‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 24 sur 89 · INDICATIONS CAUSALES · texte numérisé non relu

INDICATIONS CAUSALES

les influences extérieures qui peuvent favoriser le développement du mal; craignant à bon droit les bronchites et leurs suites, ils se préoccupent avant tout d'en éloigner l'occasion au moyen d'un confinement sévère, et de précautions minutieuses contre tout refroidissement; — les autres, à l'exemple de Graves, porlant plus loin et plus juste leurs vues, veulent qu'on procède par endurcissement, et qu'on mette la constitution en état de résister aux impressions morbigènes, et de triompher facilement des indispositions et des maladies provoquées par le froid.

La première méthode éloigne les agressions nocives, la seconde met en état de les braver; la première protège, la seconde aguerrit: méthode de protection, méthode d'endurcissement voilà les deux tendances, elles sont inconciliables.

Pour moi, la supériorité de la méthode d'endurcissement est d'une incontestable évidence, rétléchissez un instant, vous en saisirez la raison : les moyens de cette méthode sont ceux-là même qui en toute condition sont le plus aptes à fortifier la constitution, en assurant l'intégrité de la nutrition générale et locale; donc par le but qu'elle poursuit, par les procédés qu'elle est obligée de mettre en œuvre pouratteindre ce but, cette méthode répond directement à l'indication causale issue de l'hypotrophie constitutionnelle. L'autre méthode au contraire, la méthode de protection, si elle est fidèlement appliquée, comment procède-t-elle? par l'accumulation de toutes les précautions imaginables contre l'action de l'air, contre les chances accidentelles de refroidissement, par le confinement permanent au moins durant la saison

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froide, par la suppression des exercices corporels, par le maintien d'une température aussi uniforme que possible, laquelle devient, bientôt par accoutumance une impérieuse obligation que l'on ne peut négliger sans péril; voilà ses moyens. Par là, elle arrive fatalement à l'étiolement de l'individu, elle lui enlève toute capacité de résistance auximpressions nocives; par là, elle engendre, bien loin de la combattre, la débilité constitutionnelle, et elle peut ainsi créer de toutes pièces, en dehors de toute prédisposition antérieure, l'état d'opportunité pour le développement de la phthisie. L'observation de la tuberculose chez les animaux confinés démonire au delà du nécessaire la vérité de mes assertions. Celte prétendue protection, qui est un étiolement provoqué, va donc à rencontre de l'indication dominante; dès le début de ma pratique, j'ai repoussé de toutes mes forces cette méthode décevante, et j'estime qu'elle doit être condamnée et abandonnée sans réserve.

La prophylaxie basée sur la méthode de l'endurcissement, dont j'ai affirmé la supériorité dès 1862, possède d'un point de vue théorique une efficacité quasi illimitée ; nombreux en revanche sont les mécomptes de la réalité pratique, mais ces mécomptes tiennent à deux circonstances qui sont totalement indépendantes de la puissance intrinsèque du traitement. D'une part, l'intervention médicale est le plus souvent trop tardive; soit que la négligence provienne du malade ou de la famille, soit que le médecin, mal éclairé sur la valeur des signes présomptifs de la tuberculose, se croie autorisé à l'inaction, du moment qu'il constate l'absence de toute lésion actuelle, peu importe la cause ; ce qui est certain,

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