‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 73 sur 95 · NOUVELLE CLASSIFICATION DES EAUX · texte numérisé non relu

NOUVELLE CLASSIFICATION DES EAUX

vers, les éléments de celte détermination thérapeutique, qu'on ne saurait sans danger prendre à la légère.

Je vous dirai maintenant, autant du moins que le sujet comporte un exposé synthétique, comment je conçois et réalise dans ma pratique l'application de ces principes généraux.

Phthisies primitives. — Il n'y a pas ici de maladie constitutionnelle antécédente fournissant des indications spéciales, et l'action des eaux, supposée aussi complète qu'on peut la désirer, est bornée à leurs effets sur la nutrilion générale, et sur les lésions bronchopulmonaires pérituberculeuses; elles n'en ont aucun, vous le savez, sur les altérations tuberculeuses elles-mêmes. Nombreuses sont les sources d'où il est permis d'attendre cette double action; vous rencontrez là des eaux chlorurées sodiques simples ou complexes, des eauxbicarbonatées chlorurées, des sulfatées calciques ou sodiques, des eaux sulfureuses, qui toutes, de la première à la dernière, peuvent être d'une réelle utilité. Pour vous diriger au milieu de ce dédale de richesses minérales, vous devez tenir compte avant tout de l'état réactionnel du malade, c'est-à-dire, pour employer l'expression abréviative ordinaire, du caractère floiïde ou torpide de sa phthisie, de l'existence ou de l'absence de phases aiguës dans l'évolution antérieure delamaladie; puis, pour être en mesure d'utiliser ces notions tirées du malade, vous devez être éclairés sur Vaction excitante respective des eaux et des climats des stations.

Par suite, une classification sur cette base est à mes yeux la seule utile au point de vue de la pratique médicale; elle offensera la chimie, c'est possible, mais il faut

pourtant bien que le médecin place au premier rang l'élément qui domine, ou du moins qui doit dominer, sa décision thérapeutique. Donc, je divise toutes les eaux applicables au traitement de la phthisie primitive en trois groupes, dans lesquels je tiens compte et de l'action des eaux elles-mêmes et de celle du climat, plus spécialement de l'altitude; une expérience déjà ancienne n'a cessé de me prouver l'utilité et la justesse de ce groupement nouveau qui est le suivant : 1° eaux et stations à excitation faible; — 2° eaux et stations à excitation moyenne; — 3° eaux et stations à excitation forte.

Le premier groupe s'adresse aux degrés les plus accusés de l'exciLabilitémorbide, auxhémoptoïques, aux individus dont la maladie a été entrecoupée d'incidents aigus.

Le second groupe convient aux malades qui, sans présenter la forme torpide proprement dite, ont une réaction, une excitabilité moins vive que les précédents, qui n'ont pas eu d'hémoptysies, ou qui ont eu seulement des hémorrhagies peu importan tes et apyrétiques, et dont la tuberculose a évolué depuis son début sans phase aiguë notable. Pour ces deux premiers groupes, notanir ment pour le premier, l'apparition passagère de quelques accès intermittents de la lièvre de tuberculisation, ainsi que je l'ai expliqué plus haut, n'est pas une contre-indication absolue.

Le troisième groupe enfin est approprié aux malades à réacLion franchement torpide; l'absence d'hémoptysies antérieures, l'absence dans les antécédents d'épisodes pneumoniques ou bronchopneumoniques fébriles, l'absence de fièvre actuelle, sont pour moi des conditions indispensables pour l'emploi de ces eaux. En raison même de la

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