‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 6 sur 89 · PROCESSUS CURATEUR · texte numérisé non relu

PROCESSUS CURATEUR

exceptionnelle, elle n'est pas môme absolument rare; permettez que je vous rappelle à ce sujet l'importante déclaration de Grancher : « Ce qui (en dehors des caractères anatomiques) différencie l'évolution du tubercule de celle du cancer, c'est la tendance naturelle du tubercule à devenir fibreux. » Il s'agit donc ici d'une transformation inhérente à la nature même de la lésion, et non point d'un travail fortuit et irrégulier. En fait, tout tubercule, quelle qu'en soit la forme, est soumis dès sa naissance à deux processus opposés: l'évolution caséeuse au centre, l'évolutiontibreuse à la périphérie. De la prépondérance définitive de l'une ou de l'autre de ces transformations dépend la destinée ultérieure de la néoplasie : elle s'étend et entraîne le tissu de l'organe dans sa destruction propre, si la caséification et le ramollissement l'emportent; elle demeure stationnaire et dépourvue de toute influence nocive sur le tissu qui la renferme, si l'évolution fibreuse est totale, c'est la guérison.

Ce processus curateur n'est point limité aux phases initiales de la tuberculisation; sans doute il est d'autant plus fécond en effets salutaires, d'autant plus apte à assurer le retour ad integrum de l'organe atteint, que la lésion est plus voisine de son début, circonstance qui implique en outre une moindre étendue de l'altération ; mais pourtant, des périodes plus avancées peuvent aussi bénéficier de ce travail réparateur; à toute époque du stade de ramollissement, alors que les parties centrales des foyers sont en plein effondrement régressif, alors que des formations tuberculeuses secondaires ont déjà pris naissance autour de la lésion primordiale, la zone la plus excentrique, la zone dite embryonnaire qui est la

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zone i)hymaLogène par excellence, peut opposer ù l'envahissement du mal la barrière protectrice de la transformation fibreuse; les parties enserrées dans ce cercle défensif peuvent être ultérieurement amendées par un travail de résorption et d'élimination, mais si même elles demeurent au degré préalable d'altération, le danger est conjuré; de par cette limitation, qu'on peut bien appeler pour le coup providentielle, le malade est mis en état de vivre avec ses lésions tuberculeuses réduites à Vimpuissance de niiire, et tant que son état constitutionnel et les incidents pathologiques dont l'appareil respiratoire peut être le siège, laissent cette limitation infranchissable, tant que d'autres productions t\iberculeuses ne se développent pas à distance des foyers annihilés, il est à l'abri des ravages ordinaires de l'affection dont il estatteint, il est guéri; guérisonrelative, je le reconnais, dont la persistance ne peut être assurée que par une sollicitude médicale incessamment en éveil, mais guérison, en revanche, dont l'heureuse possibilité s'étend non seulement aux phases du début de la tuberculose, mais à la totalité du stade de ramollissement.

Ecoutez ce fait que je choisis entre plusieurs autres analogues ; il vous convaincra à la fois delà réaUté et de la solidité de cette guérison relative.

Il ya maintenant huit années, mes éminenls collègues les professeurs Botkin et Rau chfuss (de Saint-Pétersbourg) me faisaient l'honneur de m'adresser un jeune Russe âgé de quinze ans, affecté de tuberculose limitée au poumon droit. D'après la relation des premières phases de la maladie, qui availeu le début brusque et la marche aiguë

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