‹ Cure marine de la phtisie pulmonaireChapitre 69 sur 101 · CONGESTION OU INDURATION PULMONAIRE PAR INFECTION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

CONGESTION OU INDURATION PULMONAIRE PAR INFECTION GÉNÉRALE

10 cas. — Congestion ou induration pulmonaire, d'un ou des deux sommets, consécutive à diverses maladies infectieuses (fièvre typhoïde, influenza, rougeole).

Pesées ; 10 cas, augmentation de 1 kilo à 14^,500.

Durée du sâjour : deux à quatorze mois.

Durée de la guérison : 3 cas, inconnue.

3 cas, six mois.

4 cas, deux à huit ans.

Observation X. — Induration pulmonaire (sommet droit) d'origine grippale. — Durée de séjour : trois mois. — Augmentation de poids : A kilos. — Guérison depuis six ans.

Petite fille de sept ans. Bons antécédents héréditaires.

En janvier 1890, sérieuse attaque d'influenza, suivie de bronchite. « Lorsqu'on m'a demandé de la voir, vers le milieu de février^ elle toussait un peu, avait maigri, pâli, était sujette à des accès de fièvre quotidienne vespérale, le thermomètre montant jusqu*à 39®. L'auscultation donnait quelques rikles muqueux, au voisinage des sommets, et une matité, presque absolue, sous-claviculaire droite. Assez promptement, sous Tinfluence du repos au lit et de la médication quinique, la température s'est abaissée le soir à 38", puis audessous, et actuellement (15 mars)^ les ascensions fébriles sont

rexceptîon. L'enfant parait avoir, depuis quelques jours, de petites crises de céphalalgie intermittente et quotidienne, revenant le matin ou à midi, mais ne coïncidant pas nécessairement avec de la fièvre. A la percussion, la sonorité du sommet droit reste diminuée, surtout en avant, bien que la matité sous-clavière ne soit plus aussi franche. Le murnàure respiratoire est diminué, au même niveau, et il y a des rMes assez lins, surtout dans les inspirations profondes.

« L'enfant a repris un peu de force, mais elle est encore peu colorée. L'appétit laisse surtout beaucoup à désirer. La toux, bien que diminuée, persiste encore. En somme, il s*est fait il y a un mois ou un peu plus, au sommetdroit, une poustéecongestivey dontla véritable nature ne m 'apparaît pas encore bien nettement, mais dont la localisation et les allures m'inspirent des craintes sérieuses. Les médecins appelés en consultation redoutent aussi une affection tuberculeuse. »

18 mars 1890. A l'arrivée de la petite malade, voici ce que je constate localement: Poumon droit, «naoan/, surla hauteur des deux premiers espaces intercostaux, et plus particulièrement accusée vers la région de l'épaule, c'est-à-dire en dehors, matité avec résistance au doigt, exagération des vibrations thoraciques, et à l'auscultation, absence du murmure respiratoire, avec respiration soufflante. En arrière, dans toute la fosse sus-épineuse, les phénomènes physiques sont les mêmes, mais en plus, on entend des râles souscrépitants très fins, par bouffées isolées et variables.

4 mai. Amélioration générale, absolument nette qu'accuse la balance, comme le démontrent les pesées relevées à la fin de l'observation.

L'appétit, allumé dès le début de la cure d'air, a -amené vers le 10 avHl un léger embarras gastrique par encombrement, d'où recul momentané dans l'augmentation de poids.

Sommeil parfait. Toux absolument nulle. L'enfant court et joue sans le moindre essoufflement. La matité du sommet droit est très sensiblement diminuée, les râles fins sus-épineux ne sont plus perceptibles même dans les inspirations profondes. La respiration commence à s'entendre, par instants, dans la région sousclavière, les vésicules pulmonaires s'y déplissent par endroits. Le souffle est moins prononcé.

15 juin. Au moment du départ, l'enfant est transformée et pèse 25*^, 250, ce qui constitue un bénéfice total de 4 kilos. La matité sous-épineuse droite n'est plus que de la submatité légère, beaucoup

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plus circonscrite. Le murmure vésiculaire s'entend presque partout dans le sommet, et la respiration a perdu son caractère soufflant.

23 mars. 21^,250. 19 avril. 21^,750.

6 avril. 22S240. 4 mai. 23\150.

43 — 21^,500. 15 juin. 25^,250.

Guérison persistante (15 juin 1890 à fin août 1896).

Observation XI. — Fièvre typhoïde à rechute. — Entérite rebelle, — Poussées congestives pleuro-'pulmonaires du sommet droit, avec hémoptysie — Phénomènes d'émaciation graves. — Durée de séjour : dix mois. — Augmentation de poids (six derniers mois) : 14^,500. — Guérison.

Jeune fille, treize ans et demi. Contracte une fièvre typhoïde, au début du mois de septembre 1895, en Suisse.

Elle fut ramenée à Paris, au bout de quelques jours.

« Je la revis seulement à mon retour des vacances, le 8 octobre. On me la donnait comme guérie. Dès ma première visite, je constatai qu*il n*en était rien. Dès le soir, la fièvre reprenait, et elle faisait une rechute qui dura une quinzaine de jours, rechute caractérisée par des troubles abdominaux très accusés : dilatation de Testomac avec vomissements quotidiens (glaires, bile, aliments), anorexie complète, diarrhée fétide ; foie très gros, descendant presque jus* qu'à Tombilic.

«Dès que la fièvre tombe, comme les vomissements persistaient, je mis la malade au jambon, et en vingt-quatre heures, les vomissements cessaient. »

Mais depuis le 1*' novembre jusqu'au iO décembre^ M"' X. eut des retours de fièvre, durant un à deux jours, toujours accompagnés de troubles gastriques ou intestinaux, avec dilatation de Testomac, et augmentation du volume du foie, qui d'ailleurs, depuis le S octobre jusqu'au 1" mars 1896 (jour de l'arrivée à Arcachon), est toujours resté trop gros, de deux à trois travers de doigt au-dessous des côtes. En même temps crise passagère de dilatation du cœur, et dilatation de la pupille gauche (qui persiste encore enmars 1896).

Du 10 au 31 décembre, amélioration progressive, retour de l'appétit, selles bonnes.

Le 31 décembre 1895, le 10 et le 22 janvier 1896, nouveaux accès fébriles ; à ce dernier accès, première constatation de désordre^ pulmonaires. Congestion de la base droite, à type pleurétique : matité

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absolue, souffle voilé, absence de vibrations thoraciques, égophonie légère. Une ponction exploratrice montre qu'il n'y a que de la congestion.

La fièvre, après une durée de cinq à six jours, tombe, et peu à peu les signes de la base s'atténuent, sans que jamais le retour de la sonorité fût parfait.

Préoccupé de cet état, et surtout du foie toujours gros, malgré l'usage d'un emplâtre de Vigo, de l'iodure, des alcalins, etc., le médecin traitant montre l'enfant au regretté Hanot. Après avoir écarté l'idée d'abcès du foie, rejeté l'influence directe de la fièvre typhoïde, il admit une altération du foie : congestion due à des intoxications stomacales ou intestinales d'ordre banal (coli-bacille), et soumit la malade à un régime encore plus sévère que celui indiqué jusqu'alors.

Le 4 février y nouvelle crise fébrile. Le 9, nouveau point suspect dans la poitrine à droite, mais cette fois-ci, non plus à la base, mais au sommet, traduit par une légère diminution de sonorité, et du murmure respiratoire.

Le il, la submatité très nette, plus étendue, coïncide avec de la respiration soufflante, de la résonance de la voix. Le départ pour le Midi est conseillé dans le plus bref délai.

Du il au 19, ce dernier jour avait été fixé pour le départ, les signes de congestion du sommet droit grandissent. La toux, ayant débuté le 22 janvier, devient plus fréquente, tout en restant sèche. L'enfant maigrit à vue d'oeil.

Le 17 et surtout le 18, retour de la diarrhée et des vomissements. Et ce dernier jour, hémoptysie légère.

Le 20, l'enfant est vue en consultation par un médecin des hôpitaux, spécialisé à la clinique infantile, qui constate :

1** De la submatité de la base droite.

2<* De la malité du sommet droit en avant et en arrière, avec respiration soufflante.

3^ Expectoration de quelques crachats, l'un sanglant, les autres purulents.

4® Un ballonnement notable du ventre, avec empiétement diffus, gargouillement intestinal ; diarrhée assez abondante, fétide ; foie gros, descendant à l'ombilic.

5° Ëmaciation très notable.

Il conclut, avec le médecin traitant, aune évolution de tuberculose ; consécutive à une fièvre typhoïde à rechute.

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5 mars. Depuis le 20 février^ il s'est produit peu à peu une amélioration notable. La diarrhée a peu à peu diminué, et de lientérique qu'elle était, est devenue diarrhée simple. Actuellement les selles sont molles. L'enfant, d'un demi-litre de lait, est arrivée à près de deux litres (lait stérilisé).

Le ventre a perdu son ballonnement, le foie est revenu à son taux d'hypertrophie, presque normal, depuis le mois cT octobre.

La toux est plus rare, tantôt sèche, tantôt humide. Les expectorations sont rares, encore purulentes. Un examen bactériologique (au point de vue du bacille de Koch) a été négatif.

Submatité très nette sous la clavicule droite. Matité dans la fosse sus-épineuse et le haut de la sous-épineuse ; submatité de la base droite. Respiration nulle, un peu soufflante au sommet, parfois quelques craquements humides.

Quelques ganglions cervicaux postérieurs.

L'amaigrissement est excessif.

Pas de fièvre. Pas de sueurs nocturnes.

Moral déprimé.

Tel est l'état de la petite malade à son arrivée.

Amenée ici pour une saison de 2 ou 3 mois, elle a fait, sur mon conseil, un séjour qui dure encore, et date aujourd'hui (Janvier 1897) de dix mois.

Dès l'arrivée, toute médication supprimée, la cure d'air et de repos fut commencée. La cure de repos absolu a duré exactement cinq mois.

Le régime alimentaire, très strictement surveillé et très progressivement augmenté, se borne encore au lait stérilisé, aux œufs sous toutes les formes, aux viandes blanches grillées ou rôties, à la viande de mouton crue, râpée, aux purées de féculents, aux poissons frais, bouillis, à la cervelle, au ris de veau.

Toutes les fonctions sont régulières. Les manifestations les plus durables sont celles d'une entérite glaireuse, parfois sanguinolente.

Toute trace de lésion pulmonaire a depuis longtemps disparu.

L'enfant n'a pu être pesée que le 23 juin, après avoir déjà repris beaucoup d'embonpoint. Voici ses pesées successives :

23 juin. 23\000.

il novembre. 33»',700.

25 décembre. 37^,500.

Soit un bénéfice, en 6 mois, de 14*^,500.

VU

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