‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaire [electronic resource]Chapitre 80 sur 89 · CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR UNE STATION MÉDICALE · texte numérisé non relu

CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR UNE STATION MÉDICALE

ces leçons : par une élude attentive des documents écrits on peut arriver cà se faire une idée assez juste d'un certain nombre des caractères climalériques d'une région, mais pour toutes les autres considérations non moins primordiales, non moins nécessaires, il n'y a rien à attendre de cette classe do renseignements, et le médecin qui veut être réellement et complètement éclairé, n'a d'autre ressource que de s'éclairer lui-même et par lui-même.

Les conditions dont il est indispensable de tenir compte, en dehors de la question de climal, sont multiples et diverses; je vous signalerai les principales d'entre elles, car je ne pourrais être complet dans cet exposé sans tomber dans des questions de détail, et dans des minuties incompatibles avec cet enseignement.

En premier lieu il faut se préoccuper des conditions sanitaires de la région; quelque appropriée qu'une localité puisse être par son climat, elle doit être rayée de la liste des stations médicales si elle présente quelque endémie importante, malaria, fièvre typhoïde par exemple, ou si elle est fréquemment éprouvée par des épidémies graves, comme la diphthérie. Il en est encore de même lorsque l'acclimatement dans la contrée examinée n'est ordinairement obtenu qu'après des manifestations plus ou moins répétées, ou plus ou moins rebelles, de catarrhe gastro-intestinal. La légitimité de ces exclusions se comprend d'elle-même, et les localités qu'elles visent doivent être connues de tout médecin; je n'insiste pas davantage sur ces faits élémentaires, me bornant à vous rappeler que c'est à propos des stations méridionales qu'ils présentent leur plus grande importance.

En second lieu, les conditions hygiéniques doivent être prises en sérieuse considération; c'est bien le moins que dans une résidence destinée à des malades, on exige l'application sévère des règles communes de l'hygiène publique. Il faut donc s'enquérir scrupuleusement des qualités de l'eau potable, de son altération possible par des infiltrations de cimetières ou d'égouls; il faut, a\ec une égale sollicitude, se renseigner sur le système de canalisation souterraine, sur les émanations de toute sorte qui peuvent vicier l'atmosphère, etc., et il est sage de laisser de côté les stations qui ne répondent pas d'une manière suffisante à ce minimum d'exigences. Je dis d'une manière suffisante, et non pas d'une manière complète, et je suis forcé de dire ainsi, car à l'exception de Madère, nulle station de mon second groupe, c'est-àdire nulle station méridionale, ne me paraît irréprochable à ces divers points de vue ; conséquemment, à moins de les supprimer toutes pour cause d'infraction aux règles de l'hygiène, il faut bien se contenter de l'a peu près, en ayant soin de s'en tenir aux localités les moins défectueuses. Mais il est à déplorer que les administrations locales, incessamment stimulées par les mé- .decins, restent néanmoins si peu soucieuses de corriger ces défauts, qui, dans certaines régions de l'Espagne et de la Riviera française et italienne, sont assez accentués pour que la presse s'en soit émue.

Indépendamment de ces obligations afférentes à l'hygiène commune, les localités qui prétendent au rang de stations médicales, doivent remplir un certain nombre de conditions spéciales, auxquelles mon expérience m'a conduit à attacher une égale importance. Les sta-

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