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Le CURARE dont les noms sont aussi variés qu’euphoniques (Woorara, Voorara, Worari, Wourari, Wouraru, Wurali, Urari, Ourari, Veneno, etc...) est un poison dont les peuplades d'Amérique du Sud, descendants des Astèques, enduisaient la pointe de leurs flèches, pour à chasse du gros gibier et pour la guerre : d’où le nom poétique de CMort volante » qui lui était encore réservé. Le terme serait-il tellement déplacé, de nos jours, malgré l'évolution des méthodes ?.…
C’est, semble-t-il, Sir W. Raleight qui rapporta, pour la première fois, en Europe, vers 1595, les flèches indiswènes enduites du mystérieux et terrible poison, ainsi que les légendes qui s’associaient à sa fabrication. Dans les années qui suivirent, de nombreux voyageurs ayant parcouru ces régions sauvages, rapportèrent des récits plus où moins fabuleux, mais, peu de faits précis sur la provenance du produit et ses effets.
Les recherches scientifiques partent de France avec les travaux de Boussingault et Roullin (182$), de Pelletier et Pétroz (1829), puis, à partir de 1844, ceux de Claude Bernard : ceux-ci marquent une date capitale dans l'histoire du poison. En effet, dans ses nombreuses communications, le grand savant français étudie si minutieusement les propriétés physiologiques du produit que, malgré tout ce qui a paru depuis, on à bien peu retouché ce magnifique tableau.
C'est un de ses élèves, Preyver, qui à pu isoler le premier alcaloïde, qu'il appela là Ccurarine ».
Par la suite, alors que lEcole Française, avec Lapicque, semble vouloir continuer lœuvre physiologique de CI. Bernard, les chimistes étrangers font progresser nettement la question : citons, en particulier, Bœhm et, surtout, King qui, en 1935, arrive à isoler le principe actif qu'il nomme Çchlorure de dtubo-curarine ». Puis,
Wintersteiner et Dutcher, de chez Squibb, préparent, en 1942, un corps pur et stable, F @Intocostrin » qui va permettre l'introduction du produit dans la thérapeutique courante.
Depuis quatre ans, l’évolution se fait vers les pro” duits de synthèse, et il semble que les chimistes français aient pris le pas dans cette voie : en effet, le 3.381 R.P. a été un des premiers corps utilisables en clinique.
Quant à l'Histoire du passage du poison dans Parsenal thérapeutique, malgré des essais à diverses époques, en particulier, à Bordeaux, par MM. Follin et Gintrac, elle remonte essentiellement à 1942 où Griffith et Johnson eurent l'idée d'employer le curare dans l'anesthésie. Yest, surtout, du reste, à partir de 1944, en raison de la commercialité de F «Intocostrin », que la méthode se vulgarise aux U.S.A., passant rapidement en Angleterre où l'enthousiasme semble aûssi grand.
La guerre à fait un barrage à cette onde nouvelle, et cest avec un retard de trois où quatre ans que les journaux de langue française commencent à aborder le sujet. encore, la difficulté d'obtenir les préparations étrangères eût-elle stoppé les travaux, si les Laboratoires Français ne s'étaient pas mis à l’œuvre, pour fabriquer des produits de synthèse et permettre à notre pays de participer à une évolution qui promet d'être grosse de conséquences dans le domaine de FAnesthésie.