UNITÉ ANATOMIQUE. — DUALITÉ CLINIQUE
prend La plume. J'ai eu, par suite, le désir bien légitime, je pense, de rappeler mon intervention précoce dans cette réforme, qui touche à la fois à la pathogénie et au traitement de la phthisie pulmonaire, et dont les principes, ainsi que je viens de vous le dire, dominent à mes yeux toute la thérapeutique de la maladie.
Cela dit, j'aborde l'exposé de mon sujet, et je veux avant tout vous prémunir contre l'opinion encore trop répandue, qui dénie à la phthisie pulmonaire toute possibilité de guérison. Il me paraît qu'il y a une sérieuse utilité, et une non moins réelle opportunité à proclamer plus énergiquement que jamais la curabilité de la maladie, et par suite la nécessité d'une thérapeutique active, en présence des récentes conclusions de l'histologie pathologique.
Je vous l'ai dit, Messieurs, le microscope a prononcé à nouveau l'unité anatomique de la phthisie pulmonaire; les mémorables travaux de Grancher (1872-1877), Charcot, Thaon, ont montré que dans les masses imputées à la pneumonie caséeuse on retrouve sous un volume plus considérable, et indépendamment des produits inflammatoires communs, les mêmes éléments, le même arrangement d'éléments, et la même évolution que dans la granulation type, de sorte qu'il n'y a guère entre les deux ordres de lésions qu'une différence de volume : petit tubercule ou tubercule miliaire dans un cas, gros tubercule ou tubercule géant dans l'autre. Par suite, la dualité n'est qu'apparente; que la lésion soit petite et fragmentée en nodules isolés, qu'elle soit grosse et fusionnée en masses homogènes, c'est toujours en réalité
du tubercule sous le microscope, et en fin de compte la phtliisie est toujours tuberculeuse; l'unité est ainsi rétablie de par l'analyse histologique. L'autorité des observateurs cités est telle qu'il est à peine besoin d'ajouter que leur conclusion doit entraîner la conviction ; car, quelque mouvant que soit le terrain de l'histologie, comment résister à un arrêt signé de Grancher et de Charcot? Il est permis peut-être de réserver les enseignements de l'avenir, quant à la généralisation absolue de cette conclusion, mais je l'accepte pour ma part, sous le bénéfice de cette réserve, dans la l'orme même que lui ont donnée ses auteurs.
Or, le rétablissement de cette unité qui sort victorieuse de tant d'agressions puissantes, pourrait avoir pour conséquence de ramener au fatalisme et à la thérapeutique contemplative, issus de la conception théorique deLaennec; cette déduction. Messieurs, serait radicalement fausse. La conclusion unitaire aujourd'hui triomphante, est une conclusion anatomique; elle rétablit sur de nouvelles bases l'unité histologique, mais la dualité clinique n'en est point atteinte. Celle-là je la conserve entière; au point de vue de l'étiologie, notamment de l'hérédité, au point de vue des symptômes et de la marche, au point de vue du pronostic, la phthisic pneumonique ou caséeuse, que le microscope la juge tuberculeuse ou non, diffère et différera toujours de la phtliisie tuberculeuse commune. Cette dualité doit être le guide du praticien, sa préoccupation constante doit être de déterminer pour chaque malade celle des deux modalités morbides qui est en cause. J'admets donc, i'e vous le redis encore, l'unité anatomique, et je suis heureux de