‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 43 sur 95 · DE LA GLYCÉRINE · texte numérisé non relu

DE LA GLYCÉRINE

lions gastriques? est-ce aussi par un accroissement d'activité dans les combustions organiques, ainsi que tendent à l'établir les intéressantes recherches de Catillon, qui a constaté sous l'influence de ce médicament une augmentation relative et absolue de l'acide carbonique dans l'air expiré? Je ne sais; ou plutôt je pense que tous ces éléments concourent à la production de l'effet final, qui est un effet d'eu trophie, bien indiscutable celui-là, puisqu'il est incessamment démontré par l'augmentation de poids du corps. Bien des fois j'ai répété l'expérience suivante : le régime alimentaire et les conditions de vie du malade restant les mêmes, je donne la glycérine selon le procédé que j'indiquerai bientôt et cela pendant quinze jours; au bout de ce temps la balance dénote un accroissement pondéral, faible ou fort peu importe, mais positif; je supprime la glycérine pendant la quinzaine suivante, après quoi une nouvelle pesée montre que l'augmentation de poids n'a pas progressé; il est même rare qu'on re- Irouveun chiffre égal à celui de la mensuration précédente; je reviens à la glycérine aux mêmes closes que la première fois, et au bout de deux semaines, je constate une reprise dans le gain de l'organisme. Toutes les autres circonstances capables d'agir sur le mouvement nutritif étant demeurées identiques dans ces diverses phases de l'observation, il est bien clair que le bénéfice acquis est imputable à la glycérine, et que cette substance possède, comme l'huile de poisson, la propriété d'activer la nutrition au profit de l'organisme, et d'augmenter le poids du corps. L'action fondamentale, l'action que j'appelle eutrophique, est donc vraiment commune aux deux médicaments, et c'est ce fait qui justifie ma proposition de tan-

tôt : la glycérine peut suppléer l'huile dans une mesure vraiment utile.

La glycérine destinée à l'usage interne doit être parfaitement pure, il faut notamment qu'elle soit tout à fait neutre aux réactifs, complètement incolore et inodore, d'une saveur douce et sucrée, sans arrière-goût quelconque. La dose quotidienne ne doit pas être à beaucoup près aussi élevée que celle de l'huile, en raison des effets alcooliques qui peuvent allerjusqu'à l'ivresse ; j'ai observé cet accident chez deux malades qui se trouvant bien du remède en avaient pris une quantité supérieure à ma prescription; je donne de 40 à 60 grammes par jour, réservant la dose maximum pour les personnes qui ne présentent aucun signe d'excitabilité névro-cardiaque. De l'agitation, une loquacité insolite, une insomnie persistante, voilà les phénomènes qui vous révéleront que la dose utile a été dépassée; je puis vous signaler du reste un autre critérium dont la précision est plus grande encore : c'est l'augmentation de la température. Elle est de règle chez tous les individus qui font usage pendant quelques jours de la glycérine aux doses précédemment indiquées, mais elle ne dépasse pas un ou deux dixièmes de degré par rapport à la température moyenne de la période antérieure à la cure; dans ces limites, et même jusqu'à trois dixièmes, l'hyperthermie est simplement l'indice de l'action physiologique du remède, vous devez la négliger.

Lorsque, au contraire, en l'absence de tout incident pyrétogène, vous constatez une élévation persistante supérieure à cinq dixièmes, lorsque surtout vous observez que cette ascension se prononce encore davantage après

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