‹ Curarisation et AnesthésieChapitre 48 sur 69 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

Depuis 4 ou 5 ans que des milliers de curarisations ont été faites, dans les pays anglo-saxons, quelques rares cas de mort ont été publiés, Ils ont donné lieu, du reste. à des discussions passionnées, et, toujours, se sont produits dans des circonstances où le rôle néfaste du curare n'apparaît pas avec évidence.

Prenons, pour exemple, un cas récent, cité dans une rubrique d'un numéro du «Lancet », de 1946. et discuté par Asquith et Gould (5) : il s'agit d'une vieille femme de 70 ans, atteinte de péritonite aiguë, et chez qui on pratique 1 gr. de pentothal et 180 me. d’Intocostrin en une seule injection intra-veineuse. Faut-il beaucoup de commentaires pour montrer le côté (spécieux » de cette observation?

Edward et Gray (42) signalent que dans une série de 1.040 cas, ils ont eu deux morts : chaque fois, il s’agissait d’un malade ayant un myocarde très atteint.

Nous avons eu à déplorer, aussi,-une mort sur la table d'opération (Obs. N° 21): il S'agissait d'un homme de 58 ans, envoyé pour un uleus perforé, datant de 28 heures. Avant l'intervention, il était dyspneïque et Cyanosé, avec un pouls prenable mais lent. Quelques minutes après l'injection de curare, il fit une paralysie diaphragmatique qui nécessita la mise en marche de la respiration artificielle. Dès ce moment, le pouls et la T.A. sont devenus imprenables, et. à notre surprise, malgré une oxygénation mécaniquement satisfaisante, la cyanose persistait. Evidemment, le silence abdominal était parfait, facilitant considérablement le geste du chirurgien, mais la syncope se prolongeait, au point que nous fîmes faire 2 mg. de Prostigmine intra-veineuse, du reste, Sans effet; nous dfmes entretenir, ainsi, les échan-

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ces pendant une 1/2 heure, mais nous avions l'impression très nette que, si nous assurions le brassage du milieu oxygéné, dans les voies aériennes, l’hématose souffrait du ralentissement circulatoire, dû au choc que faisait ïe malade. En effet, il pût reprendre, pendant 20 minutes, une respiration autonome, mais ne pût sortir de ce chos, qui le fit expirer au moment où on plaçait le serre-corps.

Prétendre que, chez cet homme, la syncope respiratoire ait été favorable, ce serait manquer, à coups sûrs, de sens clinique; mais, de là à mettre la mort sur le compte de la méthode, il y à un fossé que nous nous refusons de franchir.

b) SYNCOPE RESPIRATOIRE

Nous avons, à diverses reprises, parlé de cette paralysie diaphragmatique temporaire, qui doit être l’objet de toute l’attention de l’anesthésiste, mais non en devenir lobsession.

ÎL VAUT MIEUX UNE PARALYSIE DU DIAPHRAGME QU'UNE MAUVAISE CURARISATION.

Tous les auteurs en ont eu, ét, tous, reconnaissent sa bénignité, à condition d'opérer en (circuit fermé », afin d'assurer, par des pressions douces et rythmées sur le ballon du «rebreathing », la respiration artificielie. Nous avons trop insisté sur le caractère INDISPENSA- BLE de cet appareillage, pour y revenir plus longtemps.

La durée de cet accident respiratoire est variable ; aux doses classiques, elle n'excède pas 5 à 15 minutes. Mais il faut savoir qu'elle à pû être prolongée, volontairement, pendant plusieurs heures (Whitacre = 155), sans gros inconvénients.

On est rarement obligé de recourir à la Prostigmine, mais il faut, néanmoins, en avoir toujours à portée. Nous renvoyons à ce que nous avons dit déjà, sur ce sujet.

C) SPASME BRONCHO-TRACHÉAL

Beaucoup d'auteurs ont signalé cet accident, IT a, pour conséquence, une gêne grave de l’hématose que ne peut vaincre aisément la réspiration artificielle.

.. Les uns, tels que Whitacre et Fisher (155), ainsi que Holaday (85) en accusent une anesthésie trop légère, en-

traînant un broncho-spasme («reflexe ». Cole, au contraire, soupçonne un hyperdosage de curare. West (152) pense qu’une petite dose agit en contractant les muscles bronchiques, ce qui lentraîne dans une hypothèse opposée à celle de Cole, Enfin, Griffith constate que cette éventualité peut se produire au cours d'une anesthésie parfaitement conduite.

C’est cette préoccupation qui incline les anesthésistes anglais à pratiquer, presque systématiquement, l'intubation trachéale.

Pour nous, lx chance à dû nous sourire, car, pas une seule fois, nous n'avons eu d’ennui à ce sujet, mais notre série est trop courte, pour pouvoir bâtir une opinion solide.

Voilà les accidents majeurs qui peuvent survenir en cours de curarisation.

On à signalé, aussi, des CHUTES BRUTALES DE TA. ; un HOQUET passager, Greenfield (56) aurait méme eu des CON VULSIONS en cours d’anesthésie.

Ce ne sont là qu'apports disséminés, sans 2TOS Intérêt, vu le nombre énorme des publications Qui traitent des accidents du curare.

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