DES FERRUGINEUX
lait peut difficilement être pris selon les règles que j'ai formulées; d'un autre côté, il amène assez rapidement des troubles, ou à tout le moins, de la fatigue dans les organes digestifs; et comme la résidence à la ville rend par elle-même les symptômes dyspeptiques plus certains et plus précoces, il y atout avantage à donnerlekoumys; car il a des effets qui par bien des points sont semblables à ceux du lait, il a son influence stimulante spéciale qui n'est point à dédaigner pour les patients des villes, et par son action excitante sur les fonctions digestives, il peut retarder de beaucoup le développement de lapériode dyspeptique grave. Je vous rappelle, en vous demandant pardon d'une insistance qui est basée sur une certitude absolue, qu'à ce point de vue comme à tous les autres, rien ne vaut le séjour à la montagne, et l'observation complète de l'hygiène que je vous ai exposée.
Tel est, Messieurs, le traitement hygiénique de la tuberculose confirmée et apyrétique, j'ai maintenant à vous parler des médicaments qui répondent à notre indication fondamentale, l'insuffisance nutritive ou la débilité constitutionnelle. Ils diffèrent peu, ainsi que vous l'allez voir, de ceux que nous avons déjà étudiés comme agents du traitement prophylactique.
L'apparition des premières lésions pulmonaires n'est point, à mes yeux, une raison de renoncer à l'usage des ferrugineux, si l'anémie globulaire est réellement présente. Je ne vois à cette médication qu'une seule contreindication, mais elle est absolue: c'est le fait d'hémoptysies antérieures, ou bienencore cette constitution particulière dont je vous ai parlé déjà, et qui doit inspirer la crainte d'hémoptysies prochaines. Ces malades, je l'ai
ici TUAITEMENT DE LA PHTHISIE COMMUNE.
dit ailleurs, sont impressionnables, ils ont la peau fine et diaphane, les veines délicates et apparentes; chez eux l'appareil cardio-vasculaire est dans un état permanent d'excitation qu'exagère la moindre influence, et ils sont sujets à des fluxions sanguines subites et répétées vers la tête; dans ce cas le fer peut, en animant l'excitabilité cardiaque, faciliter la fluxion bronchique et hâterl'hémorrhagie. Je n'ignore pas que d'éminents médecins ont condamné l'usage du fer chez tout individu atteint ou même suspecté de phthisie, en invoquant précisément le danger des hémoptysies ; mais cette proscription est certainement trop absolue, et le rapport de cause à effet qu'elle affirme entre la médication ferrugineuse et l'hémoptysie n'est point suffisamment établi. Pour moi, je vous le dis encore, je ne m'arrête que devant la contre-indication que je vous ai signalée; je donne le fer à tous les malades à hypoglobulie marquée, et je n'ai pas encore vu un seul fait qui m'ait mis en défiance contre l'opportunité de cette pratique. Chez les scrofuleux je donne de préférence l'iodure de fer; en dehors de ce cas, je me sers autant que possible des préparations ferrugineuses liquides, la teinture éthérée de perchlorure de fer ou teinture de Beslucheff à la dose de 5 à 20 gouttes dans un verre d'eau sucrée; — la teinture de mars tartarisée à la dose quotidienne de 10 à 20 grammes; le perchlorure de fer à la dose de 20 à 30 gouttes par jour en deux fois dans un demi-verre d'eau, etc. ; ou bien encore je fais préparer avec un sel de fer soluble un élixir à base de cognac ou de rhum, dont je fais prendre à la fin de chaque repas la moitié d'un verre à liqueur ou un verre entier, combinant ainsi sous une forme médi-