‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 81 sur 89 · CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR UNE STATION MÉDICALE · texte numérisé non relu

CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR UNE STATION MÉDICALE

lions ne doivent pas être dans les grandes villes; si des avantages climatériqiies réels conduisent à admettre une exception, il est indispensable que les habitations destinées aux malades soient éloignées des quartiers populeux, et mieux encore, situées en dehors de la ville, dans les points les plus favorables pour l'aération et la pureté de l'atmosphère.

C'est ce qui a été fait très heureusement dans notre belle colonie algérienne. La station médicale n'est pas dans la ville d'Alger; cette ville, il m'en coûte de le dire, me paraît jusqu'à présent impropre à la résidence des malades, en raison de son mauvais système d'égouts et d'irrigation; c'est à distance de la ville, c'est sur les admirables coteaux de Mustapha supérieur que vous trouverez la véritable station des malades, et celle-là vous pouvez l'utiliser sans crainte, car vous n'avez plus à compter avec les imperfections du drainage urbain. C'est là en réalité une station de campagne, qui bénéficie, au point de vue des besoins journaliers, du voisinage d'une grande ville, tout comme cela a lieu aux environs du Caire, de Palerme et de Catane; or j'ai à peine besoin d'ajouter que les stations rurales, toutes choses égales d'ailleurs, méritenttoujoursla préférence sur les stations des villes, grandes ou petites.

Les maisons destinées à recevoir les malades doivent de toute nécessité présenter certains aménagements particuliers ; c'est une erreur, selon moi, de croire qu'il suffise ici des installations qui caractérisent les hôtels dits de premier rang. 11 faut cela, et encore autre chose; je ne m'arrête pas sur la bonne exposition et le cubage suffisant des chambres, sur l'aménagement et la désin-

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fcclion permanente des lieux d'aisances, sur la désinfection régulière des linges et des objets de literie, cela doit aller de soi; mais je signale avec insistance la nécessité d'appareils de ventilation dans chaque chambre, appareils dont le fonctionnement doit être indépendant de la volonté des malades; la nécessité d'appareils de chauffage, cheminées de préférence, en tout pays, à l'exception de l'Egypte et de Madère; la nécessité de plusieurs cabinets de bains dans la maison même; enlin il n'est pas moins urgent qu'il y ait, dans le voisinage, des promenoirs accessibles par des abords couverts, promenoirs eux-mêmes couverts, mais bien aérés, et dans la meilleure exposition que le pays comporte, tant pour l'abri contre le vent que pour la durée de l'action solaire. Ce n'est guère qu'en Egypte qu'on peut à la rigueur se dispenser de cette installation, en raison de la rareté des pluies. Une maison qui ne satisfait pas à cet ensemble d'exigences peut être d'ailleurs un excellent hôtel, mais elle n'est point un refuge convenable pour la classe de malades dont nous nous occupons.

En fixant ainsi, dans l'espoir d'en provoquer la réalisation, le minimum des conditions hygiéniques indispensables, je suis obhgé d'ajouter, non sans un vif regret, que sur cette question d'hygiène spéciale comme sur la question d'hygiène générale de tantôt, nous sommes encore aujourd'hui contraints de nous borner à une satisfaction relative; nous devons rechercher le moins mal sans prétendre trouver le bien; car, tout en constatant aussi à cet égard la supériorité de Madère et de certaines maisons de Mustapha, je ne connais jusqu'à ce jour que les sanatoria de montagne appartenant

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