‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 12 sur 95 · FORME ANATOMIQUE · texte numérisé non relu

FORME ANATOMIQUE

berculose, les voici : les développements qui vont suivie enlèverontàmaproposition ce qu'elle peut avoir de paradoxal en apparence.

La forme granuleuse se rattache, si je puis ainsi dire, aux degrés les plus élevés de la diathèse; c'est elle qui est l'expression habituelle de l'hérédité et de l'innéité, et c'est déjà là, vous le savez, une raison de plus grande résistance au processus curateur. — Dans cette forme, les lésions sont presque toujours bilatérales, soit d'emblée, soit très rapidement, seconde circonstance fâcheuse qui ramène à l'influence exercée par l'étendue des lésions. — Dans cette forme, les lésions ont une tendance plus marquée à l'extension par suite des poussées granuleuses successives qui sont alors la modalité ordinaire de la maladie ; on y observe très rarement la disposition qui est au contraire si fréquente dans la forme pneumonique, savoir, formation d'un foyer plus ou moins considérable, qui évolue bien ou mal, mais qui reste unique soit définitivement, soit pendant un temps très long-. — Dans cette forme g ranuleuse, les lésions demeurent rarement limitées aux poumons; tôt ou tard des altérations similaires se développent dans le larynx, dans l'intestin, parfois aussi dans l'encéphale, de là des groupes symptomatiques additionnels qui aggravent la situation, soit par eux-mêmes, soit parce qu'ils entravent le traitement utile.

Vous pouvez apprécier par là combien sont nombreuses et importantes les raisons qui diminuent les chances de curabilité dans la phthisic granuleuse commune. Cependant ces conditions défavorables ne sont pas toujours réalisées ; cette forme peut, elle aussi, être

liée à la diathèse acquise; elle peut, elle aussi, avoir des lésions circonscrites, non extensives, et limitées aux poumons, auquel cas la situation devient non seulement aussi bonne, mais meilleure que dans la forme pneuinonique, par suite de la lenteur plus grande des accidents initiaux. En fait, les chances de curabilité sont alors uniquement subordonnées à l'état constitutionnel du malade, lequel, comme nous le verrons, domine toujours toute la question.

Permettez qu'avant de passer outre j'insiste une fois encore, en raison de son importance, sur un fait que je yous ai déjà signalé : ce qui fait la curabilité moindre de la forme granuleuse commune, ce n'est pas la nature de la lésion, ce n'est pas sa marche, dont la lenteur est au contraire une circonstance favorable, c'est l'étiologie ordinaire de cette forme, c'est la bilatéralité précoce des lésions, ce sont les productions successives de nouveaux foyers , c'est l'existence fréquente de complications graves dans d'autres organes ; ces conditions mauvaises sont plus souvent présentes qu'absentes dans la granulose chronique, elles sont au contraire plus souvent absentes que présentes dans la forme pneumonique, qui garde pendant longtemps le caractère au moins apparent d'une maladie locale et accidentelle. Cette différence est la cause unique de la curabilité moindre que j'assigne à la phthisie granuleuse commune; mais dans les cas exceptionnels où cette phthisie se présente dans les mêmes conditions que la forme pneumonique, elle est au moins aussi susceptible, à étendue égale, d'arrêt et de réparation, car elle n'amène pas à son début le péril imminent cL sérieux qui distin-

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