MÉDICATIONS
Les mesures hygiéniques qui forment la partie essentielle de la prophylaxie sont le meilleurpréservalif contre les refroidissements, et partant contre les inflammations laryngo-bronchiques qui en sont la conséquence ; toutelois La préservation n'est pas absolue, et d'un autre côté elle n'existe pas même à l'état de possibilité, dans les cas où l'hygiène spéciale est incomplètement observée; il convient donc d'envisager comme probable l'éventualité de ces épisodes dans le cours de la période prophylactique. Ces incidents doivent éveiller une sollicitude constante, je dirai presque exagérée, même dans leurs formes les plus légères ; ils n'auraient aucune importance et ne demanderaient peut-être aucun traitement chez un individu en parfaite santé; mais chez un sujet prédisposé à la tuberculose, ils peuvent s'éterniser, prendre des allures chroniques., et déterminer à la fois le développement et la localisation des premières manifestations de la maladie. En conséquence le médecin ne doit négliger aucune de ces complications intercurrentes, quelque insignifiantes qu'elles paraissent; il faut qu'il les combatte sans relâche, tant qu'elles n'ont pas disparu jusqu'au moindre vestige, et pour atteindre ce but il n'hésitera pas à insister sur les révulsifs, vésicatoires, frictions d'huile de croton, thapsia, alors même qu'une pareille accumulation de moyens serait tout à fait déplacée dans une laryngo-bronchite d'égale intensité, développée dans d'autres conditions. La vigilance et l'énergie sont plus indispensables encore lorsque la maladie accidentelle revêt l'une quelconque des formes de pneumonie; c'est alors surtout qu'il faut lutter sans trêve aussi longtemps que la résolution ad inlegrum
n'est pas obtenue, car la persistance d'un reliquat pneumonique est ce qui peut arriver de plus fâcheux chez tout individu qui tient de sa constitution une prédisposition à la phthisie.
Avec ces préceptes je termine l'étude du traitement prophylactique; cette période est celle de l'action médicale puissante et féconde ; je vous conjure de ne jamais la négliger, je vous conjure de faire d'incessants efforts pour réaliser dans tous les cas la totalité des mesures que je vous ai fait connaître; une expérience déjà longue me permet de vous en affirmer les effets salutaires, et l'importance du résultat vaut bien, je pense, le labeur que vous aurez cà accomplir pour en imposer les moyens.