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CLIMATS DE PLAINE. — EFFETS ET INDICATIONS. U

en même temps que, des deux indications formulées, l'une est incomparablement plus importante que l'autre. A celte prépondérance grave de l'indication fournie par la débilité constitutionnelle il y a plusieurs raisons dont il faut que vous soyez bien pénétrés ; c'est d'abord qu'il s'agit d'une indication causale, c'est ensuite que par cela même cette indication est constante, c'est enfin que cette indication est uniforme, puisqu'elle adresse à la thérapeutique un appel dont le sens est toujours le même. — L'indication tirée de l'excitabilité est par contre d'un ordre secondaire, parce qu'elle est une indication symptomatique, parce qu'elle est inconstante dans son existence, parce qu'elle est variable dans sa signification pratique.

Il résulte de là qu'entre les deux propriétés climatériques que je sépare, 1' action fortifiante est de beaucoup la plus importante, puisqu'elle répond, comme l'action de préservation locale, à l'une des indications fondamentales de la maladie. Que vous ai-je dit en commençant ces leçons? Les seules bases solides du traitement prophylactique et du tj'aitement curateur sont fournies par la notion de nutrition imparfaite, et par la connaissance de l'influence nocive des phlegmasies. Eh bien ! ce qui est vrai du traitement en général, n'est pas moins rigoureusement vrai du traitement climatérique, qui doit toujours, et avant tout, obéira ces deux indications causales; elles sont invariablement présentes dans tous les cas; leur importance, leur urgence respective, varie seule chez les divers malades. Yoilà le fond constant et immuable de la situation Que si, par surcroît, l'indication symptomatique tirée

Ul TRAITEMENT CLIMATÉRIQUE.

de l'excilabilité est assez accentuée pour qu'il y ail lieu d'en tenir compte, il faut la suivre, cela est évident, mais il faut maintenir quand môme, dans toute la mesure du possible, l'obéissance aux deux indications primordiales.

En résumé, préservation locale, restauration constitutionnelle, voilà les deux effets possibles des climats de mon second groupe; I'uniformité météorologique DANS tous ses MODES et l'absence DE POUSSIÈRE en vue de Veffet local; — l'action fortifiante et une influence excitante médiocre ou nulle, en vue de Veffet général : voilà les conditions nécessaires pour le résultat cherché.

Les meilleurs climats sont donc de toute évidence ceux qui répondent d'une manière satisfaisante à cette dualité thérapeutique fondamentale; — viennent ensuite des climats moins complets en ce sens qu'ils ne sont pas également bien appropriés aux deux indications, mais qui, en revanche, présentent une adaptation efficace et supérieure pour l'une ou l'autre d'entre elles; les premiers possèdent à la fois l'uniformité et l'action fortifiante, les seconds ne présentent à un degré suffisant que l'une de ces deux propriétés; — viennent enfin des climats que j'appelle indifférents, parce qu'en raison de leurs caractères peu accentués ou de quelque condition particulière, ils ne répondent d'une manière certaine et supérieure ni à l'une ni à l'autre des deux indications; ils n'y sont pas contraires, mais leur adaptation est plus vague, et leur valeur thérapeutique est par cela même inférieure à celle des deux premières catégories.

La conséquence pratique de cette division, vous la pressentez : les climats de la première série, toute ré-

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serve faite des autres sources de jugement, connennent à tous les malades, puisque les deux indications qu'ils remplissent sont présentes dans tous les cas; — les climats de la seconde série conviennent aux malades chez lesquels l'une des indications fondamentales est manifestement plus urgente que l'autre, de sorte que c'est, ou bien l'uniformité météorologique, ou bien l'action fortifiante, qui est le besoin dominant ; — les climats de la troisième série, par suite de leur caractère indifférent, semblent convenir dans les deux cas; mais, en raison de leur adaptation plus faible et moins précise, il esi bon de ne les utiliser que lorsqu'on ne peut pas faire mieux.

Cette division nouvelle qui est mienne, et qui est fondée sur le rapport variable de l'action du climat avec les deux indications pathogéniques de la maladie, me paraît à la fois la plus féconde et la plus médicale ; certainement, il est rare qu'on n'ait à compter qu'avec ces deux indications; bien souvent d'autres éléments interviennent, qui pèsent d'un poids légitime sur la détermination, l'excitabilité ou le mode réactionnel par exemple, ou bien encore certains états constitutionnels, tels que le rhumatisme et la scrofule; mais il n'est pas moins vrai que ces indications contingentes ne doivent jamais être suivies au détriment des deux autres, et que celles-ci conservent en toute circonstance leur indéniable prépondérance. Dans ces cas à exigences complexes et parfois disparates, on est fréquemment obligé de renoncer à des climats qui seraient parfaitement appropriés aux obligations fondamentales, et de chercher une conciliation qui satisfasse aux nécessités multiples de la situation; mais cette conciliation ne doit

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en aucun cas être achetée par la négligence ou la violation des indications primordiales. Il est donc légitime et logique, d'un point de vue médical, de prendre pour base de division des climats de plaine leur action respective sur la préservation locale et sur la restauration constitutionnelle.

Il me serait facile, après mon analyse des conditions climatériques nécessaires, de vous traduire par trois séries de noms les trois catégories que je viens d'établir; je ne le ferai point cependant : d'une part, ce procédé est empreint d'un absolutisme qui ne saurait me convenir; d'autre part, cette énumération ne vous éclairerait pas d'une manière complète, puisqu'elle laisse en dehors d'elle toutes les indications secondaires. Je me bornerai donc à vous dire, que, d'après mes études et mon expérience, je considère comme types de ma première série, avec quelques nuances distinctives. Madère et Alger; — que dans la seconde, Méran, Montreux et Lugano sont des types de l'adaptation supérieure pour l'action fortifiante; tandis que Palerme et Gatane sont des types de l'adaptation supérieure pour la préservation locale; — je vous citerai enfin Pise et Pau comme des types de ma troisième série. Gela soit dit simplement pour fixer vos idées.

Il convient d'ajouter que Madère et Alger, les deux types de ma première série, doivent aussi figurer dans la seconde, en raison de la dualité de leurs effets ; mais comme la puissance de leur action préservatrice locale est supérieure à la puissance de leur action tonique, ces deux stations occuperont dans celte seconde série une place différente selon le point de vue envisagé ;

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