INHALATIONS ET ATMOSPHÈRES ANTISEPTIQUES
pourremplir une ou deiixfois, selon les dimensions delà pièce, le flacon de l'appareil à vapeur. Celle pralique est inulile pour les malades soumis aux inhalalions, mais pour les aulres elle conslitue, sous une forme alténuée, une véritable médication locale, puisque durant toute la nuit la respiration se fait dans un milieu chargé de molécules médicamenteuses. Il est bien rare, d'après ce que j'ai vu, que l'odeur de cette atmosphère impressionne désagréablement le malade; si pourtant vous rencontrez cette difficultéjne renoncez pas à la méthode, mais changez le procédé en employant les pulvérisations de benzoate de soude; ce sel est inodore et ses propriétés antiseptiques ont été bien mises en évidence par Klebs; pourtant il est inférieur pour cet usage particulier à l'acide phénique, parce qu'en raison de leur poids, les molécules salines se précipitent presque aussitôt, au lieu de rester diffuses dansl'airambiant.
Vous le voyez. Messieurs, la phase d'excavation n'est point pour moi le signal de l'inaction thérapeutique; cette période, comme toutes les autres, a ses indications qui doivent être remphes, c'est là, pour nous médecins, une obligation étroite, quel que doive être d'ailleurs le résultat final de ces efforts.
Telles sont les règles générales qui me dirigent dans les diverses phases de la phlhisie pulmonaire, elles représentent dans leur ensemble ce que j'appellerais volontiers, n'était l'apparence prétentieuse dumot, l'idéal de ma thérapeutique; mais trop souvent, aussi bien dans l'apyrexie que dans la fièvre, la poursuite de cet idéal doit êire momenlanément abandonnée, en raison de
divers incidents pathologiques plus ou moins fréquemment liésàl'évolution de la tuberculose. De ces incidents qui sont pour le traitement de la maladie aussi bien que pour le malade de véritables complications, les plus importants sont les désordres gastro-intestinaux et l'hémoptysie. Je vais vous exposer brièvement ma pratique ordinaire en présence de ces épisodes accidentels.
Et d'abord en ce qui concerne les troubles digestifs je puis vous affirmer qu'ils sont relativement très rares chez les malades qui vivent à la campagne dans l'observance rigoureuse des préceptes hygiéniques que j'ai formulés; ces désordres sont au contraire très fréquents chez les tuberculeux des villes, et bien souvent, au grand préjudice des malades, ils enrayent à chaque instantle traitement fondamental. L'anorexie et la dyspepsie GASTRiQU E dans l'une quelconque de ses formes, voilà les phénomènes les plus communs, ils imposent la suppression momentanée des médicaments, et souvent aussi celle du lait; ce premier point réglé, gardez-vous de considérer toujours cet état comme une pure dyspepsie fonctionnelle; si vous êtes sous l'empire de cette idée erronée, vous accumulerez avec une confusion née de l'insuccès, tous les moyens dits eupeptiques,vousfatiguerez le malade, vous lui ferez perdre un temps précieux, et, dans la majorité des cas, vous n'arriverez à rien, pourquoi? parce que dans la majorité des cas aussi cette dyspepsie, prétendue fonctionnelle, n'est que le symptôme d'un catarrhe de l'estomac. Traitez ce catarrhe, traitez cet embarras gastrique et vous réussirez rapidement. Lorsque cet état présente une certaine acuité, et que l'affection tuberculeuse, encore à son dé-