DU CATARRHE DES SOMMETS
sairement précédé d'une phase, coiirle ou longue, d'irritation congestive; c'est cette hyperhémie qui est l'acte initial, l'acte générateur. Croyez-vous que le catarrhe du sommet soit toujours lié d'emblée, dès son apparition, à la présence de tubercules ? Pas le moins du monde ; il est l'indice d'une luberculisation imminente, et nous devons pour ce motif lui attribuer une signification des plus redoutables ; mais rien ne prouve qu'il soit constamment en rapport, dès son début, avec des productions tuberculeuses déjà réalisées. Certains faits au contraire démontrent nettement la justesse de mon opinion, et que ce catarrhe, à sa période initiale, n'a que la valeur d'un phénomène précurseur. Je vous ai parlé antérieurement de catarrhes de ce genre guéris en quelques semaines par les pratiques aérothérapiques ; une guérison aussi rapide dans ces circonstances n'est-elle pas la preuve que les tubercules étaient encore absents? J'ai observé moi-même un cas qui me paraît avoir à ce point de vue toute la netteté d'une démonstration anatomique.
Il concerne un jeune homme de vingt-trois ans, d'une constitution robuste, dont j'avais à plusieurs reprises constaté la santé irréprochable. Vers la fin de 1877, survinrent delà fatigue, un peu d'amaigrissement, quelques accès de toux, et en février et mars 1878 il y eut à trois reprises de très légères hémoptysies, sans aucun signe sléthoscopique appréciable. Le malade se refusant, malgré mes conseils, à rentrer immédiatement dans son pays, je le soumis à une médication prophylactique, et il fut convenu qu'il viendrait se faire examiner toutes les semaines. Les choses allèrent ainsi jusqu'au commence-
ment de juin, mes investigations réitérées donnant loujour des résultats négatifs; un jour la situation change, et je trouve des signes certains de catarrhe au sommet droit sous forme de craquements secs dans toute la région sus-épineuse ; notez que mon examen de la semaine précédente avait donné comme tous les autres des résultats nuls ; le catarrhe dont je constatais la présence était donc rigoureusement à son début. Sans autre délai, j'impose au malade une résidence. de montagne. Trois mois après, je le revois en Suisse; je l'examine à deux reprises différentes avec le plus grand soin, et je ne retrouve pas vestige de ce catarrhe, d'autant plus redoutable qu'il avait été précédé d'hémoptysies. J'ai revu ce jeune homme un an plus tard, l'intégrité de l'appareil respiratoire subsistait entière.
La signification de ce fait ne peut être douteuse. Grâce à un concours de circonstances malheureusement trop rares, j'ai saisi le catarrhe du sommet au moment même de son éclosion, j'ai opposé à son développement, entre autres moyensde traitement, l'influence de l'altitude, et en moins de trois mois la guérison a. été obtenue; le catarrhe n'était certainement pas lié à des productions tuberculeuses déjà effectuées, il en annonçait l'imminence; c'était, comme cela est le plus souvent au début, un catarrhe phymatogène. Ayant pu intervenir dès les premiers jours, j'ai réussi rapidement et complètement, et les succès de ce genre seraient plus fréquents, si le médecin avait plus souvent l'occasion d'agir aussitôt que j'ai pu le faire, si surtout il n'était pas découragé en pareille occurrence par la théorie erronée, qui considère le catarrhe du sommet comme l'indice d'une