HYGIÈNE
manquera pas de prescrire des ascensions fréquentes d'une durée proportionnée à l'âge et aux forces de l'individu; ces ascensions doivent être faites à pas lents et mesurés, de manière à n'être l'occasion d'aucune fatigue respiratoire; il convient qu'elles soient entrecoupées de temps de repos, et si l'on veut obtenir de cet exercice la plénitude des effets qu'il peut produire sur l'expansion des poumons, on recommandera au promeneur d'avoir à la montée un bâton interposé entre la région dorsale et les bras rejetés en arrière ; dans cette position le diamètre transverse de la partie inférieure du thorax est en complet développement, la fixité des membres supérieurs fait concourir au soulèvement de la poitrine la totalité de l'action des muscles inspirateurs auxiliaires, et les sommets des poumons, dont l'expansion est toujours mesurée parcelle du thorax, se dilatent au maximum^ chacune des inspirations inconsciemment exagérées que provoque la marche sur une pente ascendante. Ainsi dirigée, cette pratique est un exercice pulmonaire d'une réelle efficacité.
Je dois aussi vous signaler l'équitation au nombre des moyens utiles du développement physique dans les conditions que nous étudions; pourtant je n'en fais pas une obligation constante du traitement; en revanche, j'impose dans tous les cas des exercices gymnastiques quotidiens, et je conseille d'insister surtout sur ceux qui font principalement appel aux muscles thoraco-brachiaux, tel, par exemple, le maniement méthodique des poids accouplés connus sous le nom d'haltères. Dans les périodes où le mauvais temps restreint forcément les promenades et la vie au dehors, ces exercices sont une ressource in-
dispensable pour l'entretien de l'activité musculaire.
Le genre de vie dont je viens de vous retracer les règles n'est point inconciliable avec l'éducation intellectuelle; il laisse libres dans la matinée et dans l'aprèsmidi un certain nombre d'heures qu'il faut utiliser poulies études, clans lesquelles on procédera d'ailleurs, surtout au début, avec les ménagements commandés par l'état constitutionnel du sujet.
Le choix de la résidence à la campagne n'est point indifférent, bien au contraire c'est un des éléments primordiaux du succès ; cette résidence doit appartenir aux climats de montagne, même durant l'hiver; si la chose est impossible, si l'habitation ordinaire est dans la plaine, il faut au moins imposer chaque année un séjour de plusieurs mois dans la montagne. Jene veuxpas scinder la question des stations climatériques, que je réserve, ainsi que je vous l'ai dit, pour un examen d'ensemble, et je me borne pour le moment à cette proposition générale : les climats de montagne ou climats d'altitude sont les seuls qui conviennent à la période du traitement prophylactique.
Lorsque les circonstances de famille ne permettent pas d'obtenir le séjour à la campagne, le médecin est privé de son plus puissant moyen d'action, mais il doit tenter tout le possible par une application rigoureuse des autres mesures, vie à l'air, exercices gymnastiques, hydrothérapie, etc., et faire tous ses efforts pour que le malade puisse bénéficier au moins quelques mois, chaque année, de l'air pur et libre des champs. Il aura la môme prudence dans la direction des études, et il ne permettra sous aucun prétexte l'internement dans les collèges ou