comme tous les autres organes, ont un fonctionnement sous-normal, et cette diminution d'activité est d'autant plus prononcée que la débilité générale est elle-même plus accusée; or, comme les sommets gardent toujours leur infériorité naturelle, ils arrivent en fin de compte à un état d'inactivité plus ou moins absolue, qui est une condition éminemment favorable aux formations tuberculeuses ; de là ma proposition de tantôt concernant l'indication également fondamentale tirée de l'inertie des poumons.
Par cela même que cette inertie est un élément constant et proportionnel de l'hypotrophie, il est
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clair qu'elle diminue, elle aussi, lorsque l'état général est amélioré, et que par suite cette indication particulière est indirectement obéie dans une certaine mesure par le traitement institué en vue de l'état constitutionnel; mais il n'e:t pas toujours sage de se contenter de cette action par voie détournée ; bien souvent la prudence exige que cette indication si importante soit directement remplie par les moyens spéciaux, qui ont pour effet de porter et de maintenir au maximum l'activité i'onctionnelle des poumons.
Telles sont les indications fondamentales constantes et uniformes du traitement prophylactique; ce sont en somme deux indications causales : l'une est tirée de l'état général d'hypotrophie ; l'autre du mode fonctionnel des poumons, notamment dans leurs parties supérieures; des indications contingentes pourront s'ajouter à celles-là par le fait d'états diathésiques individuels ou de famille, mais partout et toujours les deux indications causales dominent la situation.
Si nous laissons de côté pour le moment la question relative à l'inertie pulmonaire, question que nous étudierons bientôt en détail, nous pourrons nous faire une idée nette et précise de la tâche qui incombe au traitement préventif; c'est une transformation constitutionnelle qu'il s'agit d'accomplir. C'est assez vous dire, Messieurs, que cette prophylaxie embrasse toute l'éducation physique, et qu'elle fait appel à l'hygiène au moins autant, si ce n'est plus, qu'aux agents pharmaceutiques.
Or, sur ce terrain les médecins sont encore aujourd'hui partagés en deux camps :lesuns veulent arriver au but en soustrayant les individus prédisposés à toutes