STATIONS D'ALTITUDE. - CONCLUSION
la prudence sera respectée, l'utilité d'un climat fortifiant sèra assurée à votre malade sans intervention de l'élément plus délicat résultant de l'altitude, et après ce premier hiver, qui, dans les conditions supposées, ne peut certainement pas nuire, vous verrez se dissiper toutes vos hésitations ; la voie sera clairement tracée, et si elle vous indique, comme par le passé, les climats rigoureux, vous pourrez sans crainte utiliser, pour la seconde année, les stations extrêmes que vous aviez prudemment délaissées. Vous aurez fait ainsi une œuvre utile, une œuvre vraiment médicale; car, ne l'oubliez pas, l'intérêt le plus pressant, le plus constant des malades exige qu'on leur assure aussi souvent, aussi longtemps que cela est possible, le bénéfice du traitement par les altitudes et les climats revivifiants de la montagne. Je vous recommande vivement cette méthode, à laquelle j'ai bien souvent eu recours dans les temps où j'étais moins familiarisé qu'aujourd'hui avec la solution de ce problème thérapeutique.
Une conclusion non moins brève que précise peut résumer cet exposé. — Davos — Samaden — Saint-Moritz sont les stations fondamentales du traitement parles climats de hauteur. — En raison de leur élévation considérablement moindre, les autres stations du groupe, Gôrbersclorf — Falkenstein — Aussee sont des stations de suppléance ; elles doivent être réservées pour les cas qui contre-indiquent les altitudes extrêmes, tout en étant justiciables des climats froids d'hiver; et pour les malades qui, fléchissant sous le préjugé et la routine, refuseraient le recours aux résidences les plus élevées.
Malgré la netteté et l'apparente précision des règles que j'ai formulées, je ne dois pas vous cacher, Messieurs, qu'en dehors de la période de prophylaxie, la détermination relative au séjour des altitudes extrêmes est une des plus délicates, des plus difficiles de la pratique médicale. Elle reste, quoi qu'on fasse, une question purement individuelle, dont la solution, se dérobant à tout arrêt, peut être aidée, mais non point donnée, par des règles dogmatiques; et pourtant, sachez-le bien, vous n'avez pas le droit de fuir cette difficulté; certes, il est bien facile d'y échapper, en renonçant, de propos délibéré à utiliser les altitudes et les climats rigoureux dans le traitement des phthisiques; mais ce faisant, vous manquerez à votre mandat, car, si, par suite de ce parti pris, vous enlevez cette ressource thérapeutique à un malade pour lequel elle est réellement indiquée, vous êtes certains de lui être nuisibles, par cette omission d'abord, et très probablement aussi par la cure antagoniste que vous lui conseillerez en manière de substitution. Je vous l'ai dit à satiélé : ce traitement est puissant, il est aussi puissant pour le bien que pour le mal; il n'est jamais indifférent, il est ou très utile ou très nuisible, selon qu'il est bien ou mal approprié aux conditions individuelles; et l'embarras est encore accru parce fait que l'observation et l'expérience sont les seuls guides certains d'un jugement qui défie toute fixité. Oui, tout cela est vrai, et je ne vous le dirai jamais •assez; mais suit-il de là qu'il faille laisser de côté cette méthode? Ce serait en vérité une étrange conclusion, et une singulière manière de comprendre le devoir du médecin. Est-ce que vous renoncez à la digitale parce