PRÉAMBULE
vous paraît-il pas, Messieurs, que j'ai quelque droit à parler ici de compétence particulière?
Cette connaissance directe des localités est en effet la condition indispensable d'une connaissance réelle, tant pour l'enseignement que pour la pratique médicale; l'assimilation la plus parfaite des documents écrits ne peut suppléer ici les précieux enseignements issus de l'examen personnel. Sans doute, par une étude suffisante on peut acquérir des notions complètes sur les conditions climatériques des diverses stations, et je vous dirai même que la possession préalable de ces nolions est indispensable pour une visite fructueuse; mais gardez-vous de croire que les données météorologiques contenues dans les documents appréciables à distance, représentent la totalité des connaissances nécessaires au médecin pour sa détermination sélective; c'est là une erreur absolue, bien d'autres éléments vraiment doivent être pris en considération, qui ont une imporlaîice au moins égale, il est tout aussi indispensable, si ce n'est plus, dans l'intérêt des malades, que le médecin connaisse exactement les conditions sanitaires, les conditions hygiéniques propres des localités qui prétendent au rang de stations médicales; il n'est pas moins indispensable qu'il connaisse dans leur vérité vraie les ressources respectives des stations au point de vue de l'installation des malades,au pointdevue de l'alimentation, de l'hygiène et delà thérapeutique. Or, à qui demander ces renseignements, tellement importants qu'ils priment à mes yeux, qu'ils doivent primer aux yeux de tous, le fait même du climat, si ci; n'est à l'observation personnelle? Il y a plus, et même en ce qui concerne le climat pro-
prement dit, la connaissance des documents écrits ne peut tenir lieu des notions fournies par l'examen direct. A climat semblable deux localités peuvent avoir une valeur médicale très différente, et cela, uniquement en raison des dispositions topographiques; que nous diront à ce sujet les tableaux météorologiques? rien. De même, l'impression exercée sur l'organisme par les divers climats est, dans une certaine mesure, indépendante des phénomènes fixes et transcriptibles qui constituent la climatologie de la région examinée; avec des moyennes thermiques très rapprochées, avec des moyennes barométriques, hygrométriques et anémologiques sensiblement pareilles, deux régions peuvent néanmoins être fort dissemblables dans leurs effets sur l'homme sain et sur l'homme malade; cette impression spéciale du climat sur l'organisme qu'il affecte, action indéfinissable dont la cause ne peut être saisie, vous en demanderez vainement la révélation aux tables des conditions atmosphériques, elle ne peut être jugée que sur place, il faut la subir pour la discerner; c'est encore là pourtant un des éléments fondamentaux du problème.
Je n'insiste pas, vous êtes convaincus, car ma proposition est de celles que l'on n'oserait même pas contester; oui, pour juger les résidences climatériques, pour leur reconnaître ou leur dénier le caractère de stations médicales, pour faire entre elles un choix rationnel approprié aux conditions générales et particulières des individus, il est nécessaire de les avoir visitées; oui, quel que puisse être l'usage ordinairement suivi, il est certain qu'en pareille matière rien ne peut remplacer l'examen de visu, et que les lumières ainsi