DES INHALATIONS DE BENZOATE DE SOUDE
à aucune inllucnce perturbatrice, ses lésions étaient au début du stade de ramollissement, et c'est alors qu'il a été pris pour la première fois de crachement de sang. Loin de moi la pensée de tirer aucune conclusion de ce fait unique, mais j'ai cru devoir le signaler.
En résumé, le traitement n'est pas toujours accepté, loin de là; lorsqu'il l'est, il est certainement une cause de fatigue, et d'après ce que j'ai vu, les résultats qu'il donne ne me paraissent pas suffisants pour compenser toutes ces difficultés. L'utilité quant à la détersion des surfaces bronchopulmonaires me semble positive, mais il me semble aussi que cet effet peut être obtenu, avec moins de labeur, par des inhalations moins prolongées.
L'inhalation en soi n'est point désagréable ni par son goût, ni par l'impression qu'elle produit sur les muqueuses, je m'en suis bien des fois assuré sur moi-même jedois même dire quelebenzoate de soudeestàcetégard ; pour mon goût du moins, supérieur à l'acide phénique ; et comme l'action détersive exige des doses beaucoup moins fortes que l'action antibactérique, on peut utilement recourir à ce sel chez les malades qui, tout en ayant besoin d'inhalations de cet ordre, ne pourraient pas supporter l'acide. Il suffirait alors de faire inhaler 20 ou 25 grammes en trois ou quatre séances, dans l'espace de la journée.
Je termine ce sujet en vous signalant un fait intéressant à divers points de vue : chez trois de mes malades je me suis assuré qu'il se fait par l'inhalation une véritable absorption du benzoate, car j'ai trouvé dans leur urine une quantité d'acide hippurique supérieure à
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1 gramme etl gramme eldemipour vingt-quatre heures, alors que la quantité normale pour le même temps est de 30 à 40 centigrammes. L'excès de cetacide est dû dans ces circonstances à la métamorphose de l'acide benzoïque.
Phthisic pnenmoiiique. — Avant d'aborder la question du traitement, je crois devoir vous rappeler brièvement les principales particularités qui distinguent celte modalité de la maladie. Cette forme est essentiellement caractérisée par son début qui a ordinairement la soudaineté, l'acuité et les symptômes de la pneumonie aiguë unilatérale, soit circonscrite, soit disséminée, soit lobaire, soit lobulaire ; mais la résolution ne se fait pas à la date régulière, la fièvre, l'état aigu, les signes stéthoscopiques persistent avec d'insignifiantes variations pendant un mois, six semaines, et même davantage, et la pneumonie, jugée d'abord franche, s'affirme ainsi une pneumonie tuberculeuse ou caséeuse. Lorsque cet état a duré un certain temps (de quelques jours à quelques semaines) au delà des délais maxima de la résolution dans la pneumonie commune, il présente l'une des quatre évolutions que voici : il guérit par une amélioration tardive, avecousans reliquats appréciables àl'examen stéthoscopique; — ilsubsistecomme état aigu, etl'onvoit succéder aux infiltrations compactes (hépatisations lobaires ou tabulaires) les lésions du ramollissement et de l'excavation ; le malade succombe en quelques mois, après avoir passé, dans ce temps relativement court, par les même phases qui, dans la phthisie chronique ou commune, emploienl plusieurs années pour leur évolution; c'est pour cetle va-
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riété qu'il convient de réserver la qualification de phthisie galopante; — dans d'autres cas, l'état aigu cesse à une époque plus ou moins éloignée du début, de six semaines à trois mois en général, et la maladie revêt dès lors toutes les allures de la phthisie chronique; — parfois enfin la pneumonie tue en pleine acuité initiale, dans un délaide quinze à quarante ou soixante jours. Dans toutes ces circonstances, la période initiale peut être marquée par des hémoptysies assez abondantes et assez répétées, pour qu'on puisse admettre une l'orme hémorrhagique.
Parexception, et j'insiste d'autant plus sur ce faitqu'il est moins connu, V invasion peut manquer de Vacuité franche et soudaine qui la distingue d'ordinaire; le début est bien fébrile, mais la fièvre est moins haute d'emblée, l'explosion des accidents est moins totale, le développement en est plus traînant, le malade ne présente pas au bout de vingt-quatre ou quarante-huit heures l'état grave qui caractérise à cette date la pneumonie franche intense, bref, le tableau clinique rappelle bien plutôt la bronchopneumonie vulgaire, et ce diagnostic erroné ne peut être évité dans ces conditions qu'en raison de la disposition unilatérale des lésions. Quelle qu'en doive être en effet la distribution ultérieure, les lésions delà tuberculose pneumonique sont d'abord limitées à un seul côté, et d'après mes observations, le côté droit est plus souvent atteint que le gauche.
Une éventualité plus rare encore, qui n'a pas, que je sache, été signalée, et que je suis certain d'avoir observée au moins deux fois, c'est Vabsence de toute acuité fébrile dans les phases initiales de la maladie. Le début est lent comme dans la phthisie commune, le malade ne s'oliLe
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