STATION ZOOLOGIQUE D'ARCACHON
connu, sur du sulfate de soude anhvdre. Ce sulfate de soude anhydre, chargé de germes, était dilué dans un volume d'eau stérilisée suffisant pour le dissoudre. La totalité de ce liquide était ensuite incorporée à une certaine quantité de gélatine, que Ton réparlissait dans des plaques de Pétri, placées à la température de 25°C.
Nous avons obtenu :
A. Sur la plage. — L'air recueilli par forte brise de O.-N.-O, en deux points différents, contenait 150 à 155 colonies par mètre cube. Les germes de ces colonies, après culture, se répartissaient de la manière suivante :
10 espèces de cocci,
4 levures,
6 moisissures,
15 espèces de bacilles.
B. En forêt. — La culture de l'air a permis de déceler 80 germes seulement par mètre cube, ainsi répartis:
12 moisissures: se rapportant au Pénicillium glaucum^ à VAspergillus candidus^ au Mucor mucedo, et au Sterigmatùcystis nigra^
68 microbes qui sont: le Bacillus megaterium^ le Micrococcus prodigiosus ^ le Bacillus mesentericus vulgatus.
Nous avons également procédé à l'étude bactériologique <ie Tair de la forêt, par une autre méthode : l'exposition à Tair libre, pendant vingt heures, de plaques de Pétri chargées de gelées nutritives. L'exposition des plaques, en trois endroits différents, par un temps calme, a duré une nuit et une matinée entières. Le nombre des germes recueillis a été 0.4.8.
Nous devons à M. E. d'Hubert, une autre expérience confirmative des nôtres, quoique obtenue par une méthode différente, mais comme les nôtres, poursuivie dans la forêt littorale. « Recherchant les micro-organismes pour l'étude, je mis sur ma fenêtre un vase contenant de l'eau, et je fus
étonné, au bout de deux jours, de ne pouvoir déceler dans cette eau aucun des infusoires que l'on rencontre habituellement dans l'eau croupie. Plusieurs fois je répétai Texpérience et toujours avec le même insuccès. Cela prouve que l'air est très pur... »
Ces résultats montrent que l'atmosphère forestière, au voisinage de TOcéan, est d'une extrême pureté. Ge fait, peut s'expliquer par la richesse de cette atmosphère, en ozone d'une part, et d'autre part, si l'on admet que la feuille des arbres joue vis-à-vis des germes, le même rôle que les bourres de coton qui obstruent les tubes de culture.
Mais quelle est la valeur réelle de la pureté atmosphérique de ce district du littoral atlantique, sur lequel ont porté nos recherches ? 11 suffit pour s'en rendre compte de rapprocher nos chiffres de ceux obtenus par Miquel :
Micro-organismet p«r mètre cube.
Haute mer (Miquel)
A 100 kil. des côtes (Miquel) 6 à 45 \ . , , , .. ..
w ... , ., ,. ,,, ,j I I Selon la direction
Lattoral atlantique, Plage (Lalesque | ,
et Rivière) 150 à 155) auvent.
Littoral atlantique, Forêt (Lalesque
et Rivière) 0. 4. 8. 80.
Parc de Montsouris (Miquel) 480
Paris, rue de Rivoli — 3. 480
Conclusion : L'air très pur sur le littoral atlantique, devient excessivement pur dans les districts de ce littoral^ bordés de forêts de pins maritimes.