‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 90 sur 95 · CLIMATS DE PLAINE. — EFFETS ET INDICATIONS · texte numérisé non relu

CLIMATS DE PLAINE. — EFFETS ET INDICATIONS

préservation locale, et la nécessité de cette conciliation conduit à utiliser non seulement les climats les moins chauds que commanderait l'indication constitutionnelle isolée, mais aussi les climats plus doux qui peuvent répondre plus complètement à la double exigence du traitement. Il est donc absolument nécessaire, c'est même là peut-être la notion tout à fait prépondérante, de savoir pour la totalité du groupe des stations de plaine, et non pas seulement pour quelques-unes des unités qui le composent, ce qui en est au vrai de l'action du climat sur l'état des forces, sur la restauration constitutionnelle.

Il y a à ce sujet trois procédés d'information. On peut consulter les indigènes et les résidents habituels de la localité; ce premier procédé est le plus mauvais, vu les erreurs certaines d'appréciation issues de l'indigénat ou de l'accoutumance; — on peut consulter l'état et les renseignements des malades qui ont fait dans la localité un séjour de quelques mois, données auxquelles il faut ajouter les renseignements fournis parles personnes bien portantes qui les ont accompagnés ; ce procédé est beaucoup meilleur quant à la valeur des notions obtenues, mais il est singulièrement défectueux quant à la méthode, puisque le malade est exposé ainsi à tous les hasards d'une expérimentation, dont l'expérience préalable du médecin devrait le préserver; — reste enfin le procédé vraiment supérieur de l'impression personnelle, qui unit la certitude à la rapidité; il ne faut qu'un peu de temps et l'habitude de l'observation pour apprécier sur soi-même l'action fortifiante ou débilitante d'un climat quelconque, et les conclusions sont directement applicables aux malades; bien plus, elles

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sont applicables avec une force accrue de toute la différence que présentent l'organisme sain et l'organisme malade, dansleur résistance aux impressions extérieures. L'action jugée sur lui-même par un adulte en bonne santé, sera toujours une action de même sens chez le phthisique, mais l'énergie de l'action sera augmenléeen raison directe de la débilité et del'impressionnabilité des individus. C'est à cette catégorie d'appréciations, c'est à ce mode de jugement que je faisais allusion au début de ces leçons, lorsque je vous parlais de l'impression spéciale du climat sur l'organisme qu'il affecte, d'une action indéfinissable dont la cause ne peut être saisie, et dont on demanderait vainement la révélation aux tables des conditions atmosphériques; cette action, vous disais-je encore, ne peut être jugée que sur place, il faut la subir pour la discerner. Je suis bien loin de contester la valeur des renseignements fournis après coup par l'étude des malades et des personnes qui ont partagé leur résidence; mais je pense qu'il est bon de les prévoir au moyen de notions préalables, et que par suite l'association du jugement personnel aux données issues de l'observation pathologique, constitue, en pareille matière, la meilleure méthode d'information. C'est sur cette double base que sont assis les appréciations et les conseils pratiques, dont je vous entretiendrai bientôt.

Si vous vous l'appelez la valeur pathogénique que j'attache à l'hypotrophic constitutionnelle, et l'importance supérieure que je reconnais par suite à l'indication tirée de l'état général, vous comprendrez aisément que je donne une très large place dans le traitement climatérique à l'action fortifiante ou débilitante des climats,

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et que cel élément de détermination soit l'objet de ma constante préoccupation.

Mais il convient, avant de poursuivre, que je vous mette en garde contre une erreur qui est bien souvent commise.

En matière de climatothérapie, on confond fréquemment d'une part, l'action excitante et l'action fortifiante d'un climat, d'autre part l'action sédative et l'action débilitante; et on les confond si bien, que ces désignations accouplées sont employées indifféremment l'une pour l'autre. Il y a là, selon moi, plus qu'une confusion, il y a une erreur. V action excitante et Y action sédative se rapportent en sens inverse à l'état du système névrovasculaire, et à l'irritation des voies respiratoires; Y action fortifiante ou tonique et Y action débilitante se rapportent, en sens inverse, à l'état de la nutrition el à l'état des forces.

Voulez-vous la preuve de la justesse et de la nécessité de cette distinction? Voyez les effets des deux actions sur le malade. L'action excitante se traduit par de l'agitation physique et morale, par une impressionnabilité exagérée jusqu'à être pénible, par de l'insomnie rebelle, souvent par de la céphalalgie, par l'accélération ou la variabilité du rhythme respiratoire et circulatoire, enfin par des signes non douteux d'irritabilité laryngo-bronchique; et avec cette apparence trompeuse de mouvement et de vie, surviennent plus tôt ou plus tard un sentiment de lassitude réelle et constante, un éloignement croissant pour tout exercice qui est immédiatement une fatigue, et souvent aussi une diminution plus ou moins marquée dans l'activité de la nutrition. — L'action

fortifiante n'a rien de tout cela; sous son influence, l'excitabilité névro-cardiaque reste ce qu'elle était auparavant, l'irritabilité de La muqueuse aérienne n'est nullement accrue, mais le malade éprouve un sentiment d'entrain, de vigueur nouvelle; ce sentiment répond à un changement réel, que démontre l'aptitude journellement augmentée pour l'exercice musculaire; l'accroissement de l'appétit, des digestions, l'intégrité de l'assimilation, l'activité tranquille de l'hématose achèvent de caractériser cet état, que traduit enfin d'une façon non douteuse l'augmentation des forces et du poids du corps. Peut-on concevoir, je vous le demande, deux états plus opposés, deux groupes d'effets plus contradictoires? L'opposition est la même entre l'action purement sédative et l'action débilitante, auxquelles s'appliquent avec des traits renversés les descriptions précédentes. Il faut donc se garder ici d'une confusion qui est contraire à la réalité, et distinguer soigneusement ces deux modes d'action, dont je vous ai présenté les types les plus accusés.

Les deux propriétés que l'on peut appeler positives, c'est-à-dire l'action excitante et l'action fortifiante, peuvent être réunies dans un même climat, et les propriétés négatives, l'action sédative et l'action débilitante, peuvent également se rencontrer dans une même région; mais cette association harmonique est loin d'être constante, et par conséquent l'assimilation et la synonymie que je combats, conduisent forcément à une interprétation erronée de l'action des divers climats. Voyez l'Egypte; ce climat est sans contredit le plus excitant parmi ceux de mon second groupe, mais il en est

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