GUÉRIS0N RELATIVE
de la pneumonie franche, d'après les résultats de l'examen stéthoscopique, que je pratiquais cinq mois après le début des premiers accidents, il n'y avait pas à douter de la forme de cette tuberculisation, il s'agissait d'une tuberculose pneumonique type, d'ailleurs sans antécédents de famille; l'état général était forl compromis, l'amaigrissement notable, un mouvement fébrile se manifestait presque tous les soirs, on pouvait croire déjà voisin l'état de phthisie confirmée. Cependant l'examen démontrait l'absence de toute ulcération pulmonaire, il révélait avec l'intégrité parfaite du poumon gauche une solidification en voie de ramollissement de la plus grande partie du lobe supérieur droit, lequel avait été le siège de la pneumonie initiale : matité en avant et en arrière, dans toute cette étendue mélange de souffle aux deux temps et de râles souscrépitants éclatant en bouffées sous l'action de la toux, tels étaient les signes indicateurs du reliquat de cette pneumonie évidemment caséeuse ou, comme il faut dire aujourd'hui, tuberculeuse. En raison des atteintes déjà subies par la constitution du malade, en raison de la fièvre vespérale, on devaitcraindre non pas seulement la persistance des lésions effectuées, mais leur extension, plus ou moins rapide. Eh bien! sous l'influence d'un traitement principalement dirigé en vue de la restauration de l'état général, sous l'influence de révulsifs énergiques et de l'intervention, à intervalles convenables, d'une médication antipyrétique, la constitution de ce jeune homme a été remarquablement améliorée, ses forces se sont accrues, la fièvre a cessé, et l'envahissement redouté n'a pas eu lieu. Ce premier hiver fut passé à Paris; au printemps,
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nous constalionsdéjàunenolablc augmenlalioû de poids, l'état de l'organisme était aussi satisfaisant que possible, mais rien, absolument rien n'était changé dans l'état local ; cependant un péril imminent avait été conjuré, le malade, comme je le disais tantôt, avait été mis en état de vivre avec ses lésions tuberculeuses, et le champ était libre pour l'application des méthodes thérapeutiques qui avaient dû être laissées de côté. L'aérothérapie, le séjour répété dans diverses stations climatériques répondant rigoureusement aux indications individuelles, ont complété l'œuvre commencée; chaque année nous avons gagné quelque chose, quoique à trois reprises nous ayons eu à compter avec des bronchites intercurrentes, bronchites toujours fébriles et accompagnées de légères hémoptysies ; depuis deux ans aucun incident de ce genre ne s'est produit ; j'ai revu ce jeune homme vers la fin de l'année 1879, il présente tous les attributs de la santé; il a pris de l'embonpoint, il vit de la vie commune, il est guéri, mais c'est une guérison relaLive ; la restauration constitutionnelle a arrêté l'action nocive du foyer; il est éteint, mais il persiste en tant qu'altération physique inerte; il y a toujours de la matité, moins étendue il est vrai, au sommet du poumon droit; la respiration superficielle y est faible et peu distincte ; la respiration profonde est d'une rudesse non contestable, voisine du souffle, et la toux provoque l'apparition de quelques râles humides, que la respiration est impuissante à produire. Il est possible qu'une amélioration plus complète de l'état local soit ultérieurement réalisée; mais en admettant même que les choses demeurent en leur état actuel, le