MÉDICATIONS. III
il est urgent d'en délivrer l'organisme, et la médication que je vous conseille, aidée de l'ensemble des moyens hygiéniques, est le meilleur moyen d'atteindre le but. Lorsque les foyers sont accessibles aux révulsifs, applications de teinture d'iode, vésicatoires répétés, il faut les employer avec insistance; rien ne doit être négligé de ce qui peut, dans une mesure quelconque, aider au résultat cherché. De même, en cas d'insuccès ou d'intolérance de l'huile de morue, vous ne manquerez pas de recourir aux préparations iodées ou iodurées, qui ont bien souvent une action puissante sur la résolution des tumeurs ganglionnaires, inflammatoiresouscrofuleuses. Les bains sulfureux seront encore un adjuvant utile de ce traitement.
Un autre état pathologique peut, dans quelques cas rares, modifier la médication prophylactique; je vous le signale d'autant plus volontiers qu'il est très communément négligé : cet état, c'est la phosphaturie. Dans les circonstances qui nous occupent, il faut la soupçonner lorsqu'un individu jeune soumis à un traitement préventif bien dirigé, ne prend pas de forces, et continue à maigrir ; le soupçon, une fois conçu, est bientôt vérifié par l'examen réitéré de l'urine, et s'il démontre une phosphaturie persistante, il faut sans délai combattre ce phénomène, dont la prolongation est par elle seule une causé efficace de tuberculose ; si l'huile de foie de morue et l'arsenic n'ont pas encore été administrés, on pourra y recourir tout d'abord, en raison de la propriété que possèdent ces agents de ralentir la désassimilalion ; dans le cas où ces moyens sont insuffisants, on aura recours au café, à la noix vomique, qui exercent sur le
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processus nutritif une action amaliOg lie ; loi squc la phosphatuiïe est accompagnée de polyurie, on restreindra cette dernière par l'usage despréparations de valériane, notamment de l'extrait, qui peut être commodément donné sous forme pilulaire. Tandis qu'on s'efforcera ainsi de diminuer le travail de dénutrition, on aura soin de restituer à l'organisme les matériaux phosphatiques dont il est incessamment spolié, en administrant le phosphate de chaux; pour simplifier une médication dont la complexité est une véritable difficulté de pratique, on pourra utiliser le procédé dont je vous parlerai bientôt à propos de la phthisie confirmée, et l'aire prendre chaque jour au malade un litre de lait provenant d'une vache soumise à une ingestion quotidienne de phosphates, soixante à quatre-vingts grammes par exemple. Dans cette forme spéciale de phosphaturie prémonitoire dont il s'agit en ce moment, je considère le traitement par les phosphates comme le plus utile, il est en tout ras la partie fondamentale de la médication.
Vous voyez, Messieurs, que dans ces circonstances définies le médecin peut être amené à faire intervenir comme agent prophylactique un remède qui ne trouve ordinairement son indication que dans les périodes plus avancées delà maladie. De même, il y aura souvent opportunité à compléter le traitement préventif par l'emploi des eaux minérales; c'est l'anémie, c'est la scrofule qui fournissent le plus ordinairement cette indication ; je ne fais que vous la signaler maintenant, nous la retrouverons lorsque nous étudierons dans son ensemble l'application des eaux minérales au traitement de la phthisie.