CARACTÈRES DISTINCTIFS
riété qu'il convient de réserverla qualification de phthisie galopante; — dans d'autres cas, l'état aigu cesse à une époque plus ou moins éloignée du début, de six semaines à trois mois en général, et la maladie revêt dès lors toutes les allures de la phthisie chronique; — parfois enfin la pneumonie tue en pleine acuité initiale, dans un délai de quinze à quarante ou soixante jours. Dans toutes ces circonstances, la période initiale peut être marquée par des hémoptysies assez abondantes et assez répétées, pour qu'on puisse admettre une l'orme hémorrhagique.
Par exception, et j'insiste d'autant plus sur ce fait qu'il est moins connu, Vinvasion peut manquer de racuité franche et soudaine qui la distingue d'ordinaire; le début est bien fébrile, mais la fièvre est moins haute d'emblée, l'explosion des accidents est moins totale, le développement en est plus traînant, le malade ne présente pas au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures l'état grave qui caractérise à cette date la pneumonie franche intense, bref, le tableau clinique rappelle bien plutôt la bronchopneumonie vulgaire, et ce diagnostic erroné ne peut être évité dans ces conditions qu'en raison de la disposition unilatérale des lésions. Quelle qu'en doive être en effet la distribution ultérieure, les lésions delà tuberculose pneumonique sont d'abord limitées à un seul côté, et d'après mes observations, le côté droit est plus souvent atteint que le gauche.
Une éventualité plus rare encore, qui n'a pas, que je sache, été signalée, et que je suis certain d'avoir observée au moins deux fois, c'est Vabsence de toute acuité fébrile dans les phases initiales delà maladie. Le début est lent, comme dans la phthisie commune, le malade ne s'olite
JACCOUD. .jS
pas, il n'est point condamné au repos, mais il éprouve du malaise, delà fatigue, des douleurs vagues dansl'un des côtés de la poitrine, parfois un peu de fièvre le soir et la nuit; il se met à tousser, et lorsqu'on vient à l'examiner quelques semaines après l'apparition de ces accidents, on trouve, non pas les signes d'un catarrhe du sommet ou d'une granulose discrète et disséminée, mais les signes d'une infiltration compacte et homogène, d'étendue variable, dans l'un des poumons. C'est la lésion caractéristique de la phlhisie pneumonique lentement et presque silencieusement produite. Ce mode de début chronique d'emblée, qui est tout à fait exceptionnel, ne mctpoint à l'abri des pneumonies et bronchopneumonies aiguës qui sont si fréquentes dans le cours de cette forme de phthisie, le malade est soumis aux mêmes incidents, et cette variété insolite ne diffère vraiment que par l'invasion du type ordinaire de la maladie; il faut connaître ces faits, sinon l'on prendra une phlhisie pneumonique à début chronique pour une phthisie granuleuse ou commune.
Abstraction faite du mode de début, on peut donc, d'après la marche ultérieure de la maladie, distinguer dans la phthisie pneumonique une forme rapide qui par exception peut guérir, et qui, dans les cas mortels, tue avant ou après l'ulcération du poumon; et une /bî^jne lente qui, après une période d'acuité plus ou moins longue, prend une marche chronique par laquelle elle se confond avec la phthisie commune.
L'identité subsiste entière au point de vue thérapeutique ; du moment que la tuberculose pneumonique permet cette phase de chronicité, et que l'acuité initiale