‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 66 sur 89 · NOUVELLE CLASSIFICATION DES EAUX · texte numérisé non relu

NOUVELLE CLASSIFICATION DES EAUX

vers, les éléments de cette détermination thérapeutique, qu'on ne saurait sans danger prendre à la légère.

Je vous dirai maintenant, autant du moins que le sujet comporte un exposé synthétique, comment je conçois et réalise dans ma pratique l'application de ces principes généraux.

Phthisies primitives. — Il n'y a pas ici de maladie constitutionnelle antécédente fournissant des indications spéciales, et l'action des eaux, supposée aussi complète qu'on peut la désirer, est bornée à leurs effets sur la nutrition générale, et sur les lésions bronchopulmonaires pérituberculeuses; elles n'en ont aucuQ, vous le savez, sur les altérations tuberculeuses elles-mêmes. Nombreuses sont les sources d'où il est permis d'attendre cette double action ; vous rencontrez là des eaux chlorurées sodiques simples ou complexes, des eauxbicarbonatées chlorurées, des sulfatées calciques ou sodiques, des eaux sulfureuses, qui toutes, de la première à la dernière, peuvent être d'une réelle utilité. Pour vous diriger au milieu de ce dédale de richesses minérales, vous devez tenir compte avant tout de l'état réactionnel du malade, c'est-à-dire, pour employer l'expression abréviative ordinaire, du caractère floride ou torpide de sa phthisie, de l'existence ou de l'absence de phases aiguës dans l'évolution antérieure de la maladie; puis, pour être en mesure d'utiliser ces notions tirées du malade, vous devez être éclairés sur V action excitante respective des eaux et des climats des stations.

Par suite, une classification sur cette hase est à mes yeux la seule utile au point de vue de la pratique médicale; elle offensera la chimie, c'est possible, mais il faut

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pourtant bien que le médecin place au premier ran^^- l'élément qui domine, ou du moins qui doit dominer, sa décision thérapeutique. Donc, je divise toutes les eaux applicables au traitement de la phthisie primitive en trois groupes, dans lesquels je tiens compte et de l'aclion des eaux elles-mêmes et de celle du climat, plus spécialement de l'altitude; une expérience déjà ancienne n'a cessé de me prouver l'utilité et la justesse de ce groupement nouveau qui est le suivant -: 1" eaux et stations à excitation faible; — 2" eaux et stations à excitation moyenne; — 3° eaux et stations à excitation forte.

Le premier groupe s'adresse aux degrés les plus accusés del'excilabilitémorbide, auxhémoptoïques, aux individus dont lamaladie a été entrecoupée d'incidents aigus.

Le second groupe convient aux malades qui, sans présenter la forme torpide proprement dite, ont une réaction, une excitabilité moins vive que les précédents, qui n'ont pas eu d'hémoptysies, ou qui ont eu seulement deshémorrhagies peu importantes et apyrétiques, et dont la tuberculose a évolué depuis son début sans phase aiguë notable. Pour ces deux premiers groupes, notamment pour le premier, l'apparition passagère de quelques accès intermittents de la fièvre de tuberculisation, ainsi que je l'ai expliqué plus haut, n'est pas une contre-indication absolue.

Le troisième groupe enfin est approprié aux malades à réaction franchement torpide; l'absence d'hémoptysies antérieures, l'absence dans les antécédents d'épisodespneumoniques ou bronchopneumoniques fébriles, l'absence de fièvre actuelle, sont pour moi des conditions indispensables pour l'emploi de ces eaux. En raison même de la

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