‹ Curage et Curettage dans les Suites de CouchesChapitre 6 sur 14 · LEUR BUT. LEUR DIFFÉRENCE · texte numérisé non relu

LEUR BUT. LEUR DIFFÉRENCE

En thérapeutique utérine le curage et le curettage ont été souvent exposés comme deux méthodes différentes, ayant dans leur action une certaine identité, particulièrement au point de vue de l'infection. Et à un moment donné il est résulté que le curettage instrumental devait l'emporter à tout jamais, qu’il constituerait la panacée souhaitée. Il est bien déchu aujourd’hui de cette place prépondérante.

En fait il y avait confusion : le curage et le curettage sont deux opérations parfaitement différentes, non pas seulement dans leur mode d’action et leur manuel opératoire, mais encore dans le but qu'elles se proposent et il suffit de se reporter à leur définition pour le comprendre

Le curage c'est l'ablation de corps étrangers, de quelque nature qu’ils soient, retenus dans la cavité utérine, qu'ils s’agissent de produits physiologiques comme le piacenta on de produits pathologiques comme des polypes ou des tumeurs. Il a pour but de détourner par l’ablation des corps étrangers les conséquences qui résulteraient ou ont déjà résulté de leur séjour et naturellement le curage se trouve ainsi dirigé contre hémorragie d’une part, l'infection de l'autre, qui sont les deux grandes complications de la retention de produits étrangers dans la cavité utérine.

Le curettage au contraire, c'est l’abrasion de la muqueuse utérine et c’est tout. En vouiant lui demander l’ablation des corps

étrangers, on lui demandait plus qu'il ne pouvait donner et l’on comprend combien ses indications se trouvent réduites de ce fait même. Peut-on par l’abrasion de la muqueuse utérine lutter contre les affections à point de départ utérin qui menacent la vie de la femme et entraînent l’'hémorragie et l’infection qui sont les grandes complications de la puerpéralité, quelquefois immédiates, d'autrefois éloignées. Evidemment oui, dans certains cas, mais encore faut-il d’une part que ce soit la muqueuse et la muqueuse seule qui soit en jeu, d'autre part que la muqueuse puisse être abrasée dans sa totalité, et l’on conçoit combien déjà ces indications se trouvent réduites.

Pour bien comprendre les indications respectives des deux, il faut se pénétrer de ces idées, de leur définition même et aussi comprendre qu'elles sont les conditions dans lesquelles se trouvent la matrice après l’accouchement comme après l'avortement, immédiatement après ou assez longtemps après. De ces conditions découlent évidemment les indications opératoires, le résultat que l’on peut en espérer, les dangers qui peuvent résulter de l’emploi non judicieux ou inconsidéré de l’une ou de l’autre de ces interventions. Ë

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