DU LAIT
salutaire, et parce que, pris en petite quantité, il facilite les opérations digestives. Si pourtant vous rencontrez à l'endroit du vin rouge ordinaire une véritable répugnanc e ou une intolérance positive, vous tenterez, avant de renoncer, les vins de Madère, de Porto, de Xérès, de Malaga, etc., purs oudilués,suivantles cas. Échouez-vous encore, adressez-vous aux diverses variétés de bière, en donnant la préférence, si vous avez le choix, à la bière de malt; avez-vous un nouvel insuccès, essayez du grog à Peau-de-vie, en un mot, par un procédé quelconque, il faut, dès ce moment, si cela n'a pas été fait jusqu'alors, introduire une certaine quantité d'alcool dans le régime quotidien. Fort heureusement ces difficultés ne sont pas ordinaires, et lorsqu'il s'agit de personnes déjà habituées au vin, je vous conseille d'ajouter d'emblée au vin de table l'usage du vin de quinquina dans le cours ou à la fin des repas, en consultant pour le choix du véhicule (bordeaux, malaga, xérès, etc.) la tolérance et le goût de l'individu.
Les repas doivent être au nombre de deux, de manière que le matin et l'après-midi le malade puisse prendre i haquejour une certaine quantité de lait que l'on portera graduellement à un litre, si l'appétit et l'activité digestive n'en sont pas diminués. Autant que possible le lait sera bu à l'étable au moment de la traite; c'est seulement en cas de répugnance invincible qu'on le laissera prendre Iroid. Indépendamment de son action favorable sur les lonctions digestives et sur la sécrétion urinaire, le lait a dans ces conditions le précieux avantage de diminuer la fréquence et l'intensité de la toux, et il exerce à la longue une influence sédative incontestable sur l'excitabilité
nerveuse et vasculaire; une observation bien des fois répétée me permet de vous parler ici avec une entière certitude. Ces derniers effets sont plus rapides et plus marqués lorsque le malade a l'habitude de prendre son lait dans l'étable même, et d'y séjourner chaque fois quelques minutes, l'étable étant supposée dans un état d'entretien irréprochable. Comment agit cette atmosphère spéciale? En vérité je ne saurais vous le dire, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'elle calme l'irritation laryngo-bronchique, qu'elle diminue la toux, et qu'au bout de quelques jours cette sédalion persiste dans l'intervalle de ces séances d'inhalation ; cette action s'ajoute donc en somme à celle du lait, et je m'explique parfaitement par là l'importance légitime qu'ont attribuée nos pères au séjour prolongé des phlhisiques dans les étables. L'excès en pareille matière doit être condamné; un séjour prolongé dans un milieu de ce genre, quelque parfait qu'on le suppose, est nuisible par ce seul fait qu'il est inconciliable avec la condition fondamentale du traitement, l'air pur et renouvelé; mais un séjour de trois quarts d'heure à une heure chaque jour par exemple, fragmenté en quatre ou cinq séances, est parfaitement compatible avec les autres exigences de la thérapeutique; et comme je suis certain de l'utilité de cette manière de faire, je la recommande sans hésiter, quelque étonnement que puisse provoquer mon assertion. Ma conviction est si bien assise, que je donne ce même conseil aux malades qui ne veulent ou ne peuvent pas prendre de lait; ces réfractai res sont rares, mais on en rencontre, et en les dirigeant de la sorte, je leur assure au moins, à défaut du bénéfice complexe du lait, l'action calmante de cette atmo-