‹ Curabilité et traitement de la phthisie pulmonaireChapitre 91 sur 95 · CLIMATS DE PLAINE. — EFFETS ET INDICATIONS. AÂ · texte numérisé non relu

CLIMATS DE PLAINE. — EFFETS ET INDICATIONS. AÂ

en même temps le plus débilitant, à mon sens du moins. — Voyez Madère; c'est le climat sédatif par excellence; est-il débilitant? pas le moins du monde; il est au contraire plus fortifiant que débilitant. Je suis heureux de me trouver en accord sur ce point avec mon émincnt confrère Lombard (de Genève). — Voulezvous d'autres exemples? je le veux bien aussi, ils sont instructifs. Passez de Madère à Alger, ou plutôt à Mustapha, et vous trouverez que les deux propriétés présentent une modification respectivement inverse; l'action tonique est grandement diminuée, mais l'action excitante est accrue. — C'est encore l'opposé pour les climats de la Riviera méditerranéenne; ils sont tous excitants à des degrés divers; sont-ils donc fortifiants comme le voudrait la synonymie en question? on l'a dit, mais il m'est impossible de l'admettre, et je les trouve à cet égard sensiblement indifférents, ni fortifiants, ni débilitants. Pour la Riviera italienne, en effet, l'action fortifiante est littéralement nulle; pour la Riviera française, elle est peut-être faiblement ébauchée, mais elle est trop peu marquée pour prendre la valeur d'un élément thérapeutique de réelle importance. C'est là, du moins, la conclusion formelle de mes études sur ce point.

Parfois, ainsi que je vous l'ai dit, les propriétés analogues marchent de pair ; sela est certain, par exemple, pour Méran et Montreux, dont les climats ont à la fois une action fortifiante énergique et une action excitante modérée; cela n'est pas moins certain pour Pau et Pise, dont les propriétés climatériques sont remarquables à la fois par l'action sédative et par l'action débilitante; je n'ignore pas que dans ces derniers temps on a tenté

m TRAITEMENT CLIMATÉRIQUE. ■

d'assigner au climat de Pau une action tonique, mais mon expérience me défend d'accepter une pareille assertion. Il y a donc bien évidemment des climats à propriétés harmoniques qui agissent dans le même sens, c'est-à-dire en plus ou en moins, si j'ose ainsi dire, sur l'excitabilité et sur l'état de la nutrition et des forces; mais même alors ma distinction doit être maintenue, car il est très rare que ces propriétés simultanées et de même sens soient égales quant à leur degré; cela est bien frappant pour les stations de Méran et de Montreux ; l'action excitante, qui est réelle, est si peu accusée comparativement à l'action tonique, qu'elle peut être totalement négligée, dans les cas où l'indication constitutionnelle est véritablement dominante.

La distinction dont je viens de vous entretenir est donc fondamentale; si vous la négligez, ce ne sont pas seulement les climats qui seront par vous mal interprétés, ce sont aussi vos malades qui seront mal dirigés. Quelle est en effet la conséquence inévitable de cette assimilation fautive entre l'action excitante et l'action fortifiante? c'est la fusion non moins erronée de deux indications thérapeutiques complètement différentes, savoir : l'indication tirée de Yexcitabilité névro-vasculaire, et l'indication tirée de I'état des forces et de la nutrition. Or la première est une indication purement symptomatique ; la seconde est une indication causale et pathogénique, puisqu'il s'agit ici d'une maladie dont I'iiypotrophie constitutionnelle est à la fois l'origine et le moyen. Ce simple aperçu vous montre que la valeur clinique de ma distinction est au moins égale à son intérêt climatologique, et il vous enseigne

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