‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 6 sur 95 · UNITÉ ANATÛMIQUE. — DUALITÉ CLINIQUE · texte numérisé non relu

UNITÉ ANATÛMIQUE. — DUALITÉ CLINIQUE

L'admettre, ne fût-ce que pour ne pas me séparer de collègues éminents, dont nul plus que moi ne respecte la légitime autorité ; par suite, je dis avec eux que laphthisie pneumonique ou caséeuse est, elle aussi, anatomiquement parlant, une phthisie tuberculeuse, mais j'ajoute aussitôt qu'elle est tuberculeuse à sa manière, elle l'est sous une autre forme, elle a ses causes, son début, son évolution propres; elle a son pronostic spécial, si remarquable en ce qu'il est particulièrement grave dans les phases initiales, et relativement favorable dans les phases secondaires, et en clinique, en pratique médicale, je reste fidèle à la dualité, à l'établissement de laquelle j'ai concouru dans la mesure de mes forces. L'unité analomique nous commande de ne plus voir que des formes morbides là où la dualité admettait des espèces distinctes, mais cette corrcetiondoetiïnaleunefois formulée, je maintiens les caractères que j'ai assignés à laphthisie pneumonique, car l'observation n'a cessé de m'endémon- Lrer la justesse depuis 1870. Les enseignements récents du microscope n'enlèvent donc rien de leur fécondité pratique à mes conclusions antérieures; loin delà, ces enseignements apportent de nouvelles et multiples confirmations à la notion salutaire de la curabilité de la tuberculose. Il me sera, je pense, facile de vous en convaincre.

liemarquez, je vous prie, quelles sont à ce point de vue les conséquences de la doctrine unitaire : elle établit, elle démontre la nature tuberculeuse des lésions pneumoniques et bronclio-pneumoniques qui ont forme le domaine de la phlhisie caséeuse pendant le règne de la dualité; celte démonstration non seulement je l'accepte, mais je m'en empare, car elle est à mes yeux d'un prix

inestimable, comme preuve de la guérison possible du tubercule dans sa forme la plus volumineuse. Il est en effet certain que ces processus pneumoniques, naguère appelés caséeux, peuvent guérir. Pour ne parler que de mon observation personnelle, les faits analysés dans mesLeçonscliniques, ceux que j'ai vus depuis, au nombre de quatre, ne peuvent me laisser aucun doute sur ce point ; de même que j'ai affirmé alors, j'affirme aujourd'hui, et j'affirmerai toujours, dussé-je n'en pas rencontrer d'autres exemples, la curabilité exceptionnelle, soit, mais possible, de ces pneumonies caséeuses que j'ai appelées phthisiogènes; et puisqu'il est acquis maintenant de par le microscope, que ces pneumonies sont de nature tuberculeuse, qu'elles constituent une des formes les plus importantes de la tuberculisation, il est bien évident que l'interprétation nouvelle de l'histologie vientheureusement enrichir le bilan de la curabilité du tubercule, en transférant au compte de la tuberculose pneumonique les faits favorables attribués à tort à la simple caséification. J'appelle expressément votre attention sur cette conséquence imprévue et non signalée de la doctrine unitaire.

Ce n'est pas tout; les travaux histologiques dont je vous ai entretenus, en particulier ceux de mon excellent ami et éminent collègue Grancher, ont établi l'importance et la fréquence d'un processus curateur qui peut enrayer le développement du tubercule, gros ou petit, à un moment quelconque de son évolution, et le transformer en un produit inoffensif, désormais sans action sur l'organisme non plus que sur le tissu voisin. Ce processus con siste, ainsi que je vous l'ai dit, dans la transformation fibreuse du néoplasme; cette transformation n'est point

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