‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 62 sur 95 · DES INHALATIONS DE BENZOATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

DES INHALATIONS DE BENZOATE DE SOUDE

centre celle-ci à 10 pour 400 ; les 25 grammes de sel oni été dissous dans 250 grammes d'eau, etvu l'addition de la vapeur, le liquide est inhalé au degré indiqué de 5 pour 100. Dans ces conditions chaque séance dure en moyenne une heure et demie; j'ai pu opérer de la sorte sur deux ou trois individus, particulièrement patients et dociles, mais bientôt j'ai dû reconnaître qu'il me serait impossible de continuer mes observations, si je ne simplifiais pas de nouveau le traitement; les malades s'y refusaient invariablement , les plus raisonnables essayaient un jour, après quoi ils manifestaient une invincible répugnance pour un assujettissement aussi pénible. Voyant cela, j'ai encore cherché à faire mieux: après quelques tâtonnements j'ai constaté que 25 grammes de benzoate peuvent être dissous dans 150 grammes d'eau sans précipitation ultérieure, que le temps nécessaire pour la pulvérisation de cette quantité, y compris les interruptions nécessitées par la toux et l'expectoration, est de trois quarts d'heure environ, et je me suis arrêté à ce procédé ; la proportion d'eau que le jeu de l'appareil ajoute à la solution étant sensiblement égale à la dépense de celle dernière , l'inhalation a porté sur 25 grammes de sel et 300 grammes d'eau, c'est donc une solution à 12 pour 100. C'est à regret que j'ai apporté cette modification au procédé de mon savant collègue d'Innsbruck, mais je n'ai pas eu le choix; j'ai trouvé des difficultés qu'il ne paraît pas avoir renconrées, et j'ai été contraint de procéder de la sorte ou de ne pas procéder du tout. Mes malades ont donc inhalé matin et soir en moyenne 25 grammes de benzoate dissous dans 150 grammes d'eau.

Pour tous les autres détails je me suis rigoureusement conformé au procédé de Rokitansky ; les malades, instruits par moi, ont arrêté la pulvérisation chaque fois qu'ils étaient pris d'une quinte de toux, afin que la perte soit aussi réduite que l'appareil le comporte, et une fois l'inhalation finie, ils ont toujours séjourné au moins une heure dans le milieu où elle avait été effectuée, de sorte qu'ils ont respiré pendant tout ce temps un air chargé de particules salines. En même temps qu'il les soumet à ces inhalations, Rokitansky traite ses malades par une alimentation fortifiante, par le lait, par l'huile de foie de morue, etc. ; j'ai pensé que j'apprécierais mieux les effets dubenzoate, si je l'employais isolément, et aussi longtemps que j'ai cru pouvoir le faire sans manquer à mon devoir, j'ai borné ma thérapeutique au régime et au vin.

J'ai traité ainsi quinze malades du sexe masculin affectés de tuberculose à divers degrés ; chez le plus grand nombre il s'agissait de la période de ramollissement, soit à son début, soit à un stade plus avancé, quatre étaient arrivés à la phase de cavernes. De ces derniers, trois n'ont pu supporter les inhalations au delà de trois jours, en raison de leur état de faiblesse ; deux autres sur les douze restants ne les ont acceptées que pendant une semaine, à cause de l'ennui qu'elles leur causaient ; restent donc dix malades qui ont suivi le traitement, savoir, un pendant quinze jours, — quatre pendant un mois , — quatre pendant deux mois , — un pendant trois mois et demi.

Les résultats, j'ai regret à le dire, n'ont pas répondu à mes espérances ; j'ai bien constaté , comme Roki-

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