‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 28 sur 89 · MÉDICATIONS · texte numérisé non relu

MÉDICATIONS

médication lemigineuse, mais j'ai recours au lartraLc ferrico-potassique qui, je puis vous l'affirmer après de nombreuses observations, présente à un beaucoup moindre degré l'inconvénient en question.

Ce sel comporte très bien la forme pilulaire, je fais préparer des pilules contenant chacune 10 centigrammes de tartrate, et je les donne en même nombre que celles d'iodure de fer. Dans les moments où je laisse de côté le vin de quinquina, je fais ajouter au sel de fer une égale quantité d'extrait mou de quinquina, et de cette manière le malade en prend facilement chaque jour de quarante centigrammes à un gramme.

Lorsque l'anémie globulaire est amendée, ou bien lorsque cet élément morbigène spécial n'existe pas, et que néanmoins une nutrition languissante indique l'opportunité d'un agent capable d'en activer les opérations, j'institue la médication arsenicale au moyen des granules d'acide arsénieux d'un milligramme; je les fais prendre au commencement de chacun des deux principaux repas; je commence avec deux par jour, et augmentant la dose quotidienne de deux granules chaque semaine, j'arrive ainsi graduellement à six, huit, dix granules, m'arrêtant dans l'accroissement des doses aux premiers phénomènes d'intolérance. Je maintiens le médicament à la dose maximum tolérée jusqu'à ce que l'amélioration du processus nutritif me soit démontrée par une augmentation notable du poids du corps; deux à trois mois suffisent en général pour obtenir ce résultat. Je diminue alors de semaine en semaine la dose du remède, et je le supprime. Après un intervalle de six semaines à deux mois, on peut revenir à la médication en i l océdant avec

Ul) TliAlTEMKNT PROPHYLACTIQUE.

les mômes ménagemenLs que la première fois. Je vous parlerai plus longuement des efîels et des symptômes d'intolérauce de l'arsenic lorsque nous étudierons le traitement de la phthisie confirmée, dans lequel il occupe une place encore plus importante; j'ajouterai seulemeni ici que ce médicament ne répond pas seulement à l'indication fondamentale tirée de l'hypotrophie, et qu'il est en outre très utile pour combattre Texcitabilité névro-vasculaire qui existe bien souvent dès la période de prophylaxie.

L'huile de foie de morue est un agent indispensable du traitement préventif chez tous les individus entachés de scrofule ; pour eux le moyen le plus sûr de les mettre à l'abri de la tuberculose, c'est de les guérir de la maladie scrofuleuse; et l'huile de foie de morue administrée à doses suffisantes et avec persévérance est sans contredit le remède le plus efficace; on peut l'associer utilement au quinquina et aux ferrugineux, lorsque l'anémie globulaire révèle l'opportunité de ces derniers. Dansées circonstances, si le malade n'habite pas une résidence de montagne, il convient d'utiliser la belle saison par un séjour au bord de la mer, durant lequel on pourra employer soit les bains de mer, soit l'hydrothérapie à l'eau de mer, selon les indications de chaque cas particulier.

Ce n'est pas tout; et même en l'absence de toute manifestation scrofuleuse je vous recommande l'usage de l'huile de foie de morue chez tous les individus qui ont été atteints de coqueluche, de rougeole, ou de toute autre maladie capable de laisser à sa suite un engorgement ganglionnaire viscéral ou périphérique ; je vous ai dit le danger spécial auquel exposent ces reliquats,

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il est urgent d'en délivrer l'organisme, et la médication que je vous conseille, aidée de l'ensemble des moyens hygiéniques, est le meilleur moyen d'atteindre le but. Lorsque les foyers sont accessibles aux révulsifs, applications de teinture d'iode, vésicatoires répétés, il faut les employer avec insistance; rien ne doit être négligé de ce qui peut, dans une mesure quelconque, aider au résultat cherché. De même, en cas d'insuccès ou d'intolérance de l'huile de morue, vous ne manquerez pas de recourir aux préparations iodées ou iodurées, qui ont bien souvent une action puissante sur la résolution des tumeurs ganglionnaires, inflammatoires ou scrofuleuses. Les bains sulfureux seront encore un adjuvant utile de ce traitement.

Un autre état pathologique peut, dans quelques cas rares, modifier la médication prophylactique; je vous le signale d'autant plus volontiers qu'il est très communément négligé : cet état, c'est la phosphaturie. Dans les circonstances qui nous occupent, il faut la soupçonner lorsqu'un individu jeune soumis à un traitement pi^éventif bien dirigé, ne prend pas de forces, et continue à maigrir ; le soupçon, une fois conçu, est bientôt vérifié par l'examen réitéré de l'urine, et s'il démontre une phosphaturie persistante, il faut sans délai combattre ce phénomène, dont la prolongation est par elle seule une cause efficace de tuberculose ; si l'huile de foie de morue et l'arsenic n'ont pas encore été administrés, on pourra y recourir tout d'abord, en raison de la propriété que possèdent ces agents de ralentir la désassimilation'; dans le cas où ces moyens sont insuffisants,- on aura recours au café, à la noix vomi que, qui exercent sur le

"•2 TnAITEMENT PKOPHYLACTIUL li.

processus nulritiC une action analogue; lorsque lapliospliaturie est accompagnée de polyui'ie, on restreindra cette dernière par l'usage des préparations de valériane, notamment de l'extrait, qui peut être commodément donné sous forme pilulaire. Tandis qu'on s'efforcera ainsi de diminuer le travail de dénutrition, on aura soin de restituer à l'organisme les matériaux pliosphaliques dont il est incessamment spolié, en administrant le phosphate de chaux; pour simplifier une médication dont la complexité est une véritable difficulté de pratique, on pourra utiliser le procédé dont je vous parlerai bientôt à propos de la phthisie confirmée, et faire prendre chaque jour au malade un litre de lait provenant d'une vache soumise à une ingestion quotidienne de phosphates, soixante à quatre-vingts grammes par exemple. Dans celte forme spéciale de phosphaturie prémonitoire dont il s'agit en ce moment, je considère le traitement par les phosphates comme le plus utile, il est en tout cas la partie fondamentale de la médication.

•Vous voyez, Messieurs, que dans ces circonstances définies le médecin peut être amené à faire intervenir comme agent prophylactique un remède qui ne trouve ordinairement son indication que dans les périodes plus avancées delà maladie. De même, il y aura souvent opportunité à compléter le traitement préventif par l'emploi des eaux minérales; c'est l'anémie, c'est la scrofule qui fournissent le plus ordinairement cette indication ; je ne fais que vous la signaler maintenant, nous la retrouverons lorsque nous étudierons dans son ensemble l'application des eaux minérales au traitement de la phthisie.

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