DES INHALATIONS DE BENZOATE DE SOUDE. 2G
tansky, une diminution de l'expectoration et une amélioration dans sa qualité ; j'ai bien constaté, comme lui, sauf chez le malade qui n'a été traité que quinze jours, une amélioration positive de l'étatgénéral, démontréepar l'excellence de l'appétit, parl'intégritédesfonctionsdigestives, par le changement de l'habitus extérieur, et trois fois par une augmentation de poids ; mais je ne puis guère attribuer cet effet en totalité au benzoate, car pour les malades de cette classe, le séjour et le régime de l'hôpital constituent une amélioration notable des conditions de vie, laquelle peut bien suffire pour produire ces résultats lorsque l'affection n'est pas trop avancée; d'ailleurs lorsque après mes trois premiers essais,j'aidûreconnaître que ce nouveau traitement ne jouissait pas d'une efficacité particulière, je n'ai pu me résoudre à me maintenir plus longtemps dans l'abstention thérapeutique, et j'ai donné concurremment soit l'huile de foie de morue, soit la glycérine et l'alcool. En cette situation, je crois sage à tout le moins de ne pas conclure absolument en faveur du benzoate, et le seul faite ertain est pour moi la modification de l'expectoration; c'est quelque chose au point de vue des phénomènes d'auto-infection, mais en somme ce résultat ne m'a pas paru plus marqué que celui qu'on obtient soit avec les inhalations d'acide phénique qui sont beaucoup moins fatigantes parce qu'elles sont plus courtes, soit même souvent par la simple adminisbration persistante de la créosote.
J'espérais que ces inhalations pourraient avoir, au bout de quelque temps, une action antipyrétique, cet espoir a été déçu; chez les malades peu avancés qui ne présentaient à leur entrée qu'une ascension vespérale
faible à 38° ou 38°,2 au plus, après trois à quatre jours, c'est vrai, ce mouvement fébrile du soir a cessé, mais ne faut-il pas encore ici tenir compte du repos? Je le pense, car chez ceux qui avaient une fièvre plus forte, tout effet de ce genre a manqué, ce que voyant, j'ai dû à plusieurs reprises recourir à la quinine ou à l'acide salicylique.
Reste la question de l'état local; sur ce point je me crois le droit d'être absolu, car chez aucun de mes malades je n'ai pu constater le moindre changement notable, plusieurs fois au contraire j'ai dû me rendre à l'évidence, et reconnaître que durant le traitement les lésions avaient légèrement progressé en étendue. Un seul malade, le moins avancé de tous, m'a présenté, au bout d'un mois de traitement, la modification que voici : il était affecté d'un catarrhe des deux sommets; à son entrée, les craquements éLaient perceptibles par la simple respiration, ]sans qu'il fût besoin des secousses de la toux; après un mois, les bruits n'étaient entendus qu'à l'occasion de la toux, la respiration n'en produisait aucun. Ce n'est qu'une nuance, peut-être temporaire (le malade a voulu sortir à ce moment), et qui ne dépasse pas ce qu'on peut attendre, à cette période, de tout traitement convenable aidé du repos et d'une alimentation réparatrice.
Deux de mes malades ont eu leur première hémoptysie au cours du traitement : l'un deux avait eu la veille une permission de sortie; musicien de son état, il avait joué de la flûte pendant plusieurs heures, et c'est là sans doute la véritable cause de cet accident; mais l'autre était bien tranquille à l'hôpital, il n'avait été soumis