HYDROTHÉRAPIE
peau une activité salutaire qui est une condition indispensable pour l'intégrité des opérations de la nutrition et de l'hématose. Ce n'est pas tout; la douche froide bien utilisée peut devenir l'occasion d'une véritable gymnastique pulmonaire, et répondre ainsi à l'indication tirée de l'inertie des poumons; le saisissement que provoque le premier contact de l'eau détermine l'arrêt de la respiration; mais ce premier instant passé, des inspirations profondes ont lieu par une sorte de réaction, et il faut donner au patient l'habitude de les exagérer par l'emploi de toutes ses forces inspiratoires; une fois cette habitude acquise, la douche n'est plus seulement un agent de stimulation générale, elle est un moyen d'exercice et d'accroissement pour l'expansion pulmonaire, et elle remplit par là, au moins dans une certaine mesure, les deux indications fondamentales du traitement prophylactique.
Dans le cas où le défaut d'appareils ne permet pas de recourir à la douche, il faut la suppléer au moyen de lotions générales pratiquées chaque malin avec de l'eau froide vinaigrée ou alcoolisée; on pourra obtenir de la sorte l'effet utile sur les fonctions cutanées, mais l'action tonique générale sera bien amoindrie, et l'influence -m l'expansion pulmonaire manquera à peu près totalement
Il va sans dire que chez les sujets délicats et impressionnables, chez ceux qui, tout en étant encore à la période prémonitoire, présentent cette excitabilité nerveuse dont je vous ai signalé l'importance, il est nécessaire de procéder par gradation; on ne prescrira pas d'emblée la douche ou la lotion froide à un adoles-
cent, à une jeune fille qui n'a jamais été soumise à des pratiques de ce genre; on commencera par des lotions tièdes, par des arrosements avec de l'eau tiédie, et l'on arrivera peu à peu à l'hydrothérapie froide, en prenant toujours pour guide non seulement la rapidité, mais surtout la persistance de la réaction. C'est là le véritable critérium. Il n'est pas rare, précisément chez les individus excitables dont nous parlons, d'observer une réaction éphémère sur la valeur de laquelle il importe d'être éclairé; après la friction qui suit la douche, ou en tout cas après quelques moments d'exercice, il y a une réaction satisfaisante et complète ; mais elle ne dure que pendant la marche ; quand vient le repos, elle cesse, et elle fait place à une sensation de refroidissement souvent très pénible ; le mouvement organique provoqué par l'eau Iroide dépasse évidemment les forces du sujet; après cet effort momentané qui est pour lui comme une dépense exagérée, il retombe au-dessous de son degré ordinaire de calorification, et si le médecin néglige cet avertissement, la douche devient un agent de débilitation, et l'excitabilité nerveuse est rapidement exagérée. Que dans les cas de ce genre on procède doucement, par une gradation lentement ménagée, et je pense que l'on réussira toujours, après des délais variables, à faire tolérer le traitement complet qui est une des plus importantes conditions du succès.
Dans la seconde moitié de la journée, quelques heures seront encore passées en plein air, et à l'issue de la promenade, le lait de l'après-midi sera une véritable opportunité. Mais la marche n'est pas le seul exercice qui doive intervenir; si la disposition du terrain le permet, on ne