DE L'ARSENIC
depuis longtemps par l'observalion clinique, a été expérimentalement démontré par Unterberger, qui a toujours constaté chez les animaux soumis à l'ingestion de l'acide arsénieux, l'abaissement de la pression du sang et la diminution de la fréquence du pouls. Pour ces motifs, je persiste à considérer comme constante l'indication de cet agent dans la phthisie commune, je l'ai déjà présentée ainsi dans mes travaux antérieurs, et une expérience encore plusvariéeet plus étendue n'a fait que me confirmer dans cette conclusion qui est la règle de ma pratique.
L'association de l'arsenic à l'huile de foie de morue ou à la glycérine, aidée du régime de vie que je vous ai exposé, est sans contredit le plus sûr moyen d'obtenir cette restauration organique qui doit être le but des efforts du médecin. Au début et dans les phases initiales de la tuberculose, ce traitement n'est pas seulement sûr, il est infaillible en ce sens qu'après un délai variant de quatre à six semaines, on peut constater dans tous les cas une amélioration positive de l'état général, de l'habitus extérieur, un accroissement de la force et une augmentation pondérale. Lorsque cette médication complexe est prolongéeplusieurs mois, onobserve assez fréquemment, surtout lorsqu'on a employé concurremment les moyens locaux dont il sera bientôt question, une diminution dans l'étendue des lésions pulmonaires, une véritable rétrocession; mais alors même que ce résultat désirable entre tous n'est pas obtenu, ce qui est malheureusement trop fréquent dans les villes, la restauration constitutionnelle n'en est pas moins un inestimable avantage, car elle prévient le développement de lésions nouvelles, et permettant aux malades de vivre avec les lésions déjà eiïectuées,
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elle leur confère le bénéfice d'une guérison relative. Ce bénéfice est temporaire ou définitif, cela dépend des conditions de vie de l'individu.
Ce traitement réussit même à l'hôpital, je ne puis vous donner une meilleure preuve de son efficacité. Bien des fois j'ai eu la satisfaction de voir des malades quitter mes salles après un séjour de trois àquatremois, en possession d'une régénération constitutionnelle qui leur permettait de reprendre sans fatigue leurs occupations et leur vie ordinaires; les lésions étaient bien souvent les mêmes qu'au moment de l'entrée, mais l'organisme avait été mis en état de résister à leur tendance extensive et à leur influence consomptive, et il s'écoulait un an, dix-huit mois, deux ans avant que ces individus fussent obligés de quitter à nouveau leur travail pour venir réclamer des soins; dans deux cas, ce délai, qui mesure la durée de la guérison relative, a môme été de trois années, et encore est-ce à une maladie accidentellement provoquée par un refroidissement, que ces deux individus ont dû la perte de leur état d'immunité. Tels étant les résultats possibles, môme à l'hôpital, vous concevez facilement que cette guérison relative puisse être définitive lorsque le traitement, opérant dans un autre milieu, s'adresse à des malades qui vivent dans des conditions hygiéniques capables d'en augmenter et d'en prolonger les eiïets. C'est alors aussi que l'amélioration de l'état général peut être accompagnée de la diminution ou même de la disparition des lésions locales, ce dont témoignent la circonscription de plus en plus étroite et l'intensité toujours moindre des phénomènes stéthoscopiques anormaux. J'ai déjà vu plusieurs exemples de cette heu-